ON A LU... ET ON A AIME - Provence Magazine
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L’harmoniciste française Rachelle Plas, ambassadrice de la marque Hohner dans le monde entier est l’Invitée de décembre pour l’Interview « 3 Questions à... »


Articles de cette Rubrique


- ON A LU... ET ON A AIME

ON A LU... ET ON A AIME

Nos impressions

* Moyen
** Bien
*** Excellent
**** Super



  ** OBSESSIONS de Danielle Thiéry

Editions Syros. Prix 17,95€. Sorti le 22 octobre 2022. Le résumé. Courir après les fantômes est un jeu dangereux. La nouvelle enquête du capitaine Marin et sa fille. Olympe, la fille du capitaine Marin, a fait sa rentrée à la fac de droit où elle se passionne pour la criminologie. Un jour, en plein amphi, elle est frappée de stupeur. Rafaël, son amoureux disparu deux ans plus tôt dans des circonstances terribles, se tient au fond de la salle. Est-il possible qu’il ait finalement survécu ? C’est la première d’une série d’apparitions aussi étranges que fugaces. Olympe est bouleversée, mais personne n’est prêt à la croire. Pas même son père, très occupé par la traque d’un psychopathe qui sévit dans la région, le « fantôme de la nuit ». Danielle Thiéry fut la première femme commissaire divisionnaire en France en 1991. Mauvaise graine, son premier polar est paru en 1997. Elle est également l’auteur de la série télévisée Quai n°1 diffusée sur France 2. Elle a obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2013 pour « Des clous dans le cœur ».
« Quand on lit ce livre et que l’on regarde la couverture très prometteuse, on n’a qu’une envie c’est de le lire vite et dévorer ce polar. J’avoue que j’ai été un peu déçue car si l’histoire est sympa, il faut quand même parfois lire en diagonales car il y a des longueurs, même si l’enquête tient la route. Voilà, j’ai fini le livre et j’en commence un autre. »

Muriel Gaillard


  *** MEMENTO MORI de Mia Leksson

(City éditions). Sorti le 9 novembre 2022. Prix : 19€.
Le résumé. Le résumé. Une jeune fille est retrouvée inconsciente dans un parc parisien, droguée et maculée de peinture rouge. Apparemment, elle a été victime d’un jeu qui fait fureur sur les réseaux sociaux : le Witch Game, dans lequel les organisateurs lancent des défis toujours plus dangereux. Peu de temps après, une cinéaste est découverte morte chez elle, victime d’une mauvaise chute. Simple accident domestique ? L’inspectrice Anne Lavelli n’y croit pas. D’autant que la victime préparait un film polémique sur les violences faites aux femmes. Alors que Lavelli enquête en parallèle sur les deux affaires, elle découvre qu’elles sont liées à une vague de suicides de jeunes filles, vingt ans auparavant. Dans l’ombre, un assassin semble tirer tranquillement les ficelles d’un véritable jeu de massacre. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter...
« Voilà un excellent livre qui traite du harcèlement scolaire, des jeux en ligne sur les réseaux sociaux et tous les fléaux qui en découlent et impactent la santé mentale d’une partie de la jeunesse. C’est peut-être un thriller à savoir fiction et suspense, mais l’actualité est tellement présente et associée à cette lecture qu’on ne peut rester sans réaction. Je vais m’empresser de lire le deuxième livre de Mia Lekson qui traite du Sark web."

Muriel Gaillard

* Mia Leksson est une réalisatrice et scénariste française née à Stockholm (Suède)



  *** V2 de Robert Harris

(Editions Belfond) Sorti le 10 novembre. 368 pages. Prix : 22€. Le résumé. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Anne-Sylvie Homassel Jeune ingénieur allemand, Rudi Graf rêve d’explorer l’espace. Il a mis au point une fusée puissante et moderne qui, un jour, pourra l’emmener vers la Lune. En cet automne 1944, dix mille missiles balistiques ultraperformants viennent d’être créés sous les ordres d’un Hitler acculé par les Alliés. Détruire l’Angleterre, vite ; reprendre la main sur cette guerre qui vire au marasme. Et c’est à Rudi et son ami Wernher von Braun, ingénieur aérospatial devenu officier SS de haut rang, que revient la charge de mettre ce projet létal en place depuis les côtes néerlandaises. Le Blitz sous les missiles V2, Kay Caton-Walsh le côtoie de très près. La jeune femme a manqué périr dans son immeuble londonien traversé par l’une de ces bombes volantes, aussi discrètes qu’imprévisibles. Officier dans la WAAF, la Women’s Auxiliary Air Force, Kay est envoyée en Belgique pour trouver le site de lancement des V2 et l’anéantir. La mission est mortellement périlleuse. Mais au cœur de ce territoire ravagé, Kay va pouvoir compter sur un allié inattendu… Car c’est au crépuscule des guerres que se livrent les batailles les plus terribles.
Maître du thriller historique, Robert Harris nous fait découvrir sous un autre angle la fin de la Seconde Guerre mondiale, à l’heure où les Allemands œuvraient à mettre au point l’arme absolue. Journaliste politique et romancier, plusieurs de ses romans ont été adaptés à l’écran, dont « L’Homme de l’ombre » réalisé par Roman Polanski sous le titre « The Ghost Writer ». Après « Le Second Sommeil » (Belfond, 2021) à paraître chez Pocket le 10 novembre 2022, « V2 » est son deuxième roman publié chez Belfond.

« Ce thriller historique nous raconte un pan de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dont on parle un peu moins, à part sur Arte TV qui y a consacré une émission récemment, au moment du lancement de la gigantesque fusée lancée par la Nasa ; à savoir la construction de ces fusées énormes baptisées les V2 construites par les Allemands et lancées des côtes françaises, pour bombarder l’Angleterre et tenter de gagner définitivement la guerre. Mais ce livre évoque aussi l’histoire de ces femmes anglaises chargées de calculer l’endroit où étaient sensées s’écraser ces fusées explosives et destructrices. C’est une lecture agréable qui suscite des réflexions sur ces scientifiques qui se sont laissés prendre à leur propre invention. Voilà un livre qui fait réfléchir sur notre époque. »

Muriel Gaillard


  *** TEMOINS OCULAIRES une photo, un auteur, une histoire.

Editions Alibi (ouvrage collectif). Tarif : 20 €. Sortie le 18 novembre. Une photo de l’agence Magnum sans la moindre information sur son auteur, son sujet ou son contexte. A partir de ce seul indice R.J. Ellory, Bernard Minier, Franck Thilliez, Victor del Arbol, Dominique Sylvain, Alexandra Schwarzbrod et Marcus Malte (tous deux déjà venus au festival Blues & Polar), Claire Favan, Olivier Truc, Laurent Guillaume, et Johana Guvstawsson ont écrit une nouvelle inédite. « 

Poétiques, amusantes, mais surprenantes nouvelles dans tous les cas. Celle d’Alexandra Schwartzbrod n’est pas sans rappeler la belle aventure du film « Bendabilili » projeté en août dernier au festival Blues & Polar en plein air en haut de la colline de Toutes-Aures. »

Jean-Pierre Tissier


  **** CROSSROADS La dernière chanson de Robert Johnson

deHervé Gagnon.(Editions Hugo-Poche) Sorti le 10 novembre 2022.Prix : 19,95€. 558 pages.

Le résumé : Lorsqu’ils reçoivent une lettre de Simone Jackson les invitant à venir la rencontrer pour prendre possession d’objets ayant appartenu au légendaire bluesman Robert Johnson, l’historien Donald Kane et l’anthropologue Virginia Craft n’ont rien de plus en tête qu’une publication universitaire qui contribuera à l’avancement des connaissances sur les origines du blues. Mais le contenu de la boîte en fer-blanc que leur remet la vieille dame change tout. Parmi les objets attendus (un pick et une slide), se trouvent un doigt momifié, une amulette de protection et un carnet dans lequel Johnson a transcrit ses chansons, en plus de notes disparates en apparence anodines. Mais lorsque Kane découvre, caché dans la reliure, le texte de la mythique trentième chanson de Johnson, la légende de son pacte avec le diable prend un nouveau sens. Tandis que Kane et Craft suivent la piste que leur indique le manuscrit, les événements se bousculent : les bluesmen qui peuplent les rues de Memphis se suicident les uns après les autres de manière identique et sordide ; les mauvais sorts s’accumulent et Kane, le cartésien, doit finir par admettre qu’ils existent. De plus, la police le soupçonne d’être derrière les morts suspectes. Comme si cela ne suffisait pas, Ezekiel Thorne, un mystérieux personnage, cherche à acquérir le manuscrit pour un client. Au fil des péripéties, Kane doit accepter qu’une âme peut être sauvée. Crossroads est un roman trempé de bourbon, qui se déroule dans la chaleur moite du Delta du Mississippi, où le surnaturel se trouve toujours à l’envers du décor. « Ce fameux pacte avec le diable » qu’aurait signé en 1930 le bluesman Robert Johnson (l’auteur du fameux « Sweet home Chicago » immortalisé par les Blues Brothers ) pour jouer comme un dieu continue de chauffer les esprits des passionnés de l’Histoire du Delta, et Hervé Gagnon en est un. Avec le grand Howlin Wolf pour influence et Robert Johnson pour mystère il nous entraine au cœur d’une légende qui sent le Bourbon, la bière, l’arnaque et la clope écrasée à tout-va dans les bouges à l’odeur prégnante. Eh oui, il n’était pas bon d’être noir à cette époque dans ce sud des States pas très Unis... Car l’interdit était un instrument de tentation dont le diable joue en virtuose. Et les interdits – notamment dans le sexe – étaient fort nombreux. Cependant, l’idée d’une 30e chanson écrite par Robert Johnson - qui en a écrit 29 - cachée « quelque part » est toujours solidement ancrée, telle une légende qui court dans le Bayou. Car la musique le plus noire de toute l’histoire des Etats-Unis est encore là parce que les gens l’aiment. Et il y a même des chercheurs qui continuent de réaliser des thèses sur cette période et ce mouvement musical qui a généré les racines de la musique d’aujourd’hui. Mais de la recherche anthropologique sur le blues, on bascule soudainement dans le polar et vers l’inconnu des mondes parallèles et du paranormal. Et c’est à l’issue d’un final en forme de messe noire interminable qu’on comprendra qu’il est dur de vivre sans le diable et le mojo, dans ce Delta qui rend fou... »

Jean-Pierre Tissier


  *** PAYSAGES TROMPEURS de Marc Dugain.

(Editions Gallimard Espionnage) Sorti le 2 octobre 2022. Prix : 19€.230 pages.
Le résumé : Un agent du renseignement disparaît après une opération catastrophique de récupération d’otages en Somalie. Deux journalistes d’investigation meurent accidentellement alors qu’ils enquêtaient sur l’assassinat d’un couple de touristes dans l’Atlas marocain. À la croisée des deux affaires, l’agent, devenu clandestin, s’associe à un producteur de documentaires utilisé par les services français et à une psychologue d’origine israélienne pour braquer des fonds colossaux circulant entre des narcotrafiquants d’Amérique latine et des Pasdaran iraniens. À quoi l’argent de ce hold-up est-il destiné ? La question, au cœur de l’intrigue, se double d’une réflexion sur le rôle de la manipulation dans cet univers parallèle qu’est le monde cloisonné du renseignement. De Paris à la Somalie, de l’Afrique à l’Islande et, pour finir, au Groenland, les trois protagonistes triomphent de maints obstacles, dont le moindre n’est pas la trahison, avant de confronter le lecteur à un dénouement qui fait la part belle au facteur humain.
« Comme le dit Goethe à la première page du livre de Marc Dugain « les gens n’ont pas assez d’imagination pour imaginer le réel ». C’est tout à fait d’actualité dans ce roman d’espionnage. Mais on a parfois du mal à suivre tous les tours et les arcanes de cette spécialité mystérieuse qui se déroule néanmoins sur un fond romanesque. Cependant je suis sûre que la majeure des faits qui se déroulent sous la plume de Marc Dugain sont véridiques. C’est un livre passionnant vraiment qui vous plonge tout de suite dans l’histoire et qu’on ne quitte vraiment qu’à la toute fin. Un très bon livre ! »

Muriel Gaillard.


  * LES ESPIONS DE CAMBRIDGE cinq taupes soviétiques au cœur des services secrets de Sa Majesté de Rémi Kauffer.

(Editions Perrin). Prix : 22€. Sorti le 08/09/2022.
Le résumé : Tout est invraisemblable dans ce récit aux allures de roman. Et pourtant, tout est vrai. Au milieu des années 1930, les maîtres-espions de Staline recrutent cinq étudiants de la prestigieuse université de Cambridge. Des jeunes pousses qui s‘appellent Anthony Blunt, Guy Burgess, John Cairncross, Donald Maclean et Kim Philby. Retournant contre lui l’esprit de caste de l’establishment britannique, ce quintette de « taupes » soviétiques atteindra des postes clé dans la hiérarchie de l’Intelligence Service, poussés par une foi absolue dans l’idéal communiste. Rémi Kauffer révèle l’extraordinaire réussite de cette entreprise de trahison. Il situe l’importance de la sexualité et de l’homosexualité parmi les membres du réseau. Dévoilant des complicités françaises, inédites à ce jour, il explique pourquoi et comment « les Cinq »ont tous bénéficié d’une impunité juridique ahurissante en Angleterre et révèle les dessous d’un scandale qui s’étend de la Seconde Guerre mondiale à la Guerre froide. Historien du renseignement, Rémi Kauffer est l’auteur d’ouvrages qui font autorité sur les arcanes de l’espionnage, de l’Histoire mondiale des services secrets de l’Antiquité à nos jours aux Grandes Affaires des services secrets, en passant par Les Maîtres de l’espionnage. Journaliste, il collabore au Figaro Magazine, au Figaro Histoire et au Point.
« C’est surement un livre très intéressant à lire, mais il y a beaucoup trop de personnages, avec de surcroit des noms à consonnance russes et d’autres britanniques. Et quand – en plus – ils prennent des noms de code, on ne s’y retrouve plus à moins d’être espion rompu à l’exercice soi-même. L’histoire est également compliquée à comprendre et quand il s’agit de la Russie et de l’Angleterre qui s’affrontent, j’ai vraiment beaucoup de mal à suivre. Dommage ! »

Muriel Gaillard


  **** L’ANGE DE MUNICH de Fabiano Massimi

Prix du Polar 2022 des lecteurs du Livre de poche. Prix : 9,20€. 672 pages.
Le résumé : Munich, 1931. Angela Raubal, 23 ans, est retrouvée morte dans la chambre d’un appartement de Prinzregentenplatz. À côté de son corps inerte, un pistolet Walther. Tout indique un suicide et pousse à classer l’affaire. Sauf qu’Angela n’est pas n’importe qui. Son oncle et tuteur légal, avec lequel elle vivait, est le leader du parti national socialiste des travailleurs, Adolf Hitler. Les liens troubles entre lui et sa nièce font d’ailleurs l’objet de rumeurs dans les rangs des opposants comme des partisans de cet homme politique en pleine ascension. Détail troublant : l’arme qui a tué Angela appartient à Hitler. Entre pressions politiques, peur du scandale et secrets sulfureux, cet événement, s’il éclatait au grand jour, pourrait mettre un terme à la carrière d’Hitler. Et faire du commissaire Sauer, chargé de l’enquête, un témoin très gênant. Dans une République de Weimar moribonde, secouée par les présages de la tragédie nazie, Fabiano Massimi déploie un roman fascinant, basé sur une histoire vraie et méconnue, mêlant documents d’archives et fiction avec le brio d’un Philip Kerr.

« On sait que ce roman est un Polar, mais dans quelle mesure ne serait-il pas aussi un roman historique ? Car on y découvre la relation amoureuse de Hitler avec sa nièce, mais aussi les déviances sexuelles du futur Führer, et l’enquête menée sur la mort de cette nièce. Tous ces faits se déroulant pendant l’ascension d’Adolf Hithler vers le pouvoir. Une question brûle donc les lèvres : que ce serait-il passé si toutes ces effroyables intrigues avaient été connues du grand public, au moment où il allait accéder au titre suprême ? Cette guerre atroce et cet holocauste envers les Juifs aurait-il eu lieu ? Il tient à peu de choses que le cours de la vie change, et pour des millions de personnes parfois. Un livre vraiment passionnant ! »

Muriel Gaillard


  *** PARIS SE LÈVE de Armand Delpierre

(Editions Plon). Premier roman. 336 pages. Prix : 19,90€. Sorti le 22 septembre 2022.
Le résumé. Dans un Paris plus que jamais mis à mal par les attentats de Charlie Hebdo, l’équipe du commissariat de la Défense doit agir vite avant que l’impensable ne se produise... Pierre-Louis Madec, alias PLM, se réveille ce matin de janvier avec le sentiment d’un désastre imminent. Ce nouveau départ loin de sa Bretagne natale, au commissariat de la Défense, promet d’être mouvementé. A peine arrivé, on lui confie l’affaire Françoise Laborde : une femme de 70 ans retrouvée morte dans son salon. Un corps en lambeaux, signe d’un véritable acharnement contre sa personne. S’ajoute à cette enquête le mystérieux viol d’une jeune fille, Elsa, trouvée inconsciente devant un bloc d’immeubles. Elle reste mutique, incapable de se souvenir du moindre détail sur la soirée de la veille. A moins que les cauchemars qu’elle ne cesse de faire soient des indices, une piste... La menace est partout. Et c’est quand on pense que rien de pire ne pourrait arriver, que l’impensable se produit. Tapis dans l’ombre, des hommes se préparent à frapper fort, à commettre une atrocité au nom de leur Dieu. De quoi bouleverser le monde et mettre à mal les forces de police. Mais il faut rester concentré, PLM le sait. Le meurtrier de Françoise Laborde et le violeur de la jeune Elsa pourraient profiter de l’agitation ambiante pour commettre bien pire. Le temps est compté...
« J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman d’Armand Delpierre qui mêle plusieurs enquêtes en même temps, ainsi que l’attaque et le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Il y a aussi pour brouiller les pistes, plusieurs enquêteurs aux personnalités différentes, mais on est tout de suite aspiré par l’histoire. Vraiment très agréable à lire ce « Paris se lève ».

Muriel Gaillard


  *** L’AIMÉ MEURTRIER de Marine Mazéas

(Editions du Rocher). Prix : 18,90€. 256 pages. Sorti le 5 octobre 2022.
Le résumé. Elles sont surveillantes de prison, étudiantes en lettres, éducatrices spécialisées ou encore infirmières. Elles sont parfois mariées, ont des enfants, aiment les chats, ont des idéaux. Et elles sont tombées amoureuses d’hommes lourdement condamnés. Par le récit de leurs romances avec des criminels – de la rencontre jusqu’à la construction d’une vie à deux, en passant par les interrogations, les déceptions ou encore le regard des autres – elles se dévoilent, laissant entrevoir l’explication de leur attachement pour ces hommes, parfois monstrueux. L’aimé meurtrier est une plongée fascinante et bouleversante dans l’intimité de couples pas comme les autres, et dans l’âme de ces femmes qui aiment à en perdre la raison. Dans L’aimé meurtrier, femmes de criminels et de voyous, elles sont 8 à raconter leur histoire. Comme Claudine, une Française qui correspond avec Ronnie, enfermé dans le couloir de la mort aux États-Unis. Ou Françoise qui, alors qu’elle vit un mariage sans amour et s’occupe de la santé des prisonniers, rencontre Claude, incarcéré à Fresnes pour cambriolage. Sonia, surveillante, qui a croisé la route de Nathanaël, emprisonné pour assassinat. Des récits tous différents, qui dévoilent une vie de couple hors du commun mais bien réelle. « Qu’est-ce qui a fait basculer ces femmes ? Qu’est-ce qui les a attirées ? », s’est interrogée la journaliste. Depuis vingt ans, Marine Mazéas est journaliste spécialisée dans la justice et les faits-divers. Elle écrit aujourd’hui dans Marianne.
« Aimer, à perdre la raison… chantait Jean Ferrat dans une de ses plus belles chansons dont il avait le secret. Aimer à ne savoir que dire… Oui, il existe des parcours de vie à ne savoir que dire, totalement hors-normes et qui pourtant existent, comme ces couples pas comme les autres qui réunissent, voire unissent pour la vie des détenus avec des femmes issues d’horizons divers mais toutes liées à un moment ou un autre avec l’univers carcéral. Marine Mazeas grand reporter à Marianne avec son immense connaissance de la justice et des procès a profité de son expérience acquise sur le terrain auprès des procureurs ou des avocats, pour recueillir au fil du temps des témoignages de femmes ayant cédé à la tentation de l’homme emprisonné. Dans un livre (son premier) empreint d’écoute et de curiosité, elle nous fait découvrir des femmes à la vie « normale » mariée, mère de famille parfois, qui d’un jour à l’autre, pour un regard au départ, basculent dans une autre dimension. Entre romance, correspondances enflammées de 40 pages, et parloirs hebdomadaires, elle nous entraine dans un univers où huit femmes livrent leur vie actuelle ou passée, avec tout ce qui va avec ; à savoir la difficulté de se projeter avec quelqu’un qui a pris 25 ans pour meurtre, voire la perpétuité et même la peine de mort pour ceux qui sont dans le fameux « couloirs de la mort » aux Etats-Unis. Toutes les histoires d’amour finissent mal en général chante Catherine Ringer époque Rita Mitsouko, mais pas toutes et on le constate avec une belle aventure qui a duré 40 ans… Mais le retour à la vie civile avec une passion chevillée aux tripes n’est pas si simple pour celui qui a passé tant d’années à dormir seul dans un univers de violence et où les mots manquent souvent, engendrant les coups et sévices. On plonge alors dans un bouquin utile pour mieux comprendre ce qu’on effleure simplement parfois… »

Jean-Pierre Tissier


  *** NÉGOCIER de David Corona.

(Editions Grasset). Prix : 20€. 285 pages. Sorti le 11 mai 2022.
Notre avis. « A Blues & Polar, on ne se contente pas de lire des romans policiers. On aime bien savoir aussi ce qui se passe dans la tête de toutes celles et ceux susceptibles d’intervenir dès que le 17 a été appelé pour une broutille ou une catastrophe. Et dans ces cas-là, on préfère toujours avoir l’avis des gens du terrain, avec les témoignages vivants de toute la cohorte présente dès le départ de l’enquête à sa conclusion. Gendarmes, flics, sapeurs-pompiers, médecins, tireurs d’élite, procureur de la République, avocats, juge d’instruction, jusqu’aux témoins parfois de ce qui s’est passé sont ainsi venus à notre festival. Tous devenant ainsi « Grand témoin » en la circonstance. Le livre de David Corona négociateur de crise au sein du GIGN (Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale) est particulièrement éclairant parce qu’il nous relate la carrière de ce natif de Digne-les-Bains, qui a réalisé son rêve en intégrant le GIGN, mais aussi toutes les étapes incroyables par lesquelles il a dû passer, tant physiques que morales ou existentielles. Ce livre qu’on peut lire chapitre par chapitre, nous concerne tous, car il est source de réflexion sur soi-même. Et le chapitre où il évoque la possibilité de mourir en intervention est un moment qui nous titille les sens.
« J’ai approché la mort de près à seulement trois reprises écrit-il. Je sais que cela fait partie du jeu et que tout peut basculer d’un moment à l’autre. On dit que pendant les minutes qui ont précédé l’assaut contre les terroristes se trouvant dans l’avion du vol Alger-Paris sur l’aéroport de Marignane le 26 décembre 1994, les opérationnels prêts à intervenir se sont regardés dans les yeux et se sont serré la main, sachant pertinemment que quelques minutes plus tard, certains d’entre eux pouvaient mourir. J’ai vécu cette situation à Dammartin-en-Goële, à proximité de l’imprimerie où s’étaient retranchés les frères Kouachi. Lorsque je me suis tourné vers mes camarades pour leur dire à mon tour que nous ne rentrerions peut-être pas tous à la maison. »
Convaincu qu’on peut négocier avec tout le monde, David Corona aborde néanmoins avec gravité ces moments de silence poignants, quand un camarade s’abime accidentellement en mer lors d’un exercice, quand il n’y a aucun bruit au petit-déjeuner à Tripoli au lendemain du décès de Zonzon, et quand le silence résonne, assourdissant, au bout du téléphone d’Arnaud Beltrame à Trèbes... « Je voudrai que ce livre soit un médicament de lecture ! » conclut David Corona. Pari réussi !"

Jean-Pierre Tissier


  ** LA NUIT ÉTAIT CHEZ ELLE de Laurent Queyssi

(éditions Alibi). Sortie le 14 octobre 2022. 240 pages. Prix : 20€. Le résumé. Alexandre Lolya est correspondant local pour un journal régional dans une ville du Sud-Ouest de la France. Son quotidien, en dehors des balades avec son chien Miles, c’est de couvrir les infos du coin : crue de la Garonne, inondations, inauguration du nouveau stade. Rien de bien folichon. Mais son cousin débarque et lui demande de l’aider à vider une maison avant qu’elle soit envahie par les eaux. Il pourra alors utiliser à sa guise tout ce qui est dans la maison. Or, dans les papiers, Alex et le cousin trouvent un manuscrit qui ressemble fort à un texte de Louis-Ferdinand Céline. Cela suffit pour mettre la puce à l’oreille d’Alex, d’autant plus que leur fourgon est braqué et que le manuscrit disparait...
« La presse locale par le biais d’un correspondant plutôt investi et adepte de l’essence même du métier qu’est la proximité, est au cœur de ce polar qui se perd souvent en longues descriptions que l’on zapper, mais c’est en raison de l’action qui nous fait tourner les pages avidement. Car on envie de savoir… C’est là que l’envers du décor mériterait d’être juste à l’essentiel, car l’histoire est excellente et nous rappelle qu’un vrai manuscrit de Louis-Ferdinand Céline - qui vient d’être édité chez Gallimard il y a peu - a été retrouvé dans des conditions elles-aussi étonnantes. Ajoutons à cela les personnages qui sont mystérieux et terrifiants à souhait. Je suis sûr que « Meurtre à Castelnau » intéresserait France Télévisions".

Jean-Pierre Tissier


  *** BAIN DE SANG DE Jean-Jacques Pelletier

(Le Mot et le reste). 456 pages (14,8 x 21cm). Prix : 23.00 €. Sortie le 22 septembre 2022.
En fin de carrière, l’inspecteur Dufaux se voit confier une enquête hors norme lorsqu’un bain rempli de sang se retrouve exposé dans une vitrine, en plein Montréal. Ce pince-sans-rire, un brin cynique, devra résoudre une série de meurtres avec l’aide de son équipe de jeunes geeks. Sous le coup d’une enquête interne, Kodack, Parano, Paddle et les Sarah seront pour- tant décisifs pour tirer cette histoire au clair. Au cours de ses investigations, Dufaux croisera une galerie d’hommes et de femmes plus originaux et insensés les uns que les autres, et pourra compter sur le soutien de son épouse, récemment décédée. Avec son équipe de flics 2.0 et un humour manié au scalpel, l’auteur parvient à rafraîchir les codes du roman policier.
"« Dès les premières pages on est plongé dans l’histoire originale de ce livre qui se déroule au Canada, et on a quelques difficultés avec tous les acronymes, mais heureusement tout est expliqué en bas de page. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. »

Muriel Gaillard


  *** LE RÉSEAU DE MARC EICHINGER ET ALIX MEYER

(Editions Plon.) Sorti le 22 septembre 2022. 250 pages. Prix 19,90€.
Le résumé. Paul Cesario, ancien éminent chimiste de la DGSE, s’apprête à vendre aux enchères une drogue de synthèse de son invention, aux effets dévastateurs pour les populations du monde entier. La France, qui ne doit en aucun cas être reliée aux activités de son ancien agent, fait alors appel au Réseau... Instance supranationale secrète au service du bien commun, le Réseau confie l’enquête à Janco Landovski, son meilleur élément, avec la mission d’éliminer discrètement tous les acteurs de cette transaction. De Bombay à Hong Kong en passant par le Canada, la course contre la montre de Janco mobilise le FBI, la CIA, le Mossad ainsi que bien d’autres acteurs de l’ombre. Jusqu’à l’affrontement final dont dépend le sort du monde...
« Ce livre est passionnant, et tout de suite ! On est emporté rapidement par l’histoire, bien que très on se demande néanmoins quand le roman commence… et quand se fin it la réalité. C’est assez étrange. Je pense que les deux se mélangent et que la réalité s’impose au roman. Il est parfois difficile de ne pas mélanger tous les services secrets du monde et leurs sigles, mais on est tenu en haleine jusqu’à la fin. »

Muriel Gaillard


  **** L’OR VERT DU SANGHA de Pierre POUCHAIRET


(Editions Alibi) Sortie le 23 septembre 2022. Prix : 22€. 450 pages
Le résumé. Les élections présidentielles approchent au Sangha, pays fictif situé entre le Cameroun, la R.D.C et le Gabon. Le vieux président, dont les sondages prédisent la victoire avec 80% des suffrages, se prépare sans crainte à son sixième mandat... Mais un challenger, le charismatique ancien footballeur Luc Otsiemi, coaché par un directeur de campagne français, gagne du terrain. La journaliste Claire Dorval est envoyée pour couvrir l’évènement et faire une série de documentaires sur le pays. Alors qu’elle glane des infos, le corps d’un de ses collègues est retrouvé à proximité d’une exploitation sauvage de bois précieux, le kevazingo, dont l’exportation est officiellement interdite... Une enquête sanglante au cœur du trafic de bois, qui met à découvert les intérêts français, hérités de la France-Afrique, comme ceux étrangers, notamment chinois.

" Sur les Routes de l’impossible, l’écriture est reine. Et Pierre Pouchairet via sa science du détail testé personnellement, nous fait traverser l’Afrique avec ce nouvel opus qu’est « L’Or vert du Sangha » qui sent la sueur, le sang et les larmes, mais aussi l’odeur des petits matins en brousse, en passant par le bruit récurrent des bus délabrés sillonnant les pistes pour aller cahotant au marché, des tronçonneuses massacrant la forêt séculaire, des kalachnikov parfois, et celui des paillasses d’hôtels grinçantes d’un autre monde, seules disponibles dans cette immensité sans bornes. L’Afrique est là, dans ces lignes réalistes et attentives, éternellement en devenir, mais pas pour tout le monde ! Depuis (trop) longtemps on la pille sans vergogne, de ses minerais, de son pétrole, de ses métaux précieux et de ses bois rares tant recherchés en Europe et en Asie notamment. Là où l’on est moins regardant sur l’origine de ces essences pourtant protégées, mais où contourner la loi est un sport national, avec toujours l’opportunité de quelques billets glissés dans la poche pour obtenir un passe-droit… Le mot travail dissimulé prend alors tout son sens, avec des populations autochtones vivant en tribus aux lisières des mangroves, heureuses de toucher quelques billets dans ces hectares de forêt, loin du monde.
Proches de carrières en voie de déforestation seulement visibles d’avion ou par satellite, ces « fourmis travailleuses » s’affairent - au mépris de nombreux dangers -à abattre le plus rapidement possible les arbres protégés que sont l’ébène ou le kevazingo, certains âgés de 400 à 500 ans, convoités par des Asiatiques sans morale qui se fichent bien de la planète de son avenir.
C’est là qu’entrent en action comme lors de chaque élection présidentielle, la politique internationale – jadis la fameuse France Afrique dont il reste encore des ramifications – et les mafias corses et calabraises qui ont su diversifier leur activité principale qu’était la construction de casinos après la Seconde Guerre mondiale. En y ajoutant des astucieux trafics de drogue en empruntant des routes plus longues et laborieuses, et des cachettes de plus en plus astucieuses.
Telle une grosse araignée qui tisse sa toile, ce maelstrom de brigands aux méthodes peu orthodoxes et sans appel, dans lequel on se prend à découvrir un breton dirigeant d’un très grand groupe français qui a ses entrées à l’Elysée, quelques ambassadeurs et hauts-fonctionnaires véreux, et un président de la république du Sangha (mix de Gabon et du Cameroun avec un zeste de Centrafrique) qui œuvre pour sa réélection à 86 ans, prépare une manœuvre électorale cousue de fil blanc, pour que surtout, rien ne change ! De visionnaire qu’elle est depuis une dizaine d’années, l’écriture de Pierre Pouchairet devient carrément extra-lucide mêlant climatologie et désastre environnemental à la façon d’un lanceur d’alerte. Un cri d’alarme lancé pour la survie du continent africain en proie à ses démons éternels et qui aujourd’hui n’arrive toujours pas à s’en débarrasser. Et ce ne sont pas les Russes ou les Chinois qui siffleront la fin de cette triste période qui s’est ancrée pernicieusement dans les pas de la décolonisation ; telle une pieuvre tenant sa proie. Un excellent thriller qui démontre aussi que le journalisme d’investigation incarné par Claire Dorval a toujours son utilité. Même si certains l’ont payé de leur vie."

Jean-Pierre Tissier

« Comme d’habitude, dès les premières pages on est captivé par la lecture, et l’écriture de Pierre Pouchairet qui était un de nos invités « Coups de cœur 2022 » au 18e festival Blues & Polar, samedi dernier à Manosque. Derrière une enquête menée par une journaliste française sur une élection présidentielle en Afrique, il nous lance en pleine figure – lui qui vient de passer huit ans au Cameroun – la réalité de la vie africaine avec son lot de corruption qui lui colle à la peau et à la main-mise de tous ces pays de l’Est ou l’Ouest qui veulent « aider » l’Afrique, mais en réalité la pille de toutes ses richesses avec sauvagerie et diplomatie véreuse... Un vieux savoir-faire datant de l’époque de la colonisation et des années qui ont suivi… C’est un livre captivant. On n’est jamais déçue avec Pierre Pouchairet. »

Muriel Gaillard


  *** ANTIQUES TRAHISONS de Gilles Vincent

(Editions Cairn. Collection du Noir au Sud). 258 pages.
Le résumé. En 471 après J. Christ, au cœur de l’évêché de Riez la Romaine (Alpes-de-Haute-Provence) s’évanouit un fabuleux trésor de guerre. En août 1944, c’est lors de la libération de la petite ville que va se dessiner un machiavélique scénario. En juillet 2017, les fouilles archéologiques de Riez vont se retrouver mêlées à une ténébreuse enquête… « Un petit livre passionnant qu’on dévore en se disant qu’on va là-bas le dimanche matin pour faire le marché, et qu’il y a une belle intrigue imaginée par Gilles Vincent tout près de nous. Captivant ! »

Muriel Gaillard


  *** CEUX QUI RESTENT de Jean MICHELIN.

Editions Héloïse d’Ormesson. Sortie le 18 août 2022. Le résumé. Pour faire le vide dans sa tête, Stéphane court toutes les nuits. Quand il a quitté l’armée, son épouse Mathilde pensait qu’une vie normale allait commencer. Et c’est le cas – insomnies mises à part. Jusqu’à ce message, juste avant l’aube : « Il y a un problème avec Lulu. » Le caporal Lucien Guyader, dit Lulu, quarante ans, a toujours démontré une fiabilité rassurante pour ses hommes comme pour ses chefs. Aussi, quand ce père de famille disparaît à dix jours d’un départ en opération, Stéphane et trois de ses fidèles lieutenants se lancent à sa recherche, avant qu’il ne soit déclaré déserteur. Au gré de leur enquête, ressurgissent les traumatismes des combats, ces réminiscences qui leur collent à la peau, mélange d’odeurs, de peur et de fraternité. Le premier roman de Jean Michelin, lieutenant-colonel dans l’Armée de terre et auteur d’un récit autobiographique (Jonquille, Gallimard, 2017).

« L’Armée ne ressort pas valorisée de ce livre. En effet, le titre « Ceux qui restent » évoque les militaires qui survivent lors des différentes Opérations extérieures de la France (Opex) et des relations qui existent entre militaires et hiérarchie. Car les militaires qui quittent l’Armée ne sont absolument plus considérés et sont à la limité d’être oubliés par l’institution. C’est l’histoire de toute une section de militaires qui cherchent à savoir pourquoi l’un des leurs a déserté… Un livre qui interroge. »

Muriel Gaillard


  **** TANT QU’IL Y A DE L’AMOUR de Sandrine COHEN

(Editions du Caïman) Sortie le 6 septembre 2022. Le deuxième livre de Sandrine Cohen que nous avons déjà lu il y a près d’un an, sous forme de manuscrit est annoncé pour le 6 septembre… En effet, son premier roman « Rosine une criminelle ordinaire » sorti aux éditions du Caïman en 2020, avait été un de nos « Coups de cœur Blues & Polar/Comtes de Provence 2021 » mais prise par le tournage de Cassandre sur France 3 dont elle est scénariste - outre ses talents de comédienne et de photographe - elle n’avait pas pu nous rejoindre à son grand dam et notre déception très sincère. Et ce deuxième opus sortait trop tard pour le Blues & Polar des 27 et 28 août. En 2023 peut-être ?

« Voilà un nouvel opus de questionnement constant signé Sandrine Cohen avec son style bien particulier fait de phrases jetées à la volée, comme des tags peints sur des murs inconnus à la face du monde. Comme une psalmodie infernale où se mêlent toutes les tensions actuelles et démesurées de l’humanité. Effrayantes au plus haut point et de plus en plus folles. Comme des scuds chargés de mots perforant une atmosphère malsaine, mais où pourtant poésie et liberté parviennent à rimer ensemble et à surnager par intermittence. Et puis il y a la bascule vers le roman noir, la politique sociale, le climat actuel, les familles monoparentales, la solitude de Suzanne, la proximité des attentats de Paris, du Stade de France à Saint-Denis, le Bataclan… Et si une mauvaise fréquentation s’était installée par amour et par naïveté. Elle est comme ça Suzanne. Tout se mêle avec soudain une petite musique qui se fait jour, devient réalité avec un goût d’amertume et nous tire les larmes… Compliquée, complexe, affaire sordide d’inceste passé, suicide tenté, dilemmes à la pelle, des enfants seuls livrés à eux-mêmes, la problématique des mères isolées avec les gosses sur les bras… L’écriture devient soudain frénétique. Comment être droit quand on a été élevés dans une famille de hors-la-loi ? Le mal de vivre est au cœur de ce 2e roman de Sandrine Cohen. Roman coup de poing comme une chanson de Bashung, Roman de rage comme un voyage littéraire de François Béranger ou de l’Ange Christian Descamps. Roman d’amour fou comme les Fleurs du mal de Baudelaire… »

Jean-Pierre Tissier

« C’est un livre dérangeant et déroutant qui met mal à l’aise autant que son premier livre « Rosine, une criminelle ordinaire » paru aux éditions du Caïman qui m’avait submergée à la fin. C’est parfois un peu long, quand elle parle d’amour, d’amoureuse… Mais Sandrine Cohen écrit en parallèle, l’esprit d’une recomposée, d’une mère fragile, confrontée à la tuerie du Bataclan et aux attentats terroristes dans le monde. A certains moments on a envie de lâcher ce livre, mais tu veux quand même aller au bout et savoir comment ça se termine. Et bien sûr, la fin du livre est surprenante et triste. C’est un livre qui laisse un goût amer dans la bouche, une fois qu’on l’a lu. La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour certaines familles. »

Muriel Gaillard


  *** LE SECRET DE CAMILLE C. de Marie -Noël PASCHAL

. (Verone éditions) Prix : 20,00€. Le résumé. Reine Messager, divorcée depuis la disparition de sa fille Chloé, tente de reprendre sa vie en main. Un jour, alors qu’elle assiste à une exposition consacrée à Camille Claudel, artiste qui la passionne et sur laquelle elle rédige un mémoire, un inconnu montre à Reine une photo de sa fille puis s’enfuit. Des évènements mystérieux et incroyables vont alors se succéder. Reine fera la connaissance de Lionel, mi-artiste, mi-avocat. Elle retrouvera un ami, commissaire de police, et sera amenée à percer le secret de Camille et de la disparition de Chloé.
« Avec ce 7e ouvrage, Marie-Noël Paschal retrouve un univers qu’elle apprécie particulièrement ; celui du Pol’Art. Cette intrigue policière et singulière mariant le crime à l’Art en général ; la peinture et la sculpture en particulier. Tout simplement parce qu’elle adore ça ! Et en abordant Camille Claudel et sa folle vie - au propre comme au figuré - à travers ses descendants connus et d’autres pas du tout, on s’embarque alors dans un thriller qu’on parcourt à la hâte parce qu’on a envie de savoir… Mais on ne saura vraiment qu’en toute fin, après bien des rebondissements, ce qu’il est advenu de cette petite fille disparue, mais enlevée ou pas ? Et pourquoi ? Là, le passé malheureux d’une maman rejoint le présent parfois ténébreux et incertain de celle-ci, en raison de l’époque où le divorce est monnaie courante. On apprend évidemment bien des choses passionnantes sur cette grande sculptrice que fut Camille Claudel, le grand amour-fou de Rodin, et surtout que l’Art malgré son grand A n’est pas à l’abri de figurer en place dans la rubrique Faits-divers des journaux. Marie-Noël Paschal a d’ailleurs écrit en 2011, un livre formidable sur les grandes affaires criminelles des Alpes-de-Haute-Provence, ainsi qu’en 2016 Un Siècle de Faits-divers dans les Alpes-de-Haute-Provence. Et ces Basses-Alpes là, n’en manque pas. Le Secret de CamilleC. est un livre à lire « tran-quille » en ces temps de canicule, sous l’ombre d’un micocoulier ou d’un vieux marronnier grysélien, en écoutant chanter les cigales… »

Jean-Pierre Tissier

« Dans ce livre, deux histoires sont écrites en parallèle. Celle d’une mère qui recherche son enfant enlevée et on suit une enquête à rebondissements agréable à lire mais avec quelques incohérences.. Puis la deuxième histoire met en avant la vie de camille Claudel, et quand on sait que l’auteure est titulaire d’une maîtrise d’Histoire de l’art et que l’on aime les œuvres de ctte grande sculptice on trouve ce livre vraiment passionnant. Car on y apprend plein de choses sur la vie de Camille Claudel, même si le lieu de sa tombe Claudel laisse quelque peu sceptique… Mais j’ai beaucoup aimé cette partie de l’histoire et cela incite à lire la biographie de Camille Claudel. »

Muriel Gaillard


  *** LA CONSULE ASSASSINÉE de Pierre POUCHAIRET

éditions Filature(s). Sorti le 24 septembre 2021. 384 pages. Tarif : 20€
Le résumé. Dans une ex-république soviétique, la consule de France est retrouvée morte dans son bureau au petit matin. Acte terroriste ? Crime commandité par les services secrets locaux ? Pour le Quai d’Orsay, il faut diligenter une enquête au plus vite en collaboration avec la police. L’ancien ambassadeur Delaroque et un flic chevronné de la PJ parisienne, Girard sont dépêchés sur place. Deux manières de fonctionner, d’enquêter pour ces deux hommes rompus au métier...

« Les anciennes républiques soviétiques, malgré leurs vitrines actuelles proposant toutes les mêmes richesses et modes de luxe (Prada, Benetton, Rolex, Vuitton…) qu’à Venise, Madrid, Copenhague ou Paris, ont néanmoins conservé des méthodes brutales dans leur comportement que quiconque venu à Prague, Budapest ou Bucarest jusqu’au début des années 70 avait pu vérifier au quotidien… Le règne du bakchich et de la corruption y étant élevé au rang de sport national. Et avec Pierre Pouchairet, pas de souci, on est toujours de plain-pied, et au cœur d’un authentique roman policier avec des flics de terrain bien présents, une intrigue bien ficelée, de la politique internationale et des voyous, petits et gros calibres ! Et comme l’homme a beaucoup voyagé dans sa carrière de flic et de la Sécurité intérieure, de Versailles à Nice en passant par l’Irak, Israël et l’Afghanistan, on sait qu’on est dans le vrai jus, car la fiction est souvent l’astuce et la meilleure façon d’écrire une plausible réalité. Et c’est ce qui fait le charme des livres du désormais Breton qui ne rate pas une occasion de faire un détour en cors d’écriture, vers un pub musical rock-blues de Sainte-Marine-en Combrit, le Bar de la cale ou la plage de Penmarch… Bref, « La consule assassinée » nous tient en haleine d’entrée et cela se poursuit tout au long des 375 pages de l’ouvrage ; et jusqu’à la dernière page ! Avec l’assistance de la musique en toile de fond. Du blues à Metallica, il y a le temps de devenir un tueur, et on ne le savait pas !

Jean-Pierre Tissier

« Quand on commence à lire un livre de Pierre Pouchairet, on sait d’avance qu’on ne sera pas déçue car on a toujours tous les bons éléments pour un bon roman. Là, c’est un ancien pays soviétique, des diplomates avec tout ce que cela peut comporter de non-dits, de dissimulations ; une enquête avec un policier qui débarque comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… Mais il y a aussi des bons mots et de l’humour, sans oublier une enquête policière où il faudra attendre la toute fin du lire pour se dire « J’en étais sûre ! ». Encore un bon livre de plaisir que cette « Consule assassinée. »

Muriel Gaillard


  *** LARMES DE FOND de Pierre POUCHAIRET aux Editions Filatures.


Sorti le 15 septembre. - En six–sept ans seulement, Pierre Pouchairet l’ancien flic responsable de la Sécurité intérieure à Kaboul (Afghanistan) - sous la présidence de Nicolas Sarkozy - est devenu un auteur au style personnel et propre, axé sur le quotidien des enquêtes policières qu’elles soient menées au sein de la PJ ou des commissariats de quartier, sans oublier les méandres politiciennes de l’ancien monde que Pouchairet connaît comme sa poche, de l’OAS au SAC en passant par Action française, Honneur de la police, Occident ou les katangais de la Sorbonne. De la tuerie d’Auriol à la FranceAfrique de Jacques Foccard, en passant par l’Afghanistan, la Syrie et les Hackers russes. Car un flic de terrain ça voyage beaucoup ! L’originalité de Pierre Pouchairet, c’est aussi ce trio insolite de nanas (flic, médecin-légiste et psy) qui manie autant le revolver en mission que la Stratocaster dans les pubs. Faisant rimer Lüger avec Rory Gallagher. Ce qui n’est pas pour déplaire à Blues et polar. « Larmes de fond » nous entraîne à toute vitesse de Nice à Brest en passant par le Berry, contrée tranquille souvent zone de repli discret pour les terroristes. Autant de haltes touristiques que Pierre Pouchairet connaît parfaitement pour y avoir travaillé ou vécu. Une intrigue haletante où la fiction a des airs de véracité tant l’enquête suivie au quotidien nous entraîne au cœur de la réalité du terrain sans fioritures. Et c’est ça qu’on aime ; l’authenticité pas la frime !

Jean-Pierre Tissier

- "Avec ce dernier roman de Pierre Pouchairet, on est à fond dans la traque policière, les investigations, et les éternels rapports complexes entre la Police et la Gendarmerie…J’ai aimé l’intrigue policière, le rappel de certains évènements de l’histoire obscure de la France et de sa politique politicienne des années 60-70. Comme à son habitude le livre de Pierre Pouchairet nous tient en haleine jusqu’au bout du bout des pages. Un plaisir à lire !

Muriel Gaillard



  **** LES FAISCEAUX DE LA PEUR de Maud TABACHNIK

. (City éditions). Parution le 16 février 2022 Prix : 17.50 €. 320 pages.. Le résumé . Judith a 17 ans, l’ambition de devenir écrivaine et un tempérament rebelle. Dans la sublime Florence de 1937, où ses parents exercent le métier d’artisans d’art – avec l’autorisation officielle réservée aux Juifs –, elle envisage un avenir serein et pourquoi pas, d’aimer librement son amie Francesca. Mais son rêve se brise le jour où un inconnu est assassiné sous ses yeux en pleine rue. L’homme a été tué par les miliciens de Mussolini, qu’elle trouvait jusque-là si élégants dans leurs chemises noires… Témoin d’un meurtre qui n’aurait jamais existé officiellement, ses parents, interdits d’exercer et poussés à l’exil au fil des jours, Judith voit s’installer un climat délétère sur la ville, alors que de l’autre côté de la frontière, la Nuit de cristal fait se briser l’avenir des peuples. Alors que le monde bruisse des rumeurs d’une guerre prochaine, annonçant des années de terreur, Judith comprend qu’elle va bientôt être obligée de faire des choix difficiles. Même si cela signifie s’engager au péril de sa vie dans la Résistance, fuir et vivre de manière précaire sous les faisceaux de la peur…

« Maud Tabachnik qui a déjà écrit une trentaine de polars passionnants nous avait habitués à un style tout à fait différent avec ses précédents livres. Je pense que cet ouvrage est bien plus personnel, voire intime, et il est d’autant plus poignant avec le contexte actuel de la tragédie qui se joue depuis le 24 février en Ukraine avec son cortège de destruction et de crimes contre l’humanité commis par la Russie. On est vraiment obligé de faire un parallèle avec cette montée du nazisme en 1937 dans une zone allant de Rome à Madrid en passant par Paris avec l’exil au bout du chemin pour des milliers de personnes. On rentre tout de suite dans cette histoire dont on connait par avance – malheureusement - la fin. Un très beau livre ! »

Muriel Gaillard

« Qui aurait pu penser, le 17 février dernier - jour est paru « Les Faisceaux de la peur » de Maud Tabachnik, roman hypnotique au fil des pages sur la montée du nazisme et l’envahissement de la France par l’Allemagne nazie en 1939 - que sept jours plus tard, le 24 février à 4 heures du matin, la guerre pour de vrai, serait déclenchée par la Russie en Ukraine ? Envahie et bombardée au XXIème siècle par le « chancelier Poutine » en digne successeur d’Hitler ! Un mauvais rêve devenu réalité jour après jour. 15 aujourd’hui et des milliers de morts (soldats, hommes, femmes, enfants) à l’heure où paraissent ces lignes… Avec ce roman visionnaire, écrit sans préméditation mais avec flair, Maud Tabachnik nous entraine dans une fresque historique au plus près des gens et de la jeunesse de l’époque, avec leur vie, leurs soucis, leurs amours… dans une période que beaucoup ont oubliée et d’autres n’ont pas une once de connaissance. On y découvre des moments qui ne sont pas dans les livres d’Histoire, mais empreints d’affectif et de craintes fondées pour Judith et ses jeunes amis (garçons et filles) comme en ce 14 juillet 1939 célébrant les 150 ans de la République, où dans l’obscurité d’un cinéma parisien, les « Actualités Pathé Cinéma » projetées avant « La Règle du jeu » de Jean Renoir évoquent les prémices d’une catastrophe annoncée avec le trio satanique Hitler, Mussolini, Franco qui commence à enserrer la France dans l’Internationale antisémite et fasciste qui fait le lit du nazisme. On comprendra trop tard, comme en Italie, quand le Proviseur du lycée de Judith à Florence s’était ramené en uniforme de la Milice… Et pourtant le 13 mars 1938, le pape Pie XI avait condamné le régime hitlérien. Mais le sinistre Pie XII s’annonçait à l’horizon avec une mansuétude toute autre et des jours de glace s’annonçant au cœur de ces faisceaux de la peur. Et où Judith, jeune italienne et juive se retrouve réfugiée en France avec la Double-peine peu après son arrivée !Il faut lire ce livre aujourd’hui avec une grande attention pour comprendre la machinerie infernale des dictateurs qui au nom d’une idéologie folle - à l’image du discours diabolique d’Hitler prononcé en novembre 1938 sur les radios et aux actualités cinématographiques – autorise à toutes les barbaries et autres folies mégalomanes. Un discours démentiel, éructé, exalté, raide et poings fermés que Maud Tabachnik rappelle : « Aucun militaire, aucun civil ne pourra me remplacer crachait-il. Je suis convaincu de la puissance de mon intelligence et de ma fermeté. Nul n’a jamais accompli ce que j’ai accompli… » Puisse la proche rhétorique Poutitienne actuelle sur l’Ukraine être stoppée par le peuple russe tant il s’apprête à souffrir, comme l’Europe entière déjà. Ce livre très loin des polars habituels de Maud Tabachnik m’inspire une phrase du poète chilien Pablo Neruda, victime vraisemblable de la Junte de Pinochet : « Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas la venue du printemps ».

Jean-Pierre Tissier


  *** JEUX DE DUPES de Maud TABACHNIK (City éditions).


Sortie le 13 janvier chez City éditions. Le résumé :
Détesté par sa femme, méprisé par sa fille, Abbot ne trouve du réconfort que dans l’écriture. Il vient de terminer un roman qu’il s’apprête à envoyer à un éditeur. Mais un jour, l’impensable se produit : il oublie son manuscrit dans un taxi. Et quelques mois plus tard, le livre est publié sous le nom d’un autre et devient un best-seller ! Qui est l’usurpateur ? Comment dénoncer son imposture ? Abbot retrouve sa trace et entre à son service en devenant son secrétaire particulier. Il le suit même jusqu’en Californie, où les droits du livre viennent d’être vendus à Hollywood. Progressivement, la fascination d’Abbot pour celui qui a aussi facilement endossé sa création se mue en une haine irrépressible. Mais s’il l’élimine, son œuvre risque également de passer aux oubliettes. À moins que ? Pour se venger, Abbot commence à enclencher une formidable machination…
« C’est l’histoire d’une vie tellement banale d’un couple qui cohabite, et d’une ado méprisante. Et pour sortir de cet environnement sinistre, le personnage ne cesse d’écrire. Il écrit, écrit... Mais la récompense, un jour, va à un autre ! Une banalité ; mais quelle vérité aussi, et elle vous captive jusqu’à la dernière page, à l’image d’un soufflé qui monte, qui monte… et qui retombe brutalement. Un très bon livre où je me suis régalée ; néanmoins, il ne reflète pas le style habituel d’écriture de Maud Tabachnik que l’on connait principalement pour ses réflexions et son humour incisif. »

Muriel Gaillard


  **** MINUIT DANS LA VILLE DES SONGES

de René Frégni (Editions Gallimard). Sorti le 10 février 2022 Le résumé. « J’avais été jadis un voyageur insouciant. Je devins un lecteur de grand chemin, toujours aussi rêveur mais un livre à la main. Je lus, adossé à tous les talus d’Europe, à l’orée de vastes forêts. Je lus dans des gares, sur de petits ports, des aires d’autoroute, à l’abri d’une grange, d’un hangar à bateaux où je m’abritais de la pluie et du vent. Le soir je me glissais dans mon duvet et tant que ma page était un peu claire, sous la dernière lumière du jour, je lisais. J’étais redevenu un vagabond, mal rasé, hirsute, un vagabond de mots dans un voyage de songes. » Ce roman est le récit d’une vie d’errance et de lectures, aussi dur que sensuel, aussi sombre que solaire. Le chaos d’une vie, éclairée à chaque carrefour périlleux par la découverte d ??%



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