ON A VU... - Provence Magazine
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Coup triple pour blues-et-polar.com ! Karine Giebel qui vient de publier "Toutes blessent, la dernière tue" (Ed Belfond) et Norbert Nono Krief fondateur et guitariste de Trust sont les invités de Jean-Pierre Tissier dans l’Interview mensuelle "3 questions à....." en juin, sur le site blues-et-polar.com
Et une rencontre avec Boris Cyrulnik en prime.


Articles de cette Rubrique


- NOS PHRASES PREFEREES

- 3 QUESTIONS A......

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ON A VU...

 FESTIVALS D’ÉTÉ

 ON A VU.....

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 LE GROOVE DE JAMIROQUAI MET LE FEU AUX ARÈNES DE NIMES

- Plutôt rare, voire parcimonieux en France, Jamiroquai ne s’y est produit qu’en 2010 - déjà dans les arènes de Nimes - puis en 2011 à Paris-Bercy, et en 2013 aux festivals de Belfort et d’Argelès -sur-mer.... Autant dire que la rareté fait toujours recette, et que les arènes de Nimes étaient pleines à craquer en ce 12 juillet caniculaire, sur le coup de 22 heures, quand Jay Kay et sa formation de dix musiciens et choristes sont apparus sur scène... précédés à la sono du légendaire et prémonitoire "Superstition" de Stevie Wonder, comme dans un rappel à la référence incontestable du groove qu’est l’ancien prodige de l’harmonica chromatique...
Un Band impressionnant avec ses habituels batteur et percussionniste ceinturés d’une cage acoustique, et un guitariste de feu : Rob Harris ! JPEG
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Deux heures de groove et de funk. Deux heures de notes de guitare qui "cocotent" frénétiquement, lancinantes et incantatoires, à l’image du mythe James Brown et son Famous Flames des années 60. Avec un Jay Kay monté sur ressort auréolé de sa coiffe iroquoise multileds qui sublime la foule à chaque regard, avec sa voix de haute tenue...JPEG On est certes presque toujours sur le même rythme, mais c’est le funk qui veut ça, et il aura bien fallu une mi-temps (45 mn) pour que la nuit tombée, le son s’arrondisse et perde de son agressivité du départ et de ses décibels inutiles (limite à 100 Dcb - respectée religieusement par Scorpions - dans les concerts pour l’avenir de nos oreilles), mais impossible néanmoins de rester immobile en écoutant cette musique née dans les années 90 qui a dû beaucoup inspirer Pharell Williams pour son fameux "Happy"....JPEG À minuit, après un rappel, et une belle ovation, Jamiroquai saluait longuement le public et prenait la route du Festival de Montreux en Suisse pour y célébrer le 14 juillet.
L’itinérance pour guide ; c’est désormais à Stuttgart (Allemagne) le 18 juillet et le 8 septembre au Forest hills de Queens (USA) que vous pourrez les voir sur scène. Si vous aimez les voyages, faites comme eux !

Jean-Pierre Tissier

 DES FILMS

 « LA VILLA » DE ROBERT GUEDIGUIAN : POUR REVENIR SUR TERRE ET AUX VRAIS SENTIMENTS

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- Après le choc de « La Mise à mort du cerf sacré », authentique film de cinéma réunissant Nicole Kidmann et Collin Farell, mais si terrifiant et cruel au final, il était important, en cette période avançant vers Noël de retrouver du cœur, de l’âme et du sens avec un film de Robert Guédiguian.
Son tout dernier, dénommé « La Villa », et qui se déroule justement, sur la Côte bleue, presque à huis-clos dans une grande maison aux murs blancs surplombant la fascinante calanque de Méjean, près d’Ensues-la-Redonne.
Là où le décor magique de la mer et des pins y prenant racines, a le don de vous transporter aussi loin qu’en Grèce en un simple regard, malgré la période automnale choisie.
Là où les silences signés Serge Valetti – homme de polar et de théâtre – ont une valeur de dialogues et de paroles explicites ; et Guédiguian les exploite tout naturellement avec sa famille du 7e Art habituelle : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Daroussin auxquels s’ajoutent Robin son Stévenin et Anaïs Demoustier.
Rien d’inutile devant la caméra ; comme une parcimonie d’images destinées à nous faire pénétrer ces retrouvailles familiales autour d’un patriarche touché par un AVC… La vie, la fin de vie, l’amour, la famille, les drames, l’ancien monde ouvrier aujourd’hui quasiment disparu….
Autant de sujets récurrents que Robert Guédiguian aborde comme toujours avec pudeur et délicatesse, via des comédiens taiseux aux antipodes des pagnolades marseillaises. Mais l’essentiel est dit ! Tout comme cet ajout inattendu d’actualité, où des enfants de migrants fuyant les zones de conflit de l‘autre côté de la Méditerranée, sont retrouvés tapis dans la colline d’Ensues.
« Des gens qui ont donné de l’eau à des migrants sont aujourd’hui condamnés par la justice commentait avec colère Claude Guédiguian venu en début de semaine présenter son film sur France Inter. Alors que ce sont ceux qui n’ont pas donné d’eau qui devraient être condamnés… »

Une phrase qui résonne comme les cris de liberté poussés avec joie par la bande à Guédiguian sous le viaduc de la Redonne.. Ca, Guédiguian ne pouvait pas s’en empêcher !

Jean-Pierre Tissier

 "AU-REVOIR LÀ-HAUT" : PLUS QU’UN FILM, UNE ŒUVRE D’ART !

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- Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître récompensé par le Prix Goncourt en 2013, "Au-revoir là-haut", le film de l’humoriste Albert Dupontel est un véritable coup de poing, en forme de coup de foudre et de coup de cœur, comme rarement vu sur grand écran depuis "Éléphant man". La guerre effroyable des tranchées de 14-18 y est filmée avec une vérité crue qui nous scotche à notre siège pendant quelques petites minutes - une éternité pourtant ! - tant on se sent aspiré sous terre, par les tirs d’obus, les explosions, et l’enfer de feu venu de la mitraille.
Mais c’est la poésie émanant de cette "Gueule cassée" magnifiée par des masques réparateurs qu’auraient pu signer Jean Cocteau qui porte ce chef d’oeuvre au point qu’on a l’impression de marcher sur un fil de sentiments divers et inattendus au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. L’escroquerie de la vente de monuments aux morts (fait réel) aux municipalités se transforme petit à petit en polar, avec de l’amour, du fric à gogo... mais le destin (on vous laisse découvrir ça) sera au bout du chemin.
On retrouve un Niels Arestrup, magnifique lion de scène, et une distribution où les comédiens de la Comédie française théâtre Laurent Lafitte et Michel Vuillermoz sont tout simplement superbes de vérité.
Un très grand film dont on ressort ébloui avec des étoiles plein la tête...

J-P.T.

 DES CONCERTS

  SCORPIONS TOUJOURS AU ZÉNITH !

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- Le groupe allemand Scorpions dont le fameux "Still loving you" continue de faire le tour du monde depuis les années 70, était en concert ce 28 mars 2018 à l’Omega Zénith de Toulon. Blues & Polar y était !
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Scorpions que nous avons déjà vu à Nice, à Montpellier peu après le massacre du Bataclan et aux arènes de Nîmes l’été dernier, est toujours aussi spectaculaire et généreux sur scène. Et toujours la voix fantastique de Klaus Meine !


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- En 2017, le show est toujours parfait et file le frisson quand Klaus Meine charismatique chanteur de Scorpions met le drapeau bleu-blanc-rouge sur ses épaules. Magique !
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 SCORPIONS CŒUR TRICOLORE, À MONTPELLIER

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- Énorme émotion et cœur qui a battu fort la chamade à l’envi, quand Scorpions qui fête cette année ses 40 ans de scène, a entonné "Hère i am !" (ici, je suis !) repris en chœur par les 6000 spectateurs de l’Arena de Montpellier avec en fond de scène le drapeau tricolore, et une Tour Eiffel reprise dans le vieux graphique "Peace & love" de la Guerre du Vietnam, quand Joan Baez et Bob Dylan étaient nos apôtres de la paix.
Un instant très fort et magique qui a transcendé le public, yeux embués pour beaucoup, car le peuple de France a besoin de soutien pour vaincre sa peur après la folie des attentats meurtriers de Paris et le massacre innommable du Bataclan. Mais quand ce soutien là - à l’image du World trade center illuminé aux couleurs de la France - vient d’au-delà nos frontières, il n’en a que plus de prix.
Merci à vous Scorpions d’être bien plus que des stars.... Des citoyens du monde avant tout !

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* Reportage photos J-P.T.


 EUROPE EN FRANCE : QUELLE BONNE SURPRISE !

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- En première partie de Scorpions,nous avons eu le plaisir de retrouver sur scène, Europe, groupe suédois des années 80 dont le chanteur faisait (et toujours !) fantasmer les midinettes, et le titre "The final countdown" s’est vendu par millions. Celui-ci sert toujours d’indicatif à de nombreux rendez-vous sportifs. Leur nouvel album est sorti le 27 novembre. C’est un "live" enregistré au festival de Wacken, cette année. On les retrouvera sur France 2 le samedi 12 décembre à 20h 45 dans le cadre de l’émission de Patrick Sébastien "Les Années bonheur". Vrai qu’on en a bien besoin.

J-P.T

 JEAN-FÉLIX LALANNE AU PRADET

JOUER COMME DADI :
UN RÊVE DEVENU RÉALITÉ

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- Le 17 juillet 1996, il y aura vingt ans cette année, le Boeing du vol 800 de la TWA qui venait de décoller de New York à destination de Paris explosait au-dessus de la mer faisant plus de 220 morts. Parmi eux, le grand guitariste folk français Marcel Dadi qu’on surnommait alors le "Roi du picking".
Le guitariste marseillais Jean-Félix Lalanne que Dadi avait reçu dans sa loge lors d’un concert au Gymnase à Marseille, alors qu’il avait 13 ans seulement, a voulu honorer la mémoire de cet immense compositeur-pédagogue à qui il doit tout ; même un passage à l’Olympia en vedette avec lui en octobre 1988, et des passage"morts de rire" chez Drucker dans l’émission Champs-Elysées.
C’est toute une époque, de sa chambre de gosse travaillant les tablatures jusqu’au drame, que montre Jean-Félix Lalanne devenu un virtuose de la guitare au même titre que Paco De Lucia, dans ce spectacle baptisé "ma Guitare à Dadi".

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Présenté en avant-première dans la région à l’espace des Arts du Pradet, devant une salle archi-comble, c’est un triomphe mérité qu’a reçu Jean-Félix Lalanne, qui a su nous remettre en mémoire, avec émotion et humour, les compositions et accords de Marcel Dadi, prémices délicieux et sensuels aux harmonies des Crosby, Stills & Nash, América et autres Eagles.
Du grand art !

J-P.T

  LE GRATIN DE LA GRATTE ENFLAMME LE DÔME À MARSEILLE

Robben Ford, Axel Bauer, Larry Carlton, Nono de Trust, Dan Ar braz, Paul Personne, Mickaë Jones, Christopher Cross... un band de feu réuni par Jean-Félix Lalanne. Grandiose !!!

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- Le guitariste marseillais Jean-Félix Lalanne est connu dans le monde entier et en particulier au Japon, pour sa virtuosité des plus éclectiques qui soit. Mais aussi très près de chez nous, en Provence, pour sa générosité d’âme. Ainsi, en mai 1984, Jean-Félix est venu jouer - gracieusement - sur scène à Salon-de-Provence, au stade de Bel-Air, après une simple interview que j’avais effectuée de lui pour Le Provençal, dans les studios de Radio Centuries., et une discussion inattendue et amicale.

C’était dans le cadre de la première Fête de la Croix-Rouge française où de nombreux footballeurs professionnels de l’OM (Bracci, Buigues, Flos...) Istres, Avignon, Boulogne-sur-mer, Cannes... étaient venus apporter bénévolement leur concours pour un grand match de gala face à l’Aérospatiale de marignagne vainqueur de la Coupe de France corporative. JPEG Le but était de recueillir des fonds pour financer l’opération de la petite Aurore (une double greffe cœur-poumons) à Londres par le professeur Yacoub.

Un pari gagné avec 1670 entrée payantes au petit stade de Bel-Air et 50 000 francs à la clé ! Le soir, Jean-Félix Lalanne avait accompagné tout naturellement Georges Chelon (venu jouer au foot) sur scène, avec sa guitare. Deux très grands messieurs !
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Mais depuis quinze ans, Jean-Félix Lalanne a pris l’habitude de réunir sur scène - à L’Olympia de Paris d’abord - ses potes du "gratin" de la guitare tous styles du monde entier. Mais vu son succès, "Autour de la guitare" est parti pour la première fois en tournée en 2015, et a fait halte hier soir au Dôme à Marseille. Chez Jean-Félix, Marseillais de naissance. Sans Johnny Clegg hospitalisé à qui tout le monde souhaite un rapide rétablissement.
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Sur scène : Robben Ford, Norbert Krieff (le Nono de Trust), Larry Carlton, Christopher Cross, Axel Bauer, Dan Ar Braz, Paul Personne... et un band de potes moins connus certes, mais très efficaces qui ont porté la soirée à bout de bras. 3 h 20 de spectacle et d’émotion ! Et des moments d’anthologie avec ce final incroyable réunissant côte à côte Jean-Félix Lalanne, Nono de Trust, Axel Bauer, le prestigieux Larry Carlton, Dan ar braz (l’ancien guitariste d’Alan Stivell), Christopher Cross, Mickaël Jones (complice de Goldman), Paul Personne...
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...et le maître Robben Ford pour une version chantée de "I don’t need a doctor". Et personne n’en avait d’ailleurs besoin hier soir, tant ce gratin de la guitare mondiale a distillé du bonheur jusqu’au bout des doigts. Les superlatifs seraient superflus ; il fallait voir ça ! Le feu sur scène avec une complicité et un respect évidents.
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Ça valait bien un rappel autour de minuit, et un bel hommage de Jean-Félix Lalanne, au grand guitariste français Marcel Dadi, le roi du picking, décédé accidentellement le 17 juillet 1996, au dessus de Long Island, dans le crash du Boeing de la TWA venant de décoller de New York. Merci à tous ces marchands de rêve que sont les musiciens !

Jean-Pierre Tissier

  DAVID GILMOUR À ORANGE : GRANDIOSE ET MAGIQUE !

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- Le théâtre antique d’Orange dévolu à l’opéra, archi-plein à craquer, c’est une vision dantesque et complètement féérique à voir au moins une fois dans sa vie. Comme si des elfes bougies en main (portables allumés en l’occurrence) avaient envahi par milliers les vieilles pierres chauffées par le soleil, enfin revenu sur la Provence. Pas aisé de gagner sa place dans un tel débordement de ferveur, mais avec obstination, après une longue file d’attente aux allures interminables - mais sereine - le Graal est atteint, juste à l’heure. Le temps de s’asseoir.

Premières notes ! Le noir se fait dans le théâtre antique. Silence, puis explosion à l’apparition du magicien Gilmour. Un rai de lumière rouge le ceint comme un halo venu du ciel.

Un croissant de lune, clin d’œil à Dark side of the moon, apparaît sur la gauche du Mur romain géant, paradis traditionnel des divas (Nathalie Dessay, June Andersson...) transformé pour l’occasion en monstre de technologie moderne. Les cinq notes magiques de la SNCF annonçant une info retentissent alors comme par enchantement. L’idée géniale née d’un coup de cœur dans la gare d’Avignon pour Gilmour.

Et c’est parti pour deux heures de concert... et 20 minutes d’entracte.

Au final, une explosion de notes magiques avec des solos de folie d’un Gilmour toujours aussi imperturbable mais fort bien entouré. JPEG Steel guitar, clarinette, sax, flûte traversière, accordéon, contrebasse, mandoline....
C’est un vrai bazar musical dont Gilmour aime à se servir à l’envi. Anciens titres sortis de la poussière des seventies, et extraits du mythique The Wall plus que jamais d’actualité aujourd’hui rejoignent les nouveaux morceaux du CD en vente le lendemain dans les bacs. Grandiose et magique !

J-P.T

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  ZACHARY RICHARD AU CHATEAU DE LA TOUR D’ AIGUES

Comme un souffle de liberté sous les étoiles....

Une scène basse implantée au cœur du château mystérieux de La Tour d’Aigues. Un ciel étoilé et pur, encore chaud des braises de l’après-midi brûlant. Le Louisianais Zachary Richard, entre Francofolies de La Rochelle où il était invité, et son envol pour le Canada, a répondu à l’invitation lancée "sur le pouce"par Michel Billies, saxophoniste émérite de Paul Personne, Bashung, Touré Kunda et bien d’autres... mais également organisateur du festival Lez’Arts O Soleil. Costume gris à rayures, chemise blanche entrouverte, Zachary Richard tranche aujourd’hui avec l’image rebelle de l’homme au béret à l’envers façon Che Guevara venu enflammer le théâtre Jean-le -Bleu de Manosque dans les années 90. Elégance discrète entre Alain Chamfort et Etienne Daho, cheveu court et gris désormais, notre lointain cousin des Amériques n’a cependant perdu ni son punch, ni sa foi en le public. Lui qui me confiait - il y a 25 ans (très tard dans la nuità la MJC de Manosque) - dans les colonnes du quotidien Le Provençal : "Tu sais, si le public ne se lève pas c’est pas bon. La finalité, chez nous en Louisiane, c’est avant tout de faire danser le public !" Et celui de La Tour d’Aigues, ne s’est pas privé de répondre à l’invitation.

Il faut dire que le fameux rock-blues teinté d’humour baptisé "Crow fish" distillé par Zachary et son super guitariste Jeff Smorlowe, pour l’occasion, a eu le don de donner des ailes dès les premiers accords. Zac sous les étoiles, ce fut aussi l’occasion de se souvenir que la Louisiane a beaucoup souffert ces dernières années avec l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans, et les 800 millions de litres de pétrole qui ont coulé dans le Golfe du Mexique, avec son pétrolier, il y a cinq ans.

L’occasion pour le poète rocker d’employer son harmonica et de distiller des notes bluesy superbes comme un Mark Feltham (Nine bellow zero) et d’entonner un émouvant cri nommé "Fou de bassan", premier oiseau à être tombé dans les flaques mortifères du pétrole abandonné... "Some day, i’m goin home" nous a rappelé combien le barde à la voix enchantée apprécie depuis toujours les harmonies façon Crosby, Nash, & Young.

Avant de clôture évidemment, par son succès mondial "Travailler c’est trop dur" dont on oublie souvent le 2e commandement "Mais voler c’est pas beau", repris en choeur par la foule, puis d’offrir en cadeau "Je m’appelle Jean Batailleur". Une soirée d’été comme on les aime, où le mot festival retrouve son sens originel. Et le château de La Tour d’Aigues, formidable bâtisse à ciel ouvert, n’y est pas pour rien !

J-P.T

 ORAISON : LES 20 BOUGIES ÉTINCELANTES DE MERCY

- Grand moment de fraternité musicale comme seul sait les susciter Jean-Paul Avellaneda, charismatique leader de Mercy, samedi soir à l’Eden d’Oraison, plein comme à ses plus belles soirées. Vrai que vingt ans de scène pour un groupe fer de lance des Alpes-de-Haute-Provence, ça se fête ; et avec des invités prestigieux de surcroît.

Jean-Paul qui a traîné ses santiags sur toutes les scènes blues de la planète quasiment, a lancé le voodoo train façon boogie dès les premières notes et n’est arrêté que pour deux blues lents qui vous remuent les tripes à chaque fois. Et il suffit de suivre ses mains et ses yeux pour voir que le surnom de Mister Blues lui va comme un gant, tant il vit cette musique qui vient de l’âme jusqu’au plus profond de ses tripes. Christophe Casanova, vieux complice harmoniciste, Leadfoot Rivet et sa voix incroyable, le prestigieux Larry Garner qui avait tenu la scène du Parc de Drouille lors de "Jazz à Manosque", et Franck Marco batteur originel de Mercy - aujourd’hui de Saul et Charlie Winston - étaient de la fête.

On a apprécié la version folle de "Buzz on téléphone" un des premiers morceaux de Mercy avec Franck Marco aux baguettes. Une version dingue qui nous a fait penser à l’énergie légendaire de Doctor Feelgood tant il y avait du punch dans les cymbales.. Mention "super" également à Sébastien Antonioli, bassiste de Mercy qui a semblé comme piqué par une mouche ayant tutoyé Led Zeppelin lors d’un solo de basse de folie. Happy birthday Mercy !

J-P.T




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