ON A LU... ET ON A AIME - Provence Magazine
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Coup triple pour blues-et-polar.com ! Karine Giebel qui vient de publier "Toutes blessent, la dernière tue" (Ed Belfond) et Norbert Nono Krief fondateur et guitariste de Trust sont les invités de Jean-Pierre Tissier dans l’Interview mensuelle "3 questions à....." en juin, sur le site blues-et-polar.com
Et une rencontre avec Boris Cyrulnik en prime.


Articles de cette Rubrique


- ON A LU... ET ON A AIME

ON A LU... ET ON A AIME

 "TOUTES BLESSENT, LA DERNIÈRE TUE" DE KARINE GIEBEL

(Editions Belfond).
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- Chaque mardi soir, de 20 h30 à 21h 30, pendant treize ans (de 1952 à 1965), sur les ondes de Paris Inter, puis de France Inter, la mythique émission radiophonique de Pierre Billard, Les Maîtres du mystère a remplacé la télévision dans bien des foyers… On vibrait intensément en famille, autour de la table de la cuisine, et on frémissait en écoutant les fabuleuses histoires à suspense interprétées de voix de maître par Michel Bouquet, Raymond Souplex, Roger Carel, Jacques Balutin, Michel Piccoli, Rosy Varte, Juliette Gréco... et bien d’autres. Des dramatiques comme on disait à l’époque, souvent tirées d’un célèbre polar ou écrites spécialement pour l’émission, qui ont attiré jusqu’à des millions d’auditeurs autour de ce rituel mystérieux et quasi-hypnotique du mardi propagé par les ondes de la radio.
Une formule reprise - avec autant de succès - sur Radio Luxembourg, avec Jacques Jouanneau héros du feuilleton du samedi soir joliment appelé Dans les mailles de l’inspecteur Vitos. Une émission sponsorisée (déjà) par la marque de bas Vitos, et qui durera jusqu’en 1957 avec les voix de Frédérique Hébrard et Yves Furet.
Karine Giebel qui vient de publier Toutes blessent, la dernière tue y ferait assurément recette aujourd’hui via ses 1.300.000 exemplaires vendus à ce jour, car en quelques années, la Varoise venue quasiment inconnue à Blues & Polar en 2010, a pris une dimension incroyable dont elle ne réalise toujours pas l’ampleur (*).
Dans ce dernier pavé de 640 pages, Karine nous entraine vers de fausses pistes avec deux récits écrits en parallèle, dont on se dit néanmoins, de temps à autre, au fil des pages, au travers d’un nom, d’une région, d’un mot… qu’ils pourraient éventuellement avoir une concordance un jour, mais sans aucune certitude !
C’est là, tout l’art de l’esquive de Karine Giebel qui sait nous entrainer dès les premières phrases, dans une lecture hypnotique que l’on a envie de mener à son terme d’un coup. Fusse au prix d’une nuit sans sommeil. Mais à chacun sa technique de lecture, son envie, sa disponibilité… Moi je préfère donner du temps au temps, pour que l’histoire mature en tête pendant quelques jours en imaginant des scénarios improbables.
C’est encore le cas cette fois, avec l’évocation de l’esclavage contemporain pratiqué dans certains milieux aussi divers qu’hétéroclites (gros bourgeois, nouveaux riches, africains…) que Karine Giebel porte à notre connaissance.
Elle en a d’ailleurs fait son combat personnel, après deux années d’enquête auprès d’une organisation marseillaise (*) spécialisée dans cette cause.
Au gré des pages, l’inconcevable comportement des adultes propriétaires de la petite Sama (marocaine de 9 ans) vendue par son père comme bonne à tout faire, sans papiers ni salaire, à une tante vivant en France nous file la nausée.
Avec la farouche envie de débarquer subitement dans cette famille de Tenardier du XXIe siècle vivant dans les beaux quartiers (mais pas toujours) pour y faire justice. Comme une colère sourde qui n’en finit pas de monter devant tant de barbarisme et de férocités diaboliques distillés par des prfessionnels du mal (autant homme que femme) ayant un pois chiche à la place du cerveau, un pavé à la place du cœur, et un sexe qui ne sait pas où il habite… face à une enfant.

Pathétique et intolérable, le polar de Karine Giebel – même si les flics y sont rarissimes – nous entraîne dans les travers d’une société actuelle de plus en plus primitive et barbare. Était-ce mieux avant ? Sûrement pas ! Karine Giebel pose les questions.. A la société d’y répondre.

Jean-Pierre Tissier

* Lire notre interview de Karine Giebel sur blues-et-polar.com


 "HUNTER" de ROY BRAVERMAN

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- Dès le début du livre, on sent le froid, la neige et le blizzard de cette petite ville des Appalaches. Et puis l’ambiance lourde et angoissante de ce père qui recherche le corps de sa fille enlevée il y a une quinzaine d’années ; corps qu’il espère trouver en traquant celui qui a été condamné à la peine de mort pour l’enlèvement de cinq filles, et qui s’est évadé de prison avec la complicité de son compagnon de cellule. Mais l’atmosphère du livre devient angoissante quand on découvre que les filles sont détenues et exploitées sexuellement par le shérif et son frère "simplet".
Un thriller passionnant. (Editions Hugo Thriller)

Muriel Gaillard

"TU ME VERTIGES" DE FLORENCE FORSYTHE

  L’amour interdit de Maria Casares et Albert Camus paru aux éditions Le Passeur

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- 6 juin 1944 : Nuit du Débarquement des Alliés en Normandie. Nuit où tout commence à Paris pour la comédienne espagnole Maria Casares et l’écrivain algérois Albert Camus.
4 janvier 1960 : mort accidentelle d’Albert Camus sur la route, au volant de la Facel Vega de Michel Gallimard, son éditeur. Fin brutale d’une folle passion de seize ans !
Seize années du sortir de la Guerre, brûlées avidement comme une Gitanes maïs qui se consume au vent. Seize années folles - elles-aussi - d’une explosion culturelle et artistique incroyablement riche, et d’un désir de liberté si longtemps contenus en raison de l’Occupation, du bruit des bottes nazies résonnant dans Paris, et de la milice française aux abois...
Et puis, LA rencontre ! Maria Casares et Albert Camus. Deux C ! Deux personnalités talentueuses ! Deux passions ! Deux coups de foudre ! Deux folies ! Deux visions de la mort et de la vie ; de l’absolu et de la Résistance, avec un grand R. Deux pays : l’Algérie encore française pour l’un ; l’Espagne républicaine au cœur pour l’autre. Et deux guerres ! L’une en France, toujours en cours ; l’autre passée, trépassée sous le joug de Franco en 1936, avec le "double je" de la France oubliant après la Libération que les chars de la Nueve des Républicains espagnols avaient été les premiers à libérer Paris, avant les Américains. Deux fous de théâtre en quête de personnages absolus, et de comédiens à l’esprit de groupe et de troupe.
On croise ainsi dans ce livre, Serge Reggiani, Cocteau, Malraux, Michel Bouquet, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, Léonor Fini, Gérard Philippe, François Périer, Pierre Vaneck, Django Reinhardt, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian... entre un café-chicorée à Saint-Germain-des Prés, une danse au Tabou, ou un repas "royal" dans un resto de Montparnasse proposant des patates au lard... La liste est longue de celles et qui ceux qui durant seize années auront côtoyé les deux amants tumultueux, sur scène et à la ville.
Seize années qui se fracassent dramatiquement le 4 janvier 1960, à 14 h 15, contre un platane de la RN 5 dans l’Yonne, aux côtés de son éditeur Michel Gallimard qui conduisait sa rapide Facel Vega. Le Prix Nobel de littérature est tué sur le coup. Gallimard décèdera quelques jours plus tard. Camus quitte la scène, mais ses œuvres universelle resteront à jamais ancrées au Panthéon de la littérature française, alliant la pensée et le talent à l’engagement éditorial du brillant journaliste de Combat qu’il fut ; prônant la diversité des points de vue au sein d’une même rédaction, pour le plaisir et l’intérêt du débat démocratique.
Une folle histoire d’amour et de passion évoquée superbement par Florence Forsythe ; mais ce livre est bien plus que ça. C’est toute la transmission de la vie trépidante d’une époque au sortir de la Seconde Guerre mondiale qui est fort justement décrite (pour 8,50 € seulement ) au si bien nommé éditeur qu’est Le Passeur.

Jean-Pierre Tissier

"LA JOURNALISTE" DE CHRISTINA KOVAC

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- Journaliste de télévision auprès de plusieurs chaines américaines à Washington Christina Kovac signe son premier roman, traduit de l’Américain par François Thomazeau. Et on sent bien que ce travail fait d’antenne et d’investigations nombreuses n’est pas sans conséquences sur la vie privée, à l’instar de nombreux journalistes depuis la nuit des temps, et de l’héroïne de ces premières pages publiées en France chez Hugo thriller.
D’où ce titre "La Journaliste" qui résume bien tout ce que comporte ce métier de passion plus que de raison, mais en plein chamboulement depuis plus de dix ans en raison de l’importance - souvent néfaste, mais néanmoins implacable - des réseaux sociaux. On y découvre aussi en détail la fabrication de l’info et d’un journal sur une chaîne de télévision aux Etats-Unis...même si c’est parfois un peu long.
Virginia Knightly (son héroïne) productrice pour une chaîne d’info ne se cantonne cependant pas à un rôle de femme-tronc annonçant les nouvelles ; elle aime l’adrénaline du terrain au point de se transformer pour l’occasion en véritable enquêtrice sur une disparition bizarre.Au point de se retrouver mêlée directement avec les protagonistes de cette "affaire" très ricaine" où la Justice qui ne travaille pas comme en France se retrouve souvent confrontée à des conflits d’intérêts étranges dus aux divers lobbies influents présents à Washington.
Il faudra néanmoins attendre longtemps pour que l’on se mette à tourner avec avidité, les feuilles de ce pavé de 400 pages qui aurait tout de même gagné en rythme avec un petit régime. Mais comme pour les enfants, on attend le deuxième désormais.

J.P.T

"JOURS DE CRIME"

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"C’est là, dans cette lumière si blanche,si crue,qu’une cour et des jurés ont plongé dans la nuit d’une femme..."

* LES INCROYABLES RÉCITS D’AUDIENCES DE PASCALE ROBERT-DIARD ET STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
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- Journaliste spécialiste des grands procès d’assises depuis une quinzaine d’années, Pascale Robert-Diard (Le Monde) devait être notre invitée à Blues & Polar, il y a deux ans, pour son livre "La Déposition" consacré à l’Affaire Maurice Agnelet à Nice, qui s’était terminée par un coup de théâtre, 30 ans plus tard... avec la déposition de son propre fils l’accusant du meurtre de sa maîtresse.
Mais elle n’avait pu être des nôtres en raison d’une permanence impérative au Monde en cette période de pré-rentrée.
Son nouvel ouvrage sur la Justice réalisé en duo avec son confrère Stéphane Durand-Souffland chroniqueur judiciaire au Figaro auteur de "Frissons d’assises" et de "La Bête noire" écrit avec Eric Dupond-Moretti, est sorti le 18 janvier, au cours d’une soirée très originale organisée par les éditions L’Iconoclaste.au Palais de Justice de Paris.
Dès les premières pages, c’est une fascination d’interrogations multiples et incroyables sur les procès en Cour d’assises vus par deux experts du genre qui les suivent depuis une trentaine d’années.
Yvan Colonna, le préfet Erignac, Guy Georges, Michel Fourniret, les mères de Marie Trintignant et de Bertrand Cantat, et les voix des ténors du barreau y figurent en bonne place.
Dans cet esprit - preuve que Blues & Polar tenait une place dans l’interrogation sur la société chaque été - nous avions consacré un grand débat très passionné sur ces procès parfois déroutant liés à l’intime conviction, lors du festival Blues & Polar 2016 sur le thème du "Jeu théâtral des avocats en Cour d’assises".

"A la langue austère des juges répond la gouaille des caïds, écrivent-ils. Aux mots des pauvres gens, l’éloquence des ténors. Nous voilà jurés à notre tour confrontés au Bien et au Mal, et à ce rôle inouï de juger des frères humains."

Un livre particulièrement édifiant sur notre société et ses travers... et sur les jugements d’une Justice populaire qui interpelle au XXIe siècle.

J.P.T

LE MAI 68 DE PATRICK MAHÉ

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- Mon vieux camarade de But dans les années 70 à Paris, Patrick Mahé qui dirige aujourd’hui une collection chez Plon - après avoir été directeur de Télé 7 jours, Paris Match, Play boy... - nous rappelle que mai 68 aura 50 ans en 2018.
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L’occasion pour lui de sortir un super livre dans lequel on trouve des photos de Robert Doisneau et des textes de Serge July, Irène Frain, Jean-Claude Carrère et Philippe Labro.
"68 années choc" pensé par Patrick Mahé, est un livre événement à conserver comme un vieux Larousse pour voir et constater le temps qui passe.
Le livre de nos presque 20 ans.... Aux éditions Plon

J.-P.T

"BOUGE-TOI, LA VIE EST BELLE"

 Le dernier opus du père Guy Gilbert

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- Il a été notre invité à Blues & Polar, ne laissant personne indifférent avec son langage fleuri, et même violent parfois (il s’en était excusé) à l’encontre du juge Claude Hanoteau pour un Blues & Polar consacré à la prison.
Mais Guy Gilbert, grande gueule au cœur tendre ne laisse jamais indifférent. Il suffit de relire la longue interview qu’il m’avait accordée il y a deux ans, au cœur de l’hiver à la Bergerie de Faucon, dans ces Gorges du Verdon si peu fréquentées quand le soleil est bas. Il parle d’amour mais aussi de fermeté vis à vis des religions radicales..
Son nouveau livre "Bouge-toi, la vie est belle" vient de sortir en ce début d’année, et comme toujours ses droits sont destinés à la vie de cette Bergerie de Faucon où il accueille des jeunes en perdition, bêtes fauves des cités parfois, pour les confronter à la réalité des vraies bêtes que sont les ânes, les sangliers, les lamas...pour une zoothérapie étonnante.

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* "Bouge-toi, la vie est belle" par le Père Guy Gilbert aux éditions Phillipe Rey
Tarif : 20 €.


"LES CŒURS SIMPLES" D’ALBERT ALGOUD

* Editions Casterman

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- Il est le savoureux Père Albert adepte de la foi SM, avec des manières policées pas très catholiques, ni même orthodoxes, mais aussi l’énergique Maréchal Ganache aux stigmates si truculentes subies en Indochine et en Algérie, chaque midi sur France Inter dans la Bande Originale de Nagui... et il est toujours, François-François l’ égérie Wizzzzzz de CloClo comme à l’époque bénie de Canal Plus.

Mais Albert Algoud comme il l’écrit si bien, avec justesse, connaît depuis dix-neuf ans, ce qui "n’arrrive pas qu’aux autres" avec un grand garçon autiste.

Et comme les idées généreuses ne manquent pas chez lui, il a réuni, avec le soutien gracieux de dessinateurs amis comme Berberian, Bilal, Charb, Cabu, Geluck, Zep.... une pléiade de textes de grands auteurs ( JimHarrison, Anatole France, Pouchkine, Tolstoï, Jean-Louis Fournier...) consacrés aux Cœurs simples. Aux arriérés, aux fadas, aux crétins des Alpes.... le tout en foui dans des textes qu’il faut prendre le temps de lire doucement pour s’en imprégner.
Un livre rare et émouvant vendu au profit du fonds de dotation "La Bonne aventure". Une fondation qui oeuvre pour soutenir les projets sérieux en faveur des autistes.
Une bonne idée d’étrennes en cette fin d’année 2017.
Courriel : labonneaventure@orange.fr

J.-P.T

"JOHNNY FOR EVER" L’ULTIME BIOGRAPHIE SIGNÉE SAM BERNETT AUX EDITIONS L’ARCHIPEL

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- Sortie le 18 décembre, "Johnny for ever", quatrième biographie sur Johnny Hallyday écrite par notre ami Sam Bernett fidèle du festival Blues & Polar résume tout le parcours en commun qu’ont effectué ces deux là, à travers la radio (Europe 1 ) et le mythique club que fut le Rock’n’roll circus fondé par Sam à Paris. Sam Bernett y raconte les différentes vies de notre jojo national et il y fait rimer jeunesse avec tendresse. On y trouve aussi un album de photos personnelles empreintes de nombreux souvenirs pour bien des gens...

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- Via ses ouvrages consacrés à la mort de Jim Morisson et au Rock’n’roll’ Circus - fantastique club parisien ayant accueilli toutes les légendes du rock de Bob Dylan à Jimmy Hendrix en passant par MIck Jagger et Tina Turner - Sam Bernett a été un fidèle invité de Blues & Polar ces dernières années.

J.-P.T

PEURS ET ANGOISSES : LE DERNIER RODOLPHE OPPENHEIMER

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- .Rodolphe Oppenheimer est heureux de vous faire découvrir son ouvrage résumé très rapidement par une petite vidéo :

https://youtu.be/unqhqM4Qn6o

Par des liens également.

https://www.amazon.fr/Peurs-angoisses-phobies-par-sortie/dp/B075GBNF1W

https://livre.fnac.com/a10985793/R-Oppenheimer-Peurs-angoisses-phobies

* Un livre très utile à découvrir en cette période de fêtes où malgré l’agitation on arrive parfois à se recentrer sur l’essentiel de la vie. Et que Blues & Polar va lire attentivement et décortiquer.


"ENTRE DEUX MONDES" D’OLIVIER NOREK

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DE LA JUNGLE DU 9.3
À CELLE DE CALAIS

- Lauréat du Coup de cœur Blues & Polar en 2014 avec "Territoires" consacré à la jungle du 9.3, Olivier Norek nous prend à contre-pied cette fois, avec « Entre deux mondes », un ouvrage en forme d’aventure, malheureusement contemporaine, pour ceux qui habitent dans le 6.2 ; dans cette zone mouvante du Pas-de-Calais devenue frontière avec l’Angleterre sur le sable de ses propres dunes du Cap Gris-nez à Grand-Synthe, au lieu de l’être au beau milieu de la Manche ou à Douvres comme le voudrait la logique. Merci M. Sarkozy des Accords du Touquet !!!
Le rêve de la perfide Albion à portée de regard pourtant (par temps clair), mais si lointain pour tous ceux, qui exilés de Syrie, Lybie, Soudan, Afghanistan, Érythrée, Irak…. cherchent à passer par tous les moyens pour y rejoindre une famille ou trouver un sous-emploi à bas coût.

« A la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire. Et ce jour-là, je refuse d’avoir honte. » LES MOTS D’UN FLIC DE CALAIS.

Car si tout un chacun de l’Union européenne – que la Grande-Bretagne veut pourtant quitter – peut aller faire ses soldes pour le Boxing day du 26 décembre avec sa simple carte d’identité, et rentrer le soir même en France, d’autres prennent des risques insensés au péril de leur vie pour franchir la Manche rejoindre clandestinement ce Graal qu’est Londres pour des milliers de migrants.
Mais auparavant, tous auront passé des mois dans cette jungle - démantelée en octobre 2016 - dans laquelle Olivier Norek s’est immergé loin de la Seine-Saint-Denis, mais avec autant de réactions fauves et violentes flashées au fil de ses pages…
Une histoire au sein du quotidien de la BAC de Calais qu’il décrit avec acuité grâce à son savoir-dire et faire, simple et efficace.

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« Face à la violence de la réalité, je n’ai pas osé inventer. Seule l’enquête de police a été romancée. OLIVIER NOREK »

Norek lève ainsi le voile sur les incongruités d’un système capable de larguer 2 M€ de grenades lacrymogènes sur les migrants en 2016 pour protéger les chauffeurs des poids-lourds en partance pour ’Angleterre, et dégager les barrages et barricades installés sur la route ; tandis qu’on découvre qu’après les passeurs de Méditerranée qui larguent des flots de migrants par centaines sur de vieux Zodiac rafistolés, ceux de Calais ne sont en fait que des voleurs-racketteurs qui ne font rien que voler les rares économies restant en poche des candidats au voyage... pour les autoriser à monter dans un camion, sans aucune garantie !
Comme des bandits de grand chemin. Les Afghans s’y taillant la part du lion, en régnant tels une véritable mafia sur ce noir commerce.
Ajoutons-y le rôle obscur - mais bien réel - de quelque loup solitaire islamiste cherchant à convaincre les âmes faibles de jouer les terroristes pour Daech...
Et vous obtiendrez-là tout ce qui fait le miel de la politique française actuelle et à venir en ce qui concerne le flot des migrants, qu’on accueille... ou qu’on ignore ?
Vaste question souvent épidermique ! Il suffit de la poser pour comprendre, qu’on soit au zinc d’un bar, en famille, ou invité sur un plateau TV...
À la différence, qu’Olivier Norek a pris le temps - en s’immergeant nuit et jour durant un an - de comprendre ce qui nourrissait ce monde à feu et à sang qu’était la jungle de Calais, désormais rasée de près.

J.-P.T

* « A mon grand-père Herbert Norek migrant silésien devenu citoyen français. »
OLIVIER NOREK. * "Entre deux mondes " est édité chez Michel Lafon.


 "*** LE PARRAIN ET LE RABBIN" DE SAM BERNETT

(Editions du Cherche-midi)

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- Les noctambules invétérés et passionnés de rock et de radio dans les années 70-80 se souviennent avec émotion de Georges Lang (RTL), Claude Villers et Jean-Pierre Lenoir (France-Inter) et de Sam Bernett sur Europe 1. Quatre journalistes bilingues habités d’une grande passion musicale outre-Atlantique et anglo-saxonne qui nous ont fait découvrir - nous, enfants du baby-boom - les concerts en "live" retransmis en direct de Détroit, Chicago ou Londres ; sans oublier la diffusion de morceaux pas encore sortis en France à l’heure où l’on roulait sur la route au-delà de minuit, tous feux allumés et cigare au bec...
Mais Sam Bernett, créateur des deux clubs mythiques que furent le Rock’n’roll circus et de la Tour de Nesles à Paris, n’a pas oublié qu’il a débuté dans le journalisme à New York au fameux New York Times.
Et après plusieurs biographies d’artistes (Renaud, Coluche, et Jim Morisson), il vient d’écrire un véritable roman proprement incroyable et passionnant : Le parrain et le rabbin".
Et il y a fort à parier qu’il y a beaucoup de lui-même dans cette histoire insensée que seule une guerre peut parvenir à donner naissance... Car dans Sam il y a du Samuel, et de là vraisemblablement toute l’origine de cette épopée de gamins juifs cachés dans une école de Milan en Italie, et qui pour échapper à une rafle de l’armée allemande et des fascistes italiens, le 15 novembre 1943, décident de partir en pleine nuit, vers la frontière suisse, guidés par un rabbin charismatique au nom imprononçable.
Mais avancer dans la neige en altitude devient vite une vraie galère...

C’est là que l’Histoire (avec un grand H) nous rejoint via l’existence du Rescue comitee chargé en 1943 à New York de sauver les Juifs de l’holocauste. Mais comment faire pour agir à des milliers de kilomètres de l’Italie ?
Sam Bernett, dans un style fait de phrases courtes et de mots bien sentis, nous entraîne dans une aventure passionnante où la seule issue de secours pour ces gamins coincés dans un refuge de montagne, débouche finalement sur une sollicitation... de la mafia italienne ! A se damner et à manger son chapeau et ses tresses ; mais après avoir avalé un camion de couleuvres, ça marche !
Le parrain Bonano vacille.... sur 150 pages.
Un livre à dévorer avec bonheur, et qui pourrait bien valoir un film un jour, tant les anecdotes vraisemblablement authentiques, comme cette histoire de vendre des poux pour éviter à certains d’aller au front, sont riches en imaginaire et en émotion.

* Sam Bernett a animé les ondes d’Europe 1 pendant cinq ans, mais il a surtout été le grand maître des émissions rock sur RTL pendant vingt ans de 1966 à 1986. Outre les clubs fantastiques que furent le Rock’n’roll circus et la Tour de Nesles, car c’est là que se passait l’actualité musicale aux environs de 1968, il a participé également à la naissance du Bus Palladium, puis bien plus tard à la naissance de la radio RFM dont il fut un des fondateurs avec l’ami Alain Rivet installé à Volx, et fidèle de Blues & Polar.

* Sam Bernett a participé par deux fois au festival Blues & polar à Manosque pour ses ouvrages sur Jim Morisson, chanteur des Doors qu’il a découvert en état de mort dans les toilettes du Rock’n’roll circus. Mais l’histoire (modifiée par des personnages troubles) a retenu qu’il est mort d’une overdose dans sa baignoire....

Jean-Pierre Tissier

  *** "LE PROCÈS RANUCC" PAR GENEVIÈVE DONADINI

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- L’intime conviction qui permettait jadis à un jury d’Assises d’envoyer un accusé à la guillotine avant l’abolition de la Peine de mort voulue par François Mitterrand - mais qui permet toujours d’ordonner perpétuité, est au cœur des lignes écrites avec les tripes par Geneviève Donadini, jurée et seule femme du procès de Christian Ranucci expédié en 48 heures à Aix-en-Provence.
Deux jours pour arriver au verdict rendu au petit matin du 28 juillet 1976 par le couperet de la guillotine dans la cour de la prison des Beaumettes à Marseille, condamnant – à tort ou à raison – l’auteur présumé de la mort de la petite Dolorès (8ans) le 3 juin 1974..
Geneviève Donadini, ancien maire (PCF) de La Penne-sur-Huveaune a longtemps porté en elle, ce poids du silence qui lie les jurés d’un procès d’assises à la loi pour toujours. Mais elle a fini au fil des ans, et via quelques apparitions télévisées qui ne l’on pas satisfaites dans « Faites entrer l’accusé » par se décider à écrire pour exprimer ce sentiment indicible qui la taraude toujours sur la fragilité et la perception de cette fameuse « Intime conviction ».
Deux mots et deux jours pour une justice qualifiée de populaire….
Deux mots et deux jours pas forcément, ni infailliblement, synonymes de vérité...
Deux mots et deux jours pour décider du couperet fatidique, alors qu’il faut aujourd’hui trois semaines pour n’importe quel gros procès d’assises….
Ce flou de la fameuse intime conviction, Geneviève Donadini en décrit fort justement la fragilité, car personne n’a forcément la même, et n’a accès au dossier.
« On doit juger sur des émotions, dit-elle. Alors que mon avis peut changer toutes les cinq minutes. Tout a été mis en œuvre pour que ce soit mon cœur qui juge, et pour que je perde la raison. » Sans préparation, face à des ténors du Barreau sachant manier le verbe et les silences, avec dextérité et où les effets de manche ont leur importance, les jurés sont confrontés à la délicate mission de juger Au Nom du peuple français. La Peine de mort n’existe plus en France, mais le témoignage de Geneviève Donadini préfacé par Gilles Perrault défenseur de l’innocence de Christian Ranucci en font un livre passionnant car nous pouvons tous (ou presque) être tiré au sort un jour, pour siéger aux Assises.

J-P.T

* Le Procès Ranucci Témoignage d’un juré d’Assises est paru aux éditions L’Harmattan)


  *** "RIEN NE SE PERD" DE CLOÉ MEHDI

(Jigal polar) "Coup de coeur Blues & Polar/Comtes de Provence Sylvie-Turillon 2017"

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- La maison d’édition Jigal Polar à Marseille est une fournisseuse pugnace de perles de littérature noire. Ainsi, Maurice Gouiran et Pascal Thiriet édités par l’ami Jimmy Gallier ont déjà reçu le Coup de cœur Blues & Polar/ Comtes de Provence décerné chaque année en hommage à la journaliste Sylvie-Turillon vice -présidente du Club de la Presse Marseille Provence Alpes du sud décédée trois jours avant de remettre le Coup de cœur du festival 2011.
Le roman "Rien ne se perd" de Cloé Mehdi (jeune marseillaise de 22 ans) a déjà reçu le Prix Étudiant du Polar 2016, le Grand Prix de Littérature Policière 2016, le Prix Dora Suarez 2017, le Prix de la ville de Mauves 2017, le Prix des Lecteurs Ifs 2017.. et cette semaine, le Prix Mystère de la Critique 2017.

- Cloé Mehdi est assurément une auteure dont on entendra parler dans les années à venir, pour peu qu’elle aille plonger son stylo vers d’autres horizons que ceux des quartiers défavorisés dont elle semble tirer l’âme profonde de son écriture..
A moins qu’elle ne trouve là, un peu comme Olivier Norek (Coup de coeur Blues &Polar 2015) un terreau fertile pour son imagination. Vrai qu’il n’y a qu’à jeter un oeil sur la page des (trop) nombreux Faits divers qui se déroulent entre ces tours et les trafics divers, parfois sanglants, pour y trouver son jus...
Un bien triste reflet de notre société actuelle dont on se demande si un jour le mot fraternité brillera de nouveau dans les esprits et les coeurs...
Avec "Rien ne se perd", livre très bien écrit, mais dérangeant par son côté tellement noir et désespéré, Cloé Mehdi nous entraîne dans un monde teinté de tristesse, où elle sait choisir ses mots pour dépeindre la colère sourde et sous-jacente qui anime les habitants de ces quartiers, notamment les jeunes.
Ni insultes, ni injures pourtant au fil de ses pages ; Cloé Mehdi se contente de faire vivre la politique de la ville où la haine envers la police est présente presque par habitude, voire rituel incontournable. Elle pose, elle-aussi, la fameuse question du Vivre ensemble... Et là, Cloé Mehdi choisit son camp et ses mots.
Mais la couleur est absente de ce livre tellement mélancolique.
Dans un univers de béton, c’est le noir qui s’impose.
Son talent de jeune écrivain également !

Jean-Pierre Tissier

- "La justice est-elle rendue de la même façon pour tout le monde ? C’est la question que semble poser Cloé Mehdi dans « Rien ne se perd », son nouveau polar.
Subtilement raconté à la première personne à travers les yeux d’un enfant de 11ans, ce récit est une histoire de bavure policière, de justice à deux vitesses et de vengeance différée qui nous offre l’angle de vue de l’enfance dans un monde de grands et semble indiquer, encore une fois, que les enfants perçoivent beaucoup plus de choses qu’ils ne le laissent entendre !
Cloé Mehdi nous propose une immersion dans le monde des banlieues défavorisées et de ceux qui démarrent dans la vie avec vraiment moins de chance que d’autres ! L’auteure semble bien connaitre les cités et les hôpitaux psychiatriques ; ce qui rend son roman prenant.
Roman noir qui évoque enfin souvent les questions de silence et de mort, comme des entités indissociables de la parole et de la vie, dans les couloirs de destins en péril qui ne sauraient nous laisser indifférents…

Aude Locher

- "Un sublime roman noir. Une écriture parfaitement maîtrisée au service de personnages magnifiques. Une vraie révélation. Il n’y en a pas si souvent. Ne la ratez pas !" écrit Bernard Poirette de RTL venu à Blues & Polar il y a quelques années avec son épouse, la journaliste Alexandra Schwartzbrod (Libération).


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"BRUTALE" DE JACQUES-OLIVIER BOSCO

(Edition La Bête noire chez Robert Laffont)

- Brutale, comme l’écriture de Bosco qui n’a jamais fait dans la dentelle.
Brutaux et barbares, comme les mots jetés à la figure des pages blanches que Jacques-Olivier Bosco fait vivre ici avec violence dans ce gros pavé de 400 pages, et incarne au travers de ses lignes trempés dans le vitriol, le sang et la coke.
Un univers implacable, hyper violent et sans pitié, fait de trafics les plus divers - même humains - baignant dans le vocabulaire des cités, où le romantisme est rarement au rendez-vous. Même si Bosco - comme Ingrid Astier dans Haute voltige - use de nombreuses références musicales allant de Pink Floyd à Amy Winehouse en passant par Five young cannibals (j’adore !), mais avec une préférence non dissimulée et sans équivoque pour le rap d’Eminem, comme pour mieux nous emmener dans son monde personnel, où ce style ricain est omniprésent.

A l’image de Karine Giebel ou Olivier Norek, Jacques-Olivier Bosco tend lui-aussi à se diriger aujourd’hui vers une écriture à fleur de peau en parfaite adéquation avec l’univers télégénique brutal des séries télé qui fleurissent à la pelle désormais.
Un polar qui fait penser à du Tarentino couché sur le papier.

Jean-Pierre Tissier

  *** "LES VIVANTS AU PRIX DES MORTS" DE RENÉ FREGNI

(Gallimard, Blanche)

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- Si Blues & Polar a choisi "les mots" pour thème de son 15e et ultime festival - dont René Frégni est le parrain originel avec Franz-Olivier Giesbert - ce n’est assurément pas un hasard. En effet, l’écrivain manosquin à force de les aimer, ces mots, les magnifier, les mêler, les violenter, les chercher... a fini par découvrir un vocabulaire de conteur bien à lui, qui lui va comme un gant. Comme une douce violence qui lui permet de marier la délicate poésie rurale du Haut-Verdon avec les "espressions marseillaises" du Panier et de Noailles, tout en pimentant son verbe de quelques secrets de braquage ou d’évasion reçus du bout des lèvres et des livres dans ses ateliers d’écriture de la prison des Baumettes, de la part de bandits à la Mandrin aussi violents qu’ils puissent être attachants. Chiens fous qu’ils sont, bêtes fauves tombées gamins dans un système implacable et sans pitié, capables de tout pour apercevoir leur gosse quelques instants, ou assister à un match de l’OM dans les travées du Vélodrome ou du Parc des princes...
"Les vivants au prix des morts" se lit comme un voyage au cour des collines de Haute-Provence, dans un univers à la Giono, quand on sait ouvrir les yeux et écouter le silence. C’est un roman où galinette peut rimer avec galipette, histoire de vous endormir quelque peu, à la façon d’une ou deux anisettes... Avant qu’un calibre ne vous arrive sur la tempe et vous pète en pleine gueule, terrifiant et sans merci, ou qu’une grosse cylindrée se fasse la malle furtivement comme un Rafale, transformant ces rêveries du promeneur solitaire tout près d’un ruisseau, en un final haletant et plein de frissons.
On se prend alors à tourner les pages frénétiquement, sans arrêt, car cette histoire pourrait tous nous arriver, pour y revenir très rapidement afin de mieux s’en délecter malgré le danger. Comme une daube de poulpe que l’on sauce à l’envi, sans chichis, avec du pain pas toujours bénit.

Jean-Pierre Tissier

LA PROPHÉTIE DE LANGLEY" DE PIERRE POUCHAIRET

(Jigal Polar)

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- Dans son nouveau roman « La prophétie de Langley », Pierre Pouchairet nous entraine avec son rythme enlevé habituel dans un scénario catastrophe, malheureusement crédible, qui fait froid dans le dos.
Les personnages ciselés, les rebondissements multiples et l’intrigue distillée goutte à http://provence-magazine.com/ecrire/?exec=article_edit&id_article=6523#previsuEditergoutte, tant dans les milieux de la finance que dans les cités, donnent un polar prenant qui sent pleinement l’expérience de terrain, pour notre plus grand plaisir.
Et même si la chute est dramatiquement plausible, nous aurions tout de même aimé un épilogue sur le sort de la Commandante Johana...
Ou est-ce à dire que l’espoir n’est plus permis ?

Aude Locher

"BELLE D’AMOUR" DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT

(Editions Gallimard)

- Franz-Olivier Giesbert nous sert là un roman « trois en un » : le roman conté par l’héroïne « Belle d’amour », le commentaire historique et les incursions de l’auteur dans le récit. Le tout est instructif, très bien documenté et assurément confus ! Qui parle donc dans ce paragraphe à la première personne ? Comment l’héroïne sait-elle ce qu’il va se passer dans le futur ? Si l’on passe outre ces allers-retours incessants et perturbateurs, l’histoire de « Belle d’amour » est captivante et nous éclaire indubitablement sur l’époque des croisades et la vie de Louis IX, dit Saint Louis. Au final, un roman d’époque et une analyse historique indépendante eussent été plus gouleyants...

Aude Locher

  *** À LA TABLE DES DIPLOMATES

(Editions L’Iconoclaste)

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- Un bouquin incroyable réalisé sous la direction de Laurent Stéfanini, diplomate et chef du protocole à l’Elysée et au Quai d’Orsay de 2010 à 2016, aujourd’hui ambassadeur de France auprès de l’Unesco.
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**** "LA TABLE DES DIPLOMATES A DONNÉ DE L’ÉCLAT À NOTRE ART"
AUGUSTE ESCOFFIER.

- On y découvre les menus élaborés pour les grandes repas diplomatiques entre chefs d’Etat, où la moindre erreur au menu peut se révéler comme une provocation.....
Imaginez un saucisson pur porc à la table d’un dirigeant arabo-musulman..

"A la Table des diplomates" est un livre qui se dévore littéralement des yeux en feuilletant tous les chefs d’oeuvre de l’art culinaires déclinés sur la table, mais on y trouve aussi - via l’apport des Archives nationales - des rappels historiques qui ne manquent pas de sel. Ainsi en temps de guerre, notamment le 25 décembre 1870 (99e jour du siège de Paris) où il a fallu tuer les animaux du Jardin acclimatation pour présenter un menu de Noël atypique... et exotique.
Chameau, ours, loup, chats, rats, éléphant... étaient donc au menu de la table de fête... Mais Chateau Palmer, Latour Blanche, Mouton Rotschild, Romané Conti et Grand Porto 1827 étaient là pour régaler les gosiers. Pas de la bibine, en l’occurence !

* Plusieurs grands chefs étoilés se sont amusés à refaire les recettes d’époque. Ainsi Michel Portos, gérant du Malthazar et du Poulpe à Marseille s’est livré à la reconstitution personnalisé d’un Bœuf bourguignon classique.

Jean-Pierre Tissier


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