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LA PRESSE

Le grand batteur Franck MARCO également artiste-peintre, et l’écrivain Gérard SARYAN auteur de « Prison Bank Water » thriller prémonitoire et captivant qui se passe à 200 m sous l’eau avec un virus inconnu qui inquiète dangereusement sont mes invités de février.


Articles de cette Rubrique


- LA NEWSLETTER hebdomadaire

- REPORT DU 17e BLUES & POLAR AU 28 AOUT 2021

LA NEWSLETTER hebdomadaire
du jeudi 25 février 2021
  Sommaire  

JPEG Signé Plantu


Par les mots des écrivains comprendre les bleus à l’âme de la nature humaine. Par la voix du blues, exprimer les maux enfouis en chacun de nous. Pour y découvrir – peut-être – les racines de nos émotions.

  LES DEUX PHRASES DE LA SEMAINE

Pourquoi jouer tant de notes, alors qu’il suffit de jouer les meilleures… » Miles Davis.
« Faire une samba sans tristesse, c’est comme aimer une femme qui ne serait que belle. » Vinicius de Moraes.


* Les Voix de Toutes-Aures dans le cadre du 17ème festival Blues & Polar auront lieu samedi 28 août à la chapelle de Toutes-Aures à Manosque en partenariat avec les Amis de San Brancaï et le Cercle philosophique et culturel de Manosque. Sous réserve, évidemment, des conditions sanitaires en vigueur pendant l’été.

 LA DOUBLE INTERVIEW BLUES & POLAR EN 3 QUESTIONS… DE MARS

  NONO GUITARISTE DE TRUST ET L’ECRIVAIN OLIVIER NOREK

- Après Phillipe Faure-Brac Meilleur sommelier du monde 1992, Thierry Marx le médiatique chef étoilé Jury de Top chef, le batteur-artiste-peintre Franck Marco et l’écrivain de thriller Gérard Saryan, JPEG mes deux invités de mars 2021 pour la double interview « Blues & Polar en 3 Questions » seront le guitariste co-fondateur de Trust Nono Norbert Krief et l’écrivain Olivier Norek « Coup de cœur Blues & Polar 2015 » pour « Territoires ». Les interviews seront en ligne début mars sur le site www.blues-et-polar.com JPEG
* Vendredi 26 février à 22h55 sur France 2, TRUST sera invité de « Taratata » pour trois titres en live ! A ne pas rater.


NOS BONS TUYAUX DU COUVRE-FEU…

 MENUS « A EMPORTER » BONS ET PAS CHERS… AU CAFÉ DU COURS A REILLANNE (04)

JPEG - Le rendez-vous habituel des concerts du week-end, des fêtards en Haute-Provence, de la bonne bière belge ou du verre de Luberon bio au comptoir et de l’andouillette de Thoard-frites-moutarde – sans oublier le foie gras maison - propose des plats à emporter. Eh oui, avec le Covid19, le Café de l’ami Antoine Prohom est fermé, mais la cuisine a repris du service pour le « A emporter » car on est à Reillanne où la solidarité n’est pas un vain mot. Ce n’est pas cher, c’est sain, c’est bio, rustique à souhait et délicieux. Alouettes sans tête, tajine de poissons, foie gras maison, planches de charcuteries & fromages… Commandez au 07 50915 076 et emportez !

 O’PIZZAIOL’ À MANOSQUE

L’ancien pizzaïolo de La Palice rue Guilhempierre à Manosque s’est établi au 12 rue du Soubeyran, et ce spécialiste du calzone à la napolitaine en propose cinq variétés en plus de ses pizzas qu’il livre à domicile après le couvre-feu. Les farines sont bio et les pâtes à croquer. *** 4 étoiles !!!! Tel 04 13 37 08 37


 ROCK-BLUES

LE CONCERT CULTE DE LA SEMAINE

  “LIVE AT KNEBWORTH ’76” AVEC LYNYRD SKYNYRD.

JPEG - Plus de 40 ans après sa création, le groupe américain Lynyrd Skynyrd, icône du rock sudiste, perpétue son héritage avec plus de 30 millions de disques vendus dans le monde à ce jour ; malgré le tragique accident d’avion qui a décimé le groupe en 1977 tuant le chanteur et trois autres membres du groupe dans la catastrophe, ainsi que l’équipage. Le concert historique de Lynyrd Skynyrd au festival de Knebworth en Angleterre le 21 août 1976, devant 150.000 spectateurs, avec Ronnie Van Zant, Gary Rossington, Allen Collins, Steve Gaines, Leon Wilkeson, Artimus Pyle, Billy Powell & The Honkettes, sera disponible le 9 avril en double vinyle + dvd (édition limitée), en cd + dvd, en cd + blu-ray, et en digital. « Live At Knebworth ’76 » retranscrit le concert dans sa pureté et son intégralité avec des hymnes rock qui s’enchainent, comme Sweet Home Alabama, Gimme Three Steps, et Free Bird. En bonus, le Blu-ray propose le documentaire complet If I Leave Here Tomorrow et A Film About Lynyrd Skynyrd film initialement sorti en 2018 et qui explore la musique et l’histoire du groupe. A retenir d’ores et déjà.


LE CONCERT EN « DIRECT LIVE » DE LA SEMAINE

 MISTER GOODFAITH A QUEBEC.

Vous voulez passer une bonne soirée ce samedi 27 février, en écoutant de l’excellente musique, en live ? JPEG Mister Goodfaith jouera en direct à 20 heures (heure française) depuis l’autre côté de l’Atlantique ! Si vous aimez le rock, le blues, la country, le folk, sûr que vous y trouverez votre bonheur. Pensez à réserver à l’avance, car le lien ne sera plus disponible une fois le concert commencé. Pour découvrir sa musique : ► Sa chaine YouTube ➡️ https://lnkd.in/e54FfMM. ► Son site Web ➡️https://lnkd.in/eJY4s76


LA VIDÉO DE LA SEMAINE

 SARAH MCCOY EN CONCERTS VOLANTS SUR ARTE-CONCERT

JPEG - C’est une diva, une présence et une Voix ! Sarah Mac Coy sur scène, ça tient presque d’une apparition née du film génial d’Albert Dupontel « Au revoir là-haut » tiré du roman de Pierre Lemaitre, tant son goût pour les masques étranges la transforme en personnage de théâtre balinais… Arte-Concert propose 12 minutes de son concert capté le 1er avril 2019 à l’Institut du monde arabe à Paris. JPEG C’est à découvrir absolument. Car Sarah Mac Coy ne vit pas le blues ; elle le vit ! Nina Simone, Nina Hagen, Janis Joplin et Billie Holiday semblent sortir de ses tripes avec la rage qui les habitaient toutes. Son répertoire est né dans les pianos-bars des Etats-Unis quand elle errait sans but. A ne pas rater quand les concerts et tournées reprendront. J.-P.T
https://www.arte.tv/fr/videos/089168-000-A/sarah-mccoy-en-concerts-volants/
Disponible jusqu’au 24 avril 2021 sur Arte Concert.


L’ALBUM JAZZ POP DE LA SEMAINE « CHANGE OR NO CHANGE » du Trio Jean-Paul Daroux project. PNG - Le pianiste Jean-Paul Daroux signe son 4ème album, suite très attendue du précédent CD, La légende des 7 sages. La nature, la faune et la préservation sont les sujets qu’il aborde et qui restent à sauver. Malgré la véritable note d’espoir qui sonne comme un chant venu du cœur, la musique aux multiples facettes nous plonge dans un univers poétique et narratif. Une réussite du mélange des genres aux confins de la pop, du jazz voire du Classique. Les mélodies sont belles et envoûtantes, les sonorités tantôt suaves tantôt sauvages et nous transportent vers un ailleurs. La contrebasse jouée à l’arche donne une dimension orchestrale et polyphonique, le piano caresse, percute et vibre sur toute sa tessiture, la batterie fougueuse virevolte, gronde et nous invite à la danse. Change or no change, c’est un album plus vrai que nature, un chant venu du cœur pour notre futur ! Avec Jean-Paul Daroux (piano), Jean-Christophe Gautier (contrebasse), et Luca Scalambrino (batterie). Vous pouvez vous le procurer en cliquant sur ce lien. (Infos Jazz en Provence).
POLARS ON A LU… **** IMPACT d’Olivier Norek aux éditions Michel Lafon. JPEG - Dès les premières pages la colère nous prend, et c’est l’écœurement le plus total qui nous gagne tout entier. Tel un frisson coupable même si l’on n’a rien fait ; et c’est bien là le problème ! Le hic ! Cause perdue ou cause toujours ! Une nouvelle fois, Olivier Norek enquête sur l’avenir du monde au travers d’une entame digne d’un polar violent et d’un monde désormais connecté de toutes parts, puis nous entraine vers des univers singuliers pourtant si proches de nous ; même s’ils sont aussi à l’autre bout de la Terre. Là où les conflits et guerres sévissent, là où les épidémies infectent et ravagent des ethnies ; là où la température ne cesse de monter, tout comme la mer qui ronge les côtes et détruit les maisons comme des fétus de paille. Tel un futur conjugué au présent, c’est d’un charnier aux relents de nettoyage ethnique et de la mort d’un bébé - le sien, né juste un instant - que Virgil Solal devient celui par qui la révolte mondiale va enfler numériquement et viralement sous le visage unifié d’un panda balafré. Mêlant l’actualité récente de L’Affaire du siècle et de l’Etat français condamné à 1 € symbolique pour son inaction en faveur du climat, Norek nous embarque dans un monde où bientôt l’eau et l’air seront en vente. Et ils auront le prix du sang ! écrit-il. Dans ce marché pour la survie, c’est un pari à 20 milliards d’euros que tente Virgil Solal pour préserver la transition écologique, en échange de la non-exécution du PDG de Total enlevé et détenu dans un endroit secret. 24 heures, pas plus, pour se décider…. Mais c’est à une négociation totalement inattendue - piratée en direct sur les réseaux sociaux à l’heure du hastag# - que doivent faire face la Police et l’Etat, générant ainsi des réactions indignées et instantanées par milliers, puis par centaines de millions. La barre est fixée tellement haut que le duo de négociateurs (une psy et un militaire) va devoir trouver plus que les mots justes pour convaincre. Mais qui et comment tant l’évidence est là, chaque jour sous nos yeux ? Olivier Norek avec une malice implacable met là, le monde de la finance dans la balance du réchauffement climatique et ses conséquences folles. Face à un kidnappeur résolu à 2000%, des images tournent dans nos têtes comme ces 10 000 dromadaires abattus en Australie pendant les gigantesques incendies pour épargner l’eau, ce milliard d’animaux carbonisés, les pelouses brûlées par le soleil en Californie et les climatisations à fond dans les maisons… « L’Affaire du siècle » petit à petit a fait son nid dans les esprits, et la « Légitime défense » apparait comme justifiée. Motifs tirés du Code Pénal : « Attaque injustifiée contre l’humanité et meurtre en réunion » ! En 2040, le monde s’écroule lentement… mais il s’écroule toujours ! L’IMPACT est bien réel et Totalement conséquent. Un livre qui se dévore sans aucune restriction ! Jean-Pierre TISSIER
LES NOUVEAUTÉS DU POLAR… ET AUTRES Parce qu’on ne lit pas forcément que des polars… à Blues & Polar.

  L’INCONNU DE LA POSTE de Florence Aubenas (Editions de l’Olivier)

JPEG La journaliste grand reporter au Monde revient sur l’assassinat d’une postière et l’accusation de Gérald Thomassin, un acteur vivant comme un marginal. Une histoire vraie, palpitante qui se lit comme un polar.
« La première fois que j’ai entendu parler de Thomassin, c’était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d’acteur, explique Florence Aubenas. Elle m’avait montré quelques-unes des lettres qu’il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n’aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n’écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l’assassinat d’une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. »
- Le village, c’est Montréal-la-Cluse. La victime, c’est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait.
Ce livre est donc l’histoire d’un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes – tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l’enquête policière, L’Inconnu de la poste est le portrait d’une France que l’on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d’entre eux la dignité d’un destin. * Florence Aubenas est grand reporter au journal Le Monde. Elle a notamment publié La Méprise : l’affaire d’Outreau (Seuil, 2005) et Le Quai de Ouistreham (L’Olivier, 2010), qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d’immersion.


 À PARAITRE : « LE CERCLE DE FINSBURY » DE B.A PARIS.

JPEG Retrouvez dès le 4 mars en librairie, Le cercle de Finsbury , le nouveau thriller psychologique de B.A. Paris, l’auteure de Derrière les portes, qui s’est vendu à plus de 70 000 exemplaires Le pitch : Connaissez-vous vraiment vos voisins ? Alice croyait avoir trouvé la maison de ses rêves… Mais ce fut celle de ses pires cauchemars ! On passe bien trop facilement d’une maison à l’autre, à l’intérieur du Cercle, pour pouvoir y dormir en paix. Un huis clos cauchemardesque qui vous fera frissonner tout au long de votre lecture ! En cours de lecture.


* Retrouvez nos commentaires de lecture sur le site www.blues-et-polar.com Onglet : ON A LU.

 UN AUTRE CONCERT CULTE DE LA SEMAINE

 ROGER WATERS "1990 THE WALL - LIVE IN BERLIN"

JPEG - La performance est restée culte. En juillet 1990, quelques mois après la chute du Mur de Berlin, Roger Waters joue The Wall des Pink Floyd avec à ses côtés des invités à participer au show : Joni Mitchell, Cindy Lauper, Scorpions, Sinnead O’Connor, Marianne Faithfull, Ute Lemper, Bryan Adams, Van Morisson… Un casting rock de folie ! Mais surtout un moment hors du temps empreint d’émotion avec ce retour à la liberté de circuler pour tous ceux qui se trouvaient de chaque côté de cette frontière gardée par des vopos chiens de garde qui ont abattu froidement et pendant des années, les candidats à l’exil vers l’Ouest. JPEG Un moment d’histoire comme ce 9 novembre 1989 où dans la nuit de Berlin, le grand violoncelliste russe Mistlaw Rostropovitch s’assied au pied du sinistre Mur après l’enlèvement de la première pierre… et joue la Sarabande de Bach. Un merveilleux souvenir et des larmes qui coulent encore aujourd’hui pour celles et ceux – comme moi – qui ont vu ce moment en direct à la télévision française.

J.-P.T

* Cliquez ici : https://www.arte.tv/fr/videos/089990-000-A/roger-waters-the-wall-live-in-berlin/ Disponible sur ARTE CONCERT jusqu’au 13 mars 2021. * Prochaine diffusion sur ARTE TV le samedi 27 février à 01h 05.


 LA VIDÉO BLUES ROOTS DE LA SEMAINE

  ARNAUD FRADIN & his ROOTS COMBO – “Walk with your maker”

Regardez la vidéo sur YouTube  : https://youtu.be/XhPl1q_Wl0U
Site du groupe : https://www.rootscombo.com/ JPEG - Guitariste-chanteur de Malted Milk, le groupe nantais brillantissime vu à plusieurs reprises à Oraison chez nos amis d’Eden District Blues, Arnaud Fradin a décidé voici quelques années de revenir à ses premières amours : le Mississippi blues très roots. Avec le super harmoniste qu’est Thomas Troussier, il a imaginé un duo en hommage aux maîtres du genre et lançé ainsi les bases du ROOTS COMBO. « Le blues est une musique de résistance. Résistance contre l’âpreté de la vie, l’oppression et la violence. Une musique qui aide à survivre et à garder sa dignité face à l’injustice, à laver le cœur de ses souffrances et à redonner espoir. » C’est ce souffle vital que Thierno Diallo et Arnaud Fradin & his Roots Combo veulent invoquer le 20 mai 2021 à Nantes (on l’espère malgré le contexte sanitaire) lors d’une rencontre pleine de sens, en faisant résonner leurs voix ; celle des contes, des histoires et des légendes, et celle de la musique et du chant blues. Avec Thierno Diallo (conte), Arnaud Fradin (chant, guitare), Igor Pichon (contrebasse), Richard (batterie) et Thomas Troussier (harmonica).

J.-P.T

L’ALBUM JAZZ-POP DE LA SEMAINE

 FANELLY « Métro stories »

JPEG Sortie le 19 mars 2021 chez Tunecore / bandcamp. Enregistré entre la France et l’Italie, ce premier album jazz-pop touche par sa sincérité, la pureté de ses arrangements… Ecoutez l’album ICI
Artiste franco-italienne, Fanelly s’est découvert tardivement une passion pour la musique. Et quelle révélation ! En plus, Fanelly compose, écrit ses textes, les chante et s’accompagne à la guitare. Elle est accompagnée par Sélène Saint Aimé (contrebasse), Matthieu Barjolin & Elio di Menza (guitares) Davide Chiarelli (batterie & percussions), Andrea Cianca (guitare solo), et Marjolaine Ott (flute traversière). * Un concert est prévu le 25 mars 2021 jour de la sortie de l’album au Sunset à Paris. « Plus qu’une voix à la touche italienne un peu dirty comme on l’aime, c’est une véritable atmosphère proche de la sublime Sade que nous offre Fanelly. Avec des arpèges de guitare très délicats sur ses phrases ouatées, et la flûte traversière de Marjolaine Ott qui plante le décor, c’est à un voyage imaginaire très sensuel que nous invite ce groupe dont l’osmose transparait à chaque titre. L’Ensemble est très équilibré et agréable. Un cocktail, le paradis, et Fanelly !

J.-P.T

L’ALBUM BLUES DE LA SEMAINE

  LE BLUES SWAMP D’ALAIN ORTÉGA

JPEG L’âme en bleu, c’est le dernier album (7 titres, dont la reprise excellente du mythique Nights in white satin des Moody blues) d’Alain Ortega, pionnier du rock-blues dans les Bouches-du-Rhône depuis des lustres. Mais le rocker est aussi poète, ne déteste pas le langage cru, et bluese les mots avec son âme marseillaise, comme le faisait notre regretté pote, peintre d’Espigoule Alain Passet. Ortega nom de combat, aime le public, la scène - petite ou grande - et on se croise tous les dix ans ou par hasard sur un concert de JMU sans ses diables… avec toujours autant de plaisir.
JPEG * Ecoutez "Take your modjo, you gotta move" ; un titre du répertoire d’Alain Ortega à tendance Blues. Cliquez sur https://youtu.be/l6RPkq2v-ZY C’est du lourd et c’est très bon ! Alain Ortega est entouré de Jean-François Boulade (guitares électriques, acoustiques, slide), Alexandre Lantieri (sax/clarinette), Aurélien Nowak (violoncelle), Flore Galais (contrebasse), Philippe Jardin (Batterie/percussions). La sortie de l’album est prévue le 21 mars 2021.

J.-P.T

L’ALBUM ORIENTAL JAZZ DE LA SEMAINE AZIZ SAHMAOUI & UNIVERSITY OF GNAWA fête ses 10 ans avec un "best of" proposé par Zahora / l’autre distribution. JPEG Le groupe sera en concert au festival Au fil des voix qui sera diffusé le 28 février à 19 heures sur https://pan-african-music.com/ Également sur YouTube : https://www.youtube.com/user/festivalaufildesvoix https://www.youtube.com/channel/UCGYE6-D0--78oXa4wDiOk6g ÉCOUTEZ L’ALBUM : ICI REGARDEZ LE CLIP "un homme bon " : ICI - Co-fondateur de l’Orchestre National de Barbès (ONB), Aziz Sahmaoui a accompagné Joe Zawinul, le légendaire pianiste de Weather report mort en 2007, pendant des années. Il est certainement l’un des meilleurs joueurs de gambri au monde… Laissez-vous transporter par cet artiste aux multiples talents et d’une profonde humanité...
J.-P.T


LITTÉRATURE Parce qu’on ne lit pas forcément que des polars… à Blues & Polar EXCLUSIVITÉ BLUES & POLAR

 LE RETOUR DES VIEILLES CANAILLES !

JPEG L’ami Sam Bernett Voix du rock sur les ondes de RTL et Europe 1 dans les années 70 et grand maitre des Nuits parisiennes au Rock’n’roll circus, Tour de Nesle, Elysée-Matignon… c’est l’ami de toujours de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc… et de Blues & Polar ! Ces fameuses « vieilles canailles » du square de la Trinité, du Drugstore des Champs-Elysées à Paris et des concerts au fin fond de la France profonde pendant 1 :2 siècle, il a connu tout ça. Johnny parti, mais toujours présent dans nos cœurs, Sam Bernett ressort l’album de famille et de l’amitié pour pénétrer dans les coulisses de cette dernière tournée du trio avec émotion, peur, angoisse vu la santé de Johnny, mais d’amour avant tout. Sortie le 25 mars aux éditions Le Cherche midi.


 STEPHEN KING : « SI ÇA SAIGNE »

PNG Éditions Albin Michel. - La nouvelle qui donne son titre au livre parle des médias, offrant une suite inédite au thriller L’Outsider, paru en 2018. Les journalistes le savent : plus il y a de sang, plus ça vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain bénit dans le monde de l’info en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers travaille sur sa dernière enquête – un chien perdu – lorsqu’elle allume la télévision et apprend l’effroyable nouvelle. Mais en regardant bien le replay, elle ne peut s’empêcher de penser que quelque chose cloche avec le journaliste qui couvre l’événement…


 LA TRAQUE de Bernard Petit

Éditions Fleuve noir. Le premier polar de l’ancien patron du 36 Quai des orfèvres. Sorti le 4 février.JPEG
Le résumé : Traqué par les autorités, un gang de malfaiteurs, connu pour ses violentes attaques à main armée, projette un coup spectaculaire avant de raccrocher définitivement : l’enlèvement d’une haute personnalité du monde politique. Pour mystifier les enquêteurs, Patrick Hanssen, chef charismatique de cette bande qu’on surnomme " les fourgonniers ", imagine de faire passer leur forfait pour une action terroriste, misant ainsi sur la division des forces de police et leurs luttes fratricides pour que personne ne remonte jamais jusqu’à eux. Pendant ce temps, Brian Spencer, respectable chef d’entreprise, connaît une ascension sociale fulgurante. Mais ce que les gens ignorent, c’est qu’il doit sa réussite à une amitié nocive. Une amitié qui a un prix : certaines nuits, Brian est contraint de redevenir " Speedy ", le voleur de voitures qu’il était dans sa jeunesse. Éprouvé par cette double vie, il décide de mettre un terme à tout ça... Mais peut-on vraiment échapper à son passé ?


 TORDRE LA DOULEUR de André Bucher.

JPEG Editions Le mot et le reste. Le résumé : Bernie et sa femme ne se remettront pas de la mort soudaine de leur fils. La douleur, insubmersible, a eu raison de leur histoire. À quelques encablures de là, Sylvain et Élodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des gilets jaunes : dans un accès de panique, cette dernière a mortellement renversé la mère du jeune garagiste, qui devra lui aussi composer avec le deuil. Plus bas dans la vallée, Édith fuit vers l’inconnu. Son compagnon a levé une fois de trop la main sur elle mais le hasard la mènera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur. Dans ce nouveau roman, André Bucher déploie une galerie de personnages, réunis dans le chagrin lors d’une éprouvante période hivernale, où la douleur des êtres fait écho à celle des arbres. Mais le hasard des chemins des Alpes-de-Haute-Provence les rassemblera, leur offrant un espoir de guérison, une chance de tordre la douleur. * Sorti le 7 janvier 2021. 158 pages. Tarif : 15.00 €. En cours de lecture.


 LA CASCADE AUX MIROIRS de André Bucher

Editions Le mot et le reste.
JPEG Le résumé : 4 juin 2004. Sur la jetée des Saintes-Maries-de-la-Mer se profile la silhouette d’un homme, minuscule. Autrefois nommé Sam Démon, chauffeur de car et pompier volontaire, il a toujours vécu avec sa mère Élise au bord d’une étrange cascade entourée de miroirs, surplombant le village des Eaux-Maigres, dans le Jabron, mais c’était avant le gigantesque incendie qui a éclaté en 2002, aux abords de la petite ferme maternelle. Sur un coup de tête, Sam a usurpé l’identité d’un jeune ornithologue qu’il venait d’échouer à sauver. Mort pour tous, il a cru embarquer pour une vie nouvelle qui se révèle bientôt fantomatique, hantée par les délires d’Élise, créature à l’amour tentaculaire. * Sorti le 7 janvier 2021. 176 pages. Poche : 8,90€. En cours de lecture.


 EFFACER LES HOMMMES de Jean-Christophe Tixier.

JPEG Editions Albin Michel. Sorti le 3 février 2021.
Le résumé  : Eté 65, quelque part dans l’Aveyron. Trois femmes se déchirent autour de l’héritage d’une auberge. À proximité, un barrage qu’on vidange. Et l’eau du lac qui baisse inexorablement, dévoilant progressivement les secrets du passé...
Remarqué pour son premier roman Les mal-aimés (prix Transfuge du meilleur polar français 2019), Jean-Christophe Tixier poursuit son exploration des pulsions archaïques de l’humanité dans une tragédie intemporelle où se heurtent un féminisme ardent et un atavisme fatal. Tarif : 18, 90€.


 DOUVE de Victor Guilbert

Éditions Hugo Thriller. JPEG Auteur de théâtre et romancier ; Victor Guibert après avoir vécu plusieurs années à Shanghai, habite désormais Paris où il travaille comme rédacteur et blogueur en parallèle de ses activités littéraires. Son dernier spectacle, Chroniques d’un débridé, a tourné en Chine et en France durant deux ans. Douve est son premier thriller. Sortie le 7 janvier.
Le résumé : Le gamin a Douve dans les veines. Cette phrase, prononcée par son père quand il n’était encore qu’un enfant, l’inspecteur Hugo Boloren ne l’a jamais oubliée. Alors quand il apprend qu’un meurtre a eu lieu à Douve, il y voit un signe. Son père est mort, l’Alzheimer a dilué les souvenirs de sa mère ; c’est sa dernière chance de comprendre en quoi ce village perdu au milieu d’une forêt de sapins lui coule dans les veines. Tout ce qu’il sait, c’est que son père, policier lui aussi, a été envoyé à Douve il y a quarante ans pour enquêter sur la fuite médiatisée d’un Islandais accusé de meurtre, et que sa mère, journaliste, l’a accompagné pour écrire un livre sur l’affaire. Que s’est-il passé là-bas et pourquoi ont-ils toujours refusé d’en parler ? Armé du livre écrit par sa mère, Hugo Boloren va plonger dans ce village peuplé d’habitants étranges, tous unis par un mystère qui semble les hanter. Au fil de son enquête, une question va bientôt s’imposer : et si le meurtre qui a récemment secoué le village était lié au séjour de ses parents, quarante ans plus tôt ?


 L’ENFANT DE LA PROCHAINE AURORE de Louise Erdrich

PNG aux éditions Albin Michel. Le résumé : Il y a trente ans, Margaret Atwood écrivait La Servante écarlate, portrait d’une société où les femmes devenaient des esclaves de la procréation. Aujourd’hui, Louise Erdrich expose dans son nouveau roman, L’Enfant de la prochaine aurore, sa propre vision de l’avenir. L’idée que l’évolution pourrait se mettre tout à coup à régresser semble à première vue fantaisiste, mais dans ce roman onirique plein de suspense, cela devient une analogie pertinente de la dégradation de notre environnement. Suite à une apocalypse biologique, les animaux se voient soudain transformés en créatures aussi psychédéliques qu’inquiétantes : une libellule avec des ailes immenses et "des yeux verts aux reflets dorés de la taille d’une balle de base-ball", par exemple…


 SOLITUDES de Niko Tackian

Éditions Calmann-Lévy. PNG Le résumé : Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident. Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda, son adjointe, ne peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste. Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité et l’appui de Tomar pour venir à bout de cette enquête bouleversante.


 LE TRAIN DES ENFANTS de Viola Ardone

Éditions Albin Michel.
PNG Le résumé : Les petits sont terrorisés. Mais Antonietta, célibataire sans ressources, n’a pas le choix. Là-bas, Amerigo mangera à sa faim et sera scolarisé. Le garçon va donc prendre le train des enfants, comme des milliers d’autres… Après une visite médicale, il reçoit des vêtements chauds et, pour la première fois de sa vie, des chaussures neuves – elles vont longtemps le fasciner. Dans le train, il se lie d’amitié avec deux enfants de son quartier.
Quand ils arrivent à Bologne, il neige. Le PCI local a organisé une fête, avec fanfare et banderoles, mais surtout buffet à volonté… sur lequel les enfants se ruent. Puis les familles décident du ou des enfants qu’elles abriteront. Dernier à être choisi, Amerigo repart avec Derna Scandali, une jeune célibataire, politiquement très engagée...


 CAROLE & CLARK de Vincent Duluc aux éditions Stock.

JPEG Sortie le 13 janvier. Vincent Duluc est l’auteur chez Stock de trois récits très remarqués et salués par la presse (Le Cinquième Beatles, Un printemps 76 et Kornelia). Il est le leader de la rubrique football de L’Équipe depuis plus de vingt ans.
Le résumé : Ils étaient plus que des stars de cinéma. Ils étaient le couple rêvé, un feuilleton national. Entre 1930 et 1940, Carole Lombard et Clark Gable incarnaient une certaine idée du bonheur et Hollywood qui aimait les chimères était à leurs pieds. Elle était le glamour, elle était drôle, parlait comme un marin, imposait sa loi. Son charme agissait comme un sortilège, sur certaines photos elle était presque nue et on ne regardait que ses yeux. Il était l’homme qui embrassait les femmes, une aura reposant toute entière sur un geste originel, une manière d’agripper sa partenaire par le bras, qui disait où était le pouvoir, où était l’électricité. Il était la star de Autant en emporte le vent, elle irradiait dans La Joyeuse suicidée, ils s’étaient rencontrés sur le plateau d’Un mauvais garçon. Il est possible que tous les deux aient eu moins de partenaires à l’écran que dans la vraie vie. Ils essayeraient de rester ensemble au milieu du désir des autres, dans ces existences irréelles que les studios contrôlaient et inventaient, même. Du fantasme à l’envers du décor, de l’ironie à la tendresse, ce serait Elle & Lui, et puis Lui sans Elle, une succession de remords et de rédemptions, un crépuscule essoufflé, avant de s’allonger à ses côtés sous le marbre de Los Angeles.


 LE DICTIONNAIRE AMOUREUX DU POLAR selon Pierre Lemaître

JPEG Aux éditions Plon. Prix Goncourt 2013 pour le merveilleux Au revoir là-haut porté extraordinairement au cinéma par Albert Dupontel, Pierre Lemaître a débuté par le polar. Et il nous a choisi ses coups de cœur. « C’est à un écrivain que l’éditeur a confié ce Dictionnaire amoureux précise Pierre Lemaître. Je parlerai donc en lecteur et en romancier. Il y aura des oublis impardonnables, des injustices, des jugements contestables. C’est inévitable mais je ne fais que respecter le projet de cette collection : c’est le dictionnaire de ce que j’aime (à quelques oublis près). Nos amis italiens et espagnols (ils ne sont pas les seuls) ne font guère de distinction entre « roman noir » et « roman policier ». Mais comme en France, nous la faisons, en toute logique ce dictionnaire devrait ne comprendre que des entrées concernant le roman policier. Si vous en êtes d’accord, ce sera ma première licence : je parle d’un univers littéraire qui est le mien, on y trouvera aussi bien du « polar » que du « noir ». J’espère que ce Dictionnaire amoureux réservera au lecteur quelques-unes de ces satisfactions, mais aussi quelques surprises, quelques découvertes… Je crois que les Fragments d’un discours amoureux (1977) peut être considéré comme l’ancêtre des Dictionnaires amoureux. Puisqu’il correspond très exactement à mon projet, je reprends donc ici, à la lettre, l’exergue de Roland Barthes : C’est donc un amoureux qui parle et qui dit : » Tarif : 27€. 816 pages.


  DEEP BLUES de Robert Palmer JPEG Aux éditions Allia. Deep Blues est le livre définitif sur le blues, cette musique qui fut la plus influente du siècle passé. Le récit de sa genèse se double néces¬sairement de celui de l’exode. Car raconter l’histoire du Blues revient à raconter celle des esclaves noirs : enlevés d’Afrique, broyés par la ségrégation raciale et exploités dans les plantations, les ini¬tiateurs du blues trouvèrent dans la musique leur salut. Certains s’en servirent pour exorciser leurs démons ; d’autres, comme Robert Johnson, n’hésitèrent pas à vendre leur âme au diable. Si le blues est un genre musical, c’est aussi un état d’esprit, une mystique. C’est la recherche d’une voix singulière pour faire oublier le quotidien sordide et les malheurs sentimentaux. Deep Blues dévoile une mosaïque de portraits saisissants : Muddy Waters, Robert Johnson… Mais le blues ne saurait se résumer à quelques grands noms. Comme toute musique populaire, il résulte d’une réappropriation continue de son répertoire par de nouveaux musiciens. Le blues, davantage que le reflet d’une vie d’esclave, en constitue plutôt le dépassement : une musique libre qui se passera toujours de propriétaire. 448 pages. 25 €

L’HOMME QUI MARCHE de Jean-Paul Delfino.

JPEG Sortie le 11 février aux éditions Héloïse d’Ormesson. Le résumé : Marié, deux enfants, Théophrastre Sentiero est un homme sans histoires. Aussi prête-t-il peu d’attention à ces tremblements inopinés qui agitent ses jambes et ses pieds en ce soir de Noël. Hélas, ces trépidations s’accentuent et la médecine n’y entend rien. C’est un vieux libraire cacochyme et presque aveugle qui va le tirer d’affaire en lui proposant un remède pour le moins surprenant : écouter ses pieds puisqu’ils sont si pressés d’aller quelque part. Au fil de ses déambulations, Théo croise une faune interlope qui compte ses piliers de comptoir et ses prostituées philosophes. Mais il y a surtout cette sylphide qui lui entrouvre les portes d’un horizon insoupçonné... Peuplé par des personnages truculents qui surgissent telles les figures du tarot sur le chemin de Théo, L’Homme qui marche est une berceuse enchanteresse. Ode à un Paris évanoui, il envoûtera ceux qui accepteront de s’en remettre à la chance, ou au destin. Aixois de toujours, Jean-Paul Delfino est romancier et auteur d’une vingtaine de romans dont Les Voyages de sable (Prix des romancières 2019). Son dernier ouvrage Assassins ! a été récompensé par l’Etoile du meilleur roman français 2019 décernée par Le Parisien-Aujourd’hui en France.

 À REDÉCOUVRIR...

 ROMAIN GARY Les cerfs-volants

JPEG - Les cerfs-volants est le dernier roman signé Romain Gary. Il est paru début 1980… et le 2 décembre 1980, Romain Gary mettait fin à ses jours, au terme d’une existence de 66 ans. Ce roman est un très bel hommage à la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est dédié « A la mémoire ».
- Romain Gary avait initialement prévu de rédiger un opuscule en hommage aux membres de l’Ordre de la Libération fondé par le Général de Gaulle au début de la Seconde Guerre Mondiale pour distinguer et honorer les premiers combattants de la France Libre, qui l’avaient rejoint à Londres. Romain Gary lui-même a été un des premiers à rejoindre De Gaulle. Il a combattu dans les forces aériennes de la France Libre et été fait Compagnon de la Libération en 1944. Gary a renoncé à ce projet d’opuscule dédié à ses compagnons d’armes et a rédigé à la place « Les cerfs-volants ». Mais pour bien comprendre le sens profond de cette œuvre, il faut d’abord rappeler les éléments essentiels de la vie de Romain Gary.
Romain Gary est né à Vilnius en mai 1914. Vilnius est aujourd’hui la capitale de la Lituanie mais à la naissance de l’écrivain, Vilnius ou plutôt Wilno faisait partie de l’empire russe. Né russe, Romain Gary sera naturalisé Français en 1935 à l’âge de 21 ans. Il fait donc partie de ces nombreux Français d’origine étrangère et qui ont tant fait pour la France. Romain Gary est un pseudonyme que l’auteur a adopté pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est né Roman Kacew, au sein d’une famille juive.
La communauté juive était très importante à Vilnius avant la Seconde Guerre Mondiale. Le petit Roman et sa mère Mina, séparée de son mari, quittent Vilnius après la révolution soviétique et se fixent temporairement en Pologne. Ils se sont installés ensuite en France à Nice en 1928. Roman est élève du Lycée Masséna à Nice. Il entreprend des études de droit à Aix-en-Provence puis à Paris. Après ses études supérieures, Roman s’engage dans l’armée de l’Air où il sera instructeur. A partir de là, le futur Romain Gary va connaitre une multiplicité de vies. Aviateur et résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale, il sera, une fois la paix retrouvée, écrivain, diplomate, journaliste (notamment pour Time), cinéaste, et toujours grand voyageur, curieux du monde, polyglotte.
Les cerfs-volants constituent donc le point d’aboutissement de la part la plus optimiste, la plus solaire, de la vie et de la pensée de Romain Gary – ici photographié par le grand photographe de mode Jean-Loup Sieff - JPEG car il y a des œuvres bien plus sombres de Gary, qui expriment le doute, la tourmente, la peur. Mais Les cerfs-volants appartiennent au monde de la paix, de la consolation, de l’espérance. Avec ce roman, Gary, cet optimiste désespéré, offre au monde le meilleur de lui-même.
C’est donc cet homme aux vies, aux identités et aux aventures multiples qui publie en 1980, à quelques mois de sa mort, Les cerfs-volants.
Le narrateur en est Ludo, orphelin élevé par son oncle Ambroise Fleury, facteur rural et fabricant de magnifiques cerfs-volants, à l’effigie des grandes figures françaises, Montaigne, Hugo, Jaurès, Rousseau, etc. Les paysans normands le surnomment « le facteur timbré ». Quant à lui, Ludo est comme tous les Fleury, hypermnésique. Il n’oublie rien !Le roman décrit l’amour fou que Ludo porte à Lila Bronika, une jeune fille polonaise, depuis ses 10 ans. Ce conte d’amour se déploie dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale et de ses drames. L’oncle Ambroise est déporté à Buchenwald mais revient à la fin du roman avec dans ses mains le cerf-volant De Gaulle. Ce qui frappe d’abord dans ce roman de fin de vie est son caractère apaisé. Les cerfs- volants symbolisent l’audace, la liberté et la poésie.
Le roman est une œuvre cristalline alors que l’auteur a connu au cours de son existence mouvementée tant d’épreuves et de douleurs et qu’il est en proie les dernières années de sa vie à beau- coup de tourments et d’angoisses,
Je conclus cette présentation en soulignant le caractère très original et très émouvant de la conclusion du roman. Gary y rend un dernier hommage aux Cévenols qui en Haute-Loire ont sauvé des enfants juifs de la barbarie nazie. Laissez-moi vous relire cette conclusion lumineuse : « Je termine enfin ce récit en écrivant les noms du pasteur André Trocmé et celui de Le Chambon-sur-Lignon, car on ne saurait mieux dire ». Jean-Charles Bou


 LA FLÈCHE D’OR de Joseph Conrad.

Réédition aux éditions Gaussen avec la sortie d’une nouvelle édition annotée par Georges Reynaud du Comité du Vieux Marseille. Il s’agit du roman dans lequel le grand écrivain Joseph Conrad revient sur sa jeunesse marseillaise. L’éditeur David Gaussen y a ajouté les autres écrits de l’auteur sur Marseille. Sorti le 21 janvier 2021. En cours de lecture.
Le résumé : Dans ce roman, l’un des derniers qu’il ait écrits, Joseph Conrad s’inspire de l’époque où, jeune homme, il était venu à Marseille depuis Cracovie pour apprendre le métier de marin dans les années 1870. Comme Conrad lui-même, Monsieur Georges, jeune étranger fraîchement arrivé à Marseille, fréquente l’aristocratie et la bohème locales, et (c’est le seul élément autobiographique du roman) il est enrôlé dans un trafic d’armes en faveur des partisans de Don Carlos d’Espagne en lutte contre la Première République espagnole. M. Georges croise Rita de Lastaola, aventurière née dans les montagnes du pays basque espagnol élevée dans un milieu populaire et royaliste. Gardeuse de chèvre, elle a ensuite été la maîtresse d’un riche peintre et collectionneur dont elle hérité à sa mort d’une maison à Marseille, et d’une fortune mise au service du prétendant au trône d’Espagne.
La présente édition contient également deux autres textes en rapport avec le passage de Conrad à Marseille ; un extrait de ses Souvenirs ainsi qu’un texte de jeunesse « Le Tremolino », paru aux éditions Le Miroir de la mer. Une première ébauche de ce qui sera La Flèche d’or.
* Georges Reynaud, auteur d’une étude sur Joseph Conrad à Marseille (Comité du vieux Marseille, 2021) a annoté ces textes.
* Joseph Conrad, est né le 3 décembre 1857 à Berditchev, (Ukraine) et mort le 3 août 1924 dans le Kent. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans. Éditions Gaussen Le Cardinal SARL 6, rue Crinas prolongée. 13007 Marseille. Contact : 06 99 56 47 97. Site : www.editionsgaussen.com


Retrouvez nos commentaires de lecture sur le site www.blues-et-polar.com Onglet : ON A LU

LE SENS DE LA VIE. COSTANTINI ET SES SECRETS D’INTELLIGENCE. La sortie du deuxième livre sur le développement personnel de Christophe Costantini – invité à Blues & Polar pour son passionnant roman consacré à la fuite d’un sous-marin transportant l’or des nazis vers l’Amérique du sud, à la fin de la 2eme Guerre mondiale - est annoncée pour cette semaine aux éditions First. Christophe Costantini qui possède de nombreuses cordes à son arc, nous propose « Les secrets de vos 10 intelligences pour redonner du sens à votre vie. » Tout un programme pour celui qui aujourd’hui conseille des sportifs et des politiques.

  À LA TÉLÉ...

SUR ARTE CONCERT

 JOHNNY CLEGG : L’HISTOIRE DU ZOULOU BLANC QUI VOULAIT ETRE NOIR…

- JPEG Les chansons qui font l’histoire sont plutôt rares. Asimbonanga en fait partie. Elle a propulsé Savuka, le groupe du chanteur et danseur Johnny Clegg, en tête des ventes de disques en 1987, avant de s’imposer en hymne de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Dédiée au leader de l’ANC Nelson Mandela, à l’époque emprisonné depuis vingt-quatre ans, la chanson du "Zoulou blanc" marque un jalon dans la trajectoire d’un artiste qui a passé sa jeunesse à braver la censure.
Alors qu’il avait jusqu’ici refusé tout projet de documentaire sur sa vie, Johnny Clegg a accepté de se laisser filmer par Amine Mestari, chez lui à Johannesburg.JPEG Âgé de 65 ans et se sachant condamné à brève échéance par un cancer incurable, la star a souhaité revenir sur son enfance, sa jeunesse et sa carrière. Particulièrement émouvant, ce portrait entremêle confessions intimes d’un homme affaibli mais au regard toujours pétillant, témoignages de ses compagnons de route, à l’instar de Sipho Mchunu, avec lequel il fonda son premier groupe, Juluka, images de la vie quotidienne sous l’apartheid et extraits de concerts d’un artiste engagé, dont on sait moins qu’il est aussi anthropologue et grand spécialiste... des Zoulous.
* Un documentaire de 53 minutes disponible jusqu’au 29 mars à voir sur ARTE CONCERT. Prochaine diffusion sur ARTE TV le 20 février à 5h 45.)


  "LA VIE DE BRIAN JONES" de Patrick Boudet

JPEG . Brian Jones c’était l’homme qui aimait trop le blues., le précurseur d’une musique teintée de noir née dans le delta du Mississipi, et qu’on retrouve dans les premiers disques des Stones. Mais inexorablement, tombé dans la drogue et l’alcool, il a fini par être exclu du groupe par Mick Jagger et Keith Richard, remplacé par Mick Taylor0 Il a été retrouvé mort peu après, d’une overdose dans sa piscine… Un être fragile qui a eu des obsèques incroyables à Hyde park, mais ce multi-instrumentiste aura beaucoup apporté aux Stones avec notamment ses notes de sitar, et autres flutes de Jajouka… sur Paint in black et d’autres titres encore. JPEG Un son très Jones empreint de voyage et de rêves qui résumait à lui seul sa façon de percevoir le monde. [violet* A revoir sur ARTE TV jusqu’au 21 février et sur le lien : https://www.arte.tv/fr/videos/086904-000-A/la-vie-de-brian-jones/


 STING & SHAGGY AU CHATEAU D’HÉROUVILLE

- JPEG 53 minutes avec Sting et Shaggy filmés par Julien Faustino en 2017. L’aventure du studio d’Hérouville se poursuit avec le Britannique Sting et le Jamaïcain Shaggy, qui ont sorti en 2018 "44/876", un album commun qui a fait danser l’Europe tout au long de l’été. Les deux artistes se confient et interprètent quelques-uns de leurs plus grands succès. On retrouve des versions de Message in the bottle de Police, une reprise de Marvin Gaye, passé lui-aussi par les studios d’enregistrement du château créés dans les années 70. David Bowie, Pink Floyd, Iggy Pop, Elton John, les Bee Gees… y ont enregistré des albums qui ont marqué leur époque. * Rediffusions de ce programme - disponible jusqu’au 2 mars 2021 sur Arte.concert - les jeudi 11 et mercredi 17 février à 5 heures du matin.
Un superbe moment à découvrir> Cliquez ! https://www.arte.tv/fr/videos/074595-000-A/sting-shaggy-au-chateau-d-herouville/


  LA VIE EN BLUES D’ERIC CLAPTON et SLOWHAND AT 70

* La chaine TV franco-allemande allemande diffuse des concerts superbes de tous styles, du Classique au hard-rock en passant par l’électro, le jazz, le blues… Plus de quatre heures avec Éric Clapton. De John Mayall & the Blues breakers, en passant par Cream et Derek & the Domino’s. Passionnant, fascinant et touchant.
JPEG C’est une amitié de plus de 30 ans qui a amené Éric Clapton à confier la réalisation du documentaire Life in 12 Bars (La Vie en blues) à la réalisatrice-productrice Lili Fini Zanuck. Leur rencontre remonte à la conception de Rush (1991) avec Jason Patric, Jennifer Jason Leigh et Sam Elliott à propos de deux agents des Stups infiltrant le milieu de la drogue avant de succomber à leur tour à l’addiction. Lili Fini Zanuck en était la réalisatrice et Éric Clapton chargé de la bande originale. C’est à cette occasion qu’il composera le merveilleux et si émotionnel « Tears in Heaven » en hommage à son fils Conor (4 ans) tombé du 53ème étage d’un building à New York par une fenêtre ouverte de son appartement, quelques mois plus tôt. C’est donc un portrait sans concession – notamment sur l’addiction à l’alcool, à la drogue de longues années durant… - que dresse Lili Fini Zanuck. JPEG
« Voilà quelqu’un qui a pris conscience, dès l’âge de 8 ans, de cette idée d’être seul avec lui-même, avec sa douleur se confie-t-elle dans une récente interview à Rolling Stones. Même si le quotidien d’Éric Clapton est aujourd’hui plus lumineux, il demeure au fond de lui cet être solitaire avec sa guitare. Il reste cette personne marquée par une blessure à l’enfance et qui a mis des années ensuite à être à nouveau capable de faire confiance à qui que ce soit. Donc oui, comme tous ces artistes de blues qui l’ont tellement inspiré, il reste un homme avec sa guitare. C’est son cocon, sa bulle, son refuge… »
* ARTE CONCERT diffuse ce documentaire et le concert donné au Royal Albert Hall de Londres pour ses 70 ans, jusqu’au 8 mars 2021.
Voici le lien : https://www.arte.tv/fr/videos/093676-000-A/eric-clapton-slowhand-at-70-live-at-the-royal-albert-hall/


  MELODY GARDOT A PARIS, “SUNSET IN THE BLUE” A HUIS-CLOS

Ce concert de 58 minutes a été capté pour Arte Concert le 2 décembre dernier au Studio 104 de la Maison de la radio à Paris. Entourée des musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France, masqués et éloigné physiquement les uns des autres, Mélody Gardot interprète des morceaux nés pendant le confinement du printemps où elle se trouvait à Paris et enregistrés à distance avec des musiciens du monde entier pour une œuvre aux couleurs de l’arc-en-ciel baptisée « Sunset in the Blue ». JPEG Jazz, folk, bossa-nova… sont au programme de ce moment suspendu dans le temps avec pour seules notes de satisfaction, les applaudissements feutrés des musiciens, puisque le concert a été donné à huis-clos, sans spectateurs en raison des mesures sanitaires.
* A voir actuellement sur Arte-Concert jusqu’au 2 septembre 2021. Un moment d’une qualité musicale extraordinaire et gratuit !


LES NOUVEAUTÉS

 PINK FLOYD

  RÉÉDITION DE DELICATE SOUND OF THUNDER (1988)

PNG Warner Music annonce la sortie ce 20 novembre de Delicate sound of thunder (film et l’album live) nommés aux Grammy awards. Il sera disponible en blu-ray, dvd, triple-vinyle, double-cd, édition de luxe et remixé en surround 5.
Disponible en nombreux formats, la réédition de Delicate Sound Of Thunder capture le groupe à son sommet. En complément de l’incontournable album live et de sa captation (restaurée et remontée à partir des films 35mm d’origine et remixée en surround 5.1) présente dans le coffret The Later Years, toutes les éditions comprennent un livret photo de 24 pages. L’édition 4 disques propose un livret photo de 40 pages, l’affiche de la tournée et des cartes postales. Le coffret triple-vinyle 180-grammes contient 9 titres absents de l’album original paru en 1988, tandis que l’édition 2-CD contient 8 titres de plus que l’édition originale.
Pink Floyd a effectué un retour triomphal en 1987. La légendaire formation britannique formée en 1967 venait de perdre deux de ses membres fondateurs : le claviériste/chanteur Richard Wright, qui avait quitté le groupe pendant les séances d’enregistrement de The Wall en 1979, et le bassiste et parolier Roger Waters, qui était parti pour démarrer une carrière solo en 1985, peu de temps après la sortie de The Final Cut, en 1983.
Le guitariste/chanteur David Gilmour et le batteur Nick Mason ont relevé le défi avec l’enregistrement de l’album multi-platine A Momentary Lapse Of Reason, qui avait également vu le retour de Richard Wright.
Sorti en septembre 1987, A Momentary Lapse Of Reason a été rapidement salué par les fans du monde entier qui se sont précipités pour assister à la tournée qui avait démarré quelques jours après la parution de l’album. Cette tournée avait accueilli plus de quatre millions de fans à travers le monde pendant plus de deux ans, un record et une célébration du talent et de l’intérêt sans bornes voué à Pink Floyd.
Originellement filmée par Wayne Isham en août 1988 au Nassau Coliseum de Long Island, (visible sur Arte concert) l’édition 2020 de Delicate Sound Of Thunder puise ses sources dans plus de 100 bobines de négatifs 35mm originaux soigneusement restaurés et transférés en 4K, puis intégralement remontés par Benny Trickett, à partir des images restaurées sous la direction artistique d’Aubrey Powell/Hipgnosis. Le son a également été remixé à partir des bandes multipistes d’origine par Andy Jackson, l’ingénieur du son de longue date de Pink Floyd, avec le concours de Damon Iddins. Pink Floyd lors de cette tournée avait à ses côtés : Jon Carin (claviers, chant), Tim Renwick (guitare, chant), Guy Pratt (basse, chant), Gary Wallis (percussions), Scott Page (saxophone, guitare), Margret Taylor (chœurs), Rachel Fury (chœurs) et Durga McBroom (chœurs).
La set list mêle avec soin les nouveaux titres et les classiques de Pink Floyd, parmi lesquels des extraits de The Dark Side Of The Moon (Time, On The Run, The Great Gig In The Sky et Us And Them), la chanson-titre de Wish You Were Here, Comfortably Numb et un cathartique Run Like Hell tirés de The Wall. L’édition 2-CD comprend tous les titres de A Momentary Lapse Of Reason dont le puissant Learning To Fly, le lyrique On The Turning Away et le fascinant Sorrow.
Témoignage au sommet de la puissance créative de David Gilmour, Nick Mason et Richard Wright, Delicate Sound of Thunder de Pink Floyd est une expérience riche et galvanisante pour tous les fans de rock.
Official Website : https://www.pinkfloyd.com/


  SUR NETFLIX

 REMASTERED : THE TWO KILLINGS OF SAM COOKE.

Ce documentaire (1h 14) réalisé en 2019 par Kelly Duane retrace la courte vie du chanteur noir Sam Cooke assassiné mystérieusement à 33 ans
JPEG Adulé dans les années 50-60 autant par les noirs que par les blancs, il a été - 20 - ans avant Mickaël Jackson - la première star noire-américaine. Mais la ségrégation régnait toujours ! « Les publics étaient séparés dans les concerts comme le rappellent Quincy Jones, Dionne Warwick et Smokey Robinson dans le film. Noirs en haut entassés au balcon, et les blancs assis devant la scène ». Ses prises de position sans concession en faveur de la lutte pour les Droits civiques des « colored », sa proximité avec Malcom X fondateur des Black Panthers, avec le champion du monde de boxe Mohamed Ali et le pasteur Martin Luther King, son admiration pour les textes de Bob Dylan et Joan Baez, et son passage au Ed Sullivan show sur la télé des blancs, lui coûteront d’être surveillé par le FBI et d’être dans le viseur du Ku Kux Klan. Sa mort, le 11 décembre 1964 assassiné dans un motel de Los Angelès reste une énigme, tant la version des faits – tué par une prostituée qu’il aurait tenté de violer alors qu’il avait toutes les femmes à ses pieds - ressemble à un véritable traquenard monté de toutes pièces. Personne n’ayant entendu le ou les coups de feu et les douilles retrouvées ne correspondant pas au revolver en cause…JPEG
Première star noire-américaine - vingt ans avant Mickaël Jackson – le crooner formé au gospel qui venait de découvrir et aimer le rock’n’roll d’Elvis et des Rolling Stones est mort assassiné, comme Malcom X en 1965 et Martin Luther King en 1968. Et à l’instar d’Otis Redding décédé tragiquement dans un accident d’avion le 10 décembre 1967, dont la chanson Dock of the bay est sortie peu après sa mort, le dernier disque de Sam Cooke A change is gonna come est sorti dix jours plus tard et a connu un succès sans précédent. Comme un cri, ce 45 tours était annonciateur d’un mouvement en marche qui a généré en 1964 les émeutes de Watts,, et qui se poursuit encore aujourd’hui avec le slogan Black lives matter né spontanément avec le meurtre de Georges Floyd cette année par un policier arrogant et ignoble digne du Ku Kux Klan.
Les premières paroles de A change is gonna come (Un changement va arriver) en attestent :
Eh bien, il fait sombre dans la ville Well, it’s dark in the city J’ai perdu ma fierté I’ve lost my pride Les lumières dans les rues cachent les étoiles à mes yeux The lights in the streets hide the stars from my eyes Ça a été très long à venir It’s been a long, long time coming Mais je sais que le changement va arriver But I know that change is gonna come Et c’est trop dur de vivre And it’s too hard living Mais j’ai peur de mourir But I’m afraid to die Parce que je ne sais pas ce qu’il y a là-haut Cause I don’t know what’s up there Juste au-delà du ciel Just beyond the sky.
Un film très instructif qui rafraichit la mémoire de certains ayant oublié le statut de la population noire, bien après la fin de la ségrégation. Les témoignages de Dionne Warwick et Quincy Jones sont particulièrement émouvants, à nous filer la nausée.

Jean-Pierre Tissier

ALBUMS

 ROSAWAY, C’EST POP ON THE WAY !

JPEG - Le duo musical improbable (flûte traversière et batterie) composé de Rachel Ombredane et Stéphane Avellaneda vient de sortir son nouvel EP de 5 titres avec de supers invités : Adam Ahuja (Orgue Hammond et synthétiseurs ) qui a joué avec Robert Randolph, Ana Popovic… ; Joey Peebles (Trombone Shorty), Rob Lee (Mike Zito) et Doug Belote (Derek Trucks et Robben Ford) sur le morceau Mama used to Say. De cette union franco-américaine est née une pop métissée, nerveuse, résolument contemporaine, chantée en anglais par la voix aérienne, aux accents soul et gospel de Rachel Ombredane. Une artiste au destin singulier. En effet, après des études en flûte traversière et un cursus de chant lyrique, Rachel a eu envie d’explorer d’autres horizons musicaux qui l’ont projetée sur la scène du Zénith et des plateaux de télévision en qualité de choriste de Ed Sheeran, Jain, ou Brocken Back… Le batteur Stef Avellaneda a fait ses premiers roulements et frappes au sein du Mercy Blues band - le groupe de son père Jean-Paul Avellaneda, ancien guitariste de Luther Allison - avant de rejoindre sur scène l’explosive guitariste Serbe Ana Popovic. Devenu son batteur officiel, il a sillonné les routes, joué dans une trentaine de pays, et partagé la scène avec de grands musiciens (Jonny Lang, BB King, Keb Mo, Buddy Guy…). En 2015, les Drummies Awards le classent dans le Top 5 des batteurs mondiaux (catégorie blues). Stef que l’on a connu gamin sur scène aux côtés de Jean-Paul son père, a joué à plusieurs reprises au festival Blues & Polar ainsi que Rachel venue sur scène pour un morceau avec Mercy, lors du Blues & Polar 2016 au parc de la Rochette. Son talent n’a d’égal que sa gentillesse et sa modestie. Il a également joué avec Jean-Baptiste Guégan (FR), Ben Poole (UK), Carlos Johnson (USA), Robyn Bennett (USA-FR), et Billy C Farlow. * Le clip de Rosaway On Your Way Up a été tourné en Haute-Provence : https://www.youtube.com/watch?v=exDbkm1M9Gk&ab_channel=RoSaWayMusic
Liens : https://ropeadope.lnk.to/DREAMER


  LE 8 DE THE INSPECTOR CLOUZO

- Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain, les deux rock-farmers landais du groupe The Inspector Cluzo, vient de sortir leur huitième album, The Organic farmers season- Unplugged live … au marché de Mont-de-Marsan ! En effet, ces bluesmen pas comme les autres creusent leur sillon tout en conservant leur statut d’agriculteur. Ainsi, comme le souligne nos confrères de Sud-Ouest à côté de leurs boîtes de foie gras, confits d’oie et autres rillettes, ils proposaient le pack de leurs huit albums, sur cd ou vinyle.
The Organic farmers season est un album acoustique enregistré au Théâtre de Gascogne, au Biarritz Casino Barrière et au Krakatoa de Bordeaux. Il a été mixé par l’Américain Vance Powell. Il s’agit de l’enregistrement de la tournée acoustique de février 2020 effectuée , avec les musiciens américains du Tennessee, Eleonore Denig (violon), Melodie Chase (violoncelle), et Eric Montgomery (piano). Il est en vente sur les plateformes et en CD ou triple vinyle), sur la boutique en ligne du groupe…. ou au Vynil Café à Mont-de-Marsan !


 LE RETOUR DE GANAFOUL

Jack Bon et son groupe avaient clôturé le festival Blues & Polar 2017 à Manosque. Avec ce disque vinyle inédit, le groupe de rock originaire de Givors au sud-ouest de Lyon revient avec dix titres enregistrés… il y a 45 ans ! JPEG C’est l’histoire d’un retour inespéré. Le groupe Ganafoul, fondé dans les années 70 dans la région lyonnaise, revient sur le devant de la scène avec un album inédit. Dix chansons enregistrées à leurs débuts en 1975, qui ont été retrouvées et dépoussiérées, pour ressortir début septembre. Il s’agit d’un come-back inattendu pour ce groupe qui a connu son heure de gloire dans la deuxième moitié des seventies et qui s’est replongé dans ses archives.JPEG Ganafoul, c’est l’histoire de cinq copains, avec Jean-Yves Astier au chant, les guitaristes Edouard Gonzalès et Jack Bon, Yves Rothacher à la batterie et le regretté bassiste Philippe Veau, décédé en 1982 dans un accident de voiture.
Ce disque inédit lui est d’ailleurs dédié. Des riffs doublés, des solos harmonisés, des questions-réponses... tout le vocabulaire de la guitare rock seventies est là. Du "sider rock", c’est ainsi que le groupe qualifie son style musical singulier. "Sider" vient de sidérurgie, et le nom du groupe "Ganafoul" signifie "comme un fou" en argot givordin. c’est en formule "power trio" que Ganafoul va connaître le succès. Jack Bon prend le chant principal, écrit et compose les morceaux, en anglais cette fois. Un blues-rock endiablé bien ancré dans son époque, et inspiré des grands groupes anglophones : de Led Zeppelin à ZZ top, en passant par Status Quo ou AC/DC.... dont ils assureront les premières parties.
Jean François Convert (France Culture)
* Ce disque est disponible en commande directe au label Simplex Records (contact : simplexrecords@orange.fr )


  CINÉ-TÉLÉ : LA BIBLIOTHÈQUE MUSICALE

 TV. REPLAY SUR ARTE CONCERTS

 LYNYRD SKYNERD “If I leave here tomorrow” de Stefen Kijak.

(97 minutes). On pense évidemment tous au légendaire « Sweet home Alabama » sorti en 1974, à propos de ce groupe sudiste fondé en 1964 par le fantasque et controversé Ronnie Van Zant, et mort tragiquement avec trois autres musiciens du groupe dans un accident d’avion en 1977
JPEG Et on pense surtout au drapeau sudiste des Confédérés qui leur a collé une étiquette de blancs racistes sur les épaules, mais le documentaire réalisé par Stefen Kijak en 2078 – après la reformation du groupe avec le frère de Ronnie Van Zant – donne une image plus réaliste de cette formation très amérique profonde dans l’âme qui a brulé la vie par tous les bouts : alcool, drogue et bagarres !
* A voir sur Arte en replay jusqu’au 27 janvier 2021. A voir également le concert de Lynyrd Skynyrd au Hellfest festival en 201


 JEFF BECK LIVE IN TOKYO

JPEG - Disponible sur Arte, jusqu’au 31 janvier 2021 vous pouvez voir le concert de Jeff Beck – un des plus grands guitaristes du monde mais aussi un des plus mystérieux, capable de tout jouer, du jazz au rock en passant par le blues. D’ailleurs, Jeff Beck a succédé à Eric Clapton au sein des Yardbirds en 1965 ; c’est dire ! Dommage, mais c’est sa liberté, Jeff Beck est un artiste aux enregistrements quasiment sans voix, et son répertoire est 99% musical ; mais allez voir un peu sur You Tube, les « bœufs » de Jeff Beck avec Stevie Wonder, Bon Jovi ou Toots & The Maytals. Impressionnant ! A ne pas rater dans ce concert où Jeff Beck improvise sur Benjamin Britten, Bily Cobham, Charlie Mingus, les Beatles ou le mahavishnu orchestra de John Mc Laughlin, une reprise du merveilleux « Little wing » de Jimi Hendrix.


 L’ÉTONNANTE ÉPOPÉE DE LAUREL CANYON foyer créatif du rock made in USA…

JPEG La chaine culturelle franco-allemande Arte présente un brillant portrait du quartier de Los Angeles investi par la scène folk-rock, dont The Doors et Zappa, de 1965 à 1975. Deux épisodes de 78 mn disponibles jusqu’au 11 novembre 2020. Entre Sunset Boulevard et Mulholland Drive, Laurel Canyon est un quartier formé de cottages dans les collines luxuriantes typiques de Hollywood. À partir de 1965, Frank Zappa ayant montré la voie, une communauté de musiciens s’y installa progressivement, à une époque où le folk devenait électrifié sous l’influence des Beatles. Les groupes se nommaient The Byrds, The Doors ou The Monkees, ils associaient hommes et femmes (The Mamas and the Papas), Noirs et Blancs (Love). Ils jouaient au Troubadour et au Whisky a Go Go, en faisant le bœuf avec Jim Morrison et Manzarek des Doors, prônaient l’amour et pas la guerre, batifolaient nus autour des piscines, désinhibaient leur créativité en consommant joints et autres acides. Joni Mitchell déclenchait des passions et de nouveaux groupes naissaient de collaborations entre des voisins aussi talentueux que David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young. La réalisatrice Alison Ellwood réussit chaque parti-pris, tandis que deux photographes de l’époque et leurs clichés (Nurit Wilde et Henry Diltz) sont au cœur de ce documentaire passionnant et en deux épisodes. Fans des « Seventies », vous serez gâtés car on y retrouve des documents pris sur le vif de l’époque par les témoins photographes qu’ont été Nurit et Henry. On leur doit beaucoup… Laurel Canyon fut une bulle qui a fini par exploser au matin des années 1970….

J.-P.T

  LE BLUES RAUQUE DE JANIS JOPLIN

Disponible en Replay jusqu’au 24 octobre. . - 2 août 1968, l’album Cheaps Thrills du Big brother & the Hollling company avec Janis Joplin au chant déboule dans les bacs chez les disquaires, après de multiples péripéties, comme un Ovni tombé du ciel avec une pochette signée Crumb (le dessinateur de Fritz the cat) totalement déjantée.
JPEG Une sorte de bande dessinée version Gottlib et Fluide glacial. Résultat : Disque d’or en trois jours pour ce 33 tours totalement psychédélique où Janis et sa voix qui feule et rugit nous file la rage au ventre et au cœur. Avec aussi – pour surprendre – une version du Summertime de Ghershwin devenant un miaulement intense qui donne le frisson de suite, tant il nous émeut par sa force et sa fragilité au cœur du phrasé si intense de cette Reine du blues. Malheureusement, le 4 octobre 1970, un ultime shoot d’héroïne dans son hôtel cause la perte... à 27 ans de celle qui voulait devenir Aretha Franklin. 27 ans : l’âge maudit de Brian Jones, Jimi Hendrix, Otis Redding, Jim Morisson... et Amy Winehouse dernière frappée par la malédiction.

J.-P.T

  PINK FLOYD AU NASSAU COLISEUM DE NEW YORK (1988)

- Quel beau cadeau nous a fait Arte cette semaine en diffusant le premier concert de l’ère Pink Floyd sans Roger Waters, mais avec David Gilmour, Nick Mason et Richard Whright et un trio de choristes aux voix d’enfer. Un concert entièrement bleuté coïncidant avec la sortie du double album Delicate sound of thunder . Un moment historique car en 1988, les smartphones n’existaient pas, et c’est la télévision exclusivement avec 27 caméras qui a fixé ces deux heures vibrantes pour l’éternité. A voir et revoir sans modération !

J.-P.T

 SUR NETFLIX.

BOB DYLAN "Rolling thunder revue" de Martin Scorsese.
JPEG En véritable alchimiste, Martin Scorsese mélange les mythes et la réalité pour évoquer la tournée Rolling Thunder Revue de Bob Dylan, dans une Amérique alors en pleine en mutation en 1975. Ce documentaire de 2h 22 mn est sorti en juin 2019.

  LE GRATEFUL DEAD ET JERRY GARCIA.

JPEG The Other one : the long strange trip of Bob Weir. (1 h 24). Découvrez l’histoire de Bob Weir, de son amitié profonde avec Jerry Garcia et de son succès comme membre du Grateful Dead. Un des groupes les plus influents de tous les temps bien que moins populaire aujourd’hui que les Stones, les Beatles, les Doors voire les Kinks dont les morceaux illustrent de nombreuses pubs, souvent automobiles. Pourtant, le Grateful dead a marqué les années psychédéliques que furent la fin des années 60 avec une incursion dans les années 70. C’était l’époque des soirées sous alcool, sous acid, sous LSD, sous héroïne… et il y a eu beaucoup de morts dans les rangs des musiciens rock de l’époque et chez les fans également. Janis Joplin morte à 27 ans, a souvent chanté avec eux, et il existe quelques CD où elle apparait pour quelques titres. Netflix propose un documentaire très intéressant à découvrir pour ceux qui n’ont pas connu cette période bénie musicalement, mais terrible pour d’autres en proie aux démons de l’époque.

J.-P.T

  *** JOE COCKER MAD DOG WITH SOUL

- Ray Charles, Howlin Wolf, Éric Burdon, Joe Cocker, Neal Black, Billie Holiday. Janis Joplin, Nina Simone... allez savoir pourquoi ces dirty voices (voix sales en français ) éraillées pleines de blues et de Bourbon jusque dans les tripes m’ont toujours ébloui... Et quand Joe Cocker chante Unchain my earth de Ray Charles avec Ray Charles lui-même, à ses côtés sur scène, comme dans un rêve de gosse, c’est bien plus qu’une reprise ! Tout comme à Woodstock où sa prestation légendaire tel un pantin désarticulé vibrant de toutes part dans With a little help for my friend est inscrite pour toujours au panthéon du rock.
Car avec Joe Cocker n’importe quel morceau trouve une nouvelle vie, tout en gardant son originalité. Le documentaire proposé en ce moment sur Netflix retrace la carrière de Joe Cocker tourmentée par les démons de l’alcool et de l’acide. « Il aimait le ciel » y évoque avec émotion son épouse Pam. « C’est une voix qui avait traversé la guerre » poursuit Jimmy Reed son pianiste, ami de toujours. Le 22 décembre 2014, « La plus grande voix du Rock’n’roll « pour Billie Joël s’éteint, fatigué et las, usé de ses excès de jadis et notamment de cette Sacrée bouteille comme le chantait Graeme Allwright, lui-aussi victime de cette addiction.

J.-P.T

  *** MILES DAVIS : BIRTH OF THE COOL

JPEG 1h 55 de concerts, rencontres, interviews, sur un des plus mystérieux musiciens des années d’après-guerre jusqu’à 1991, année de sa mort. Juliette Gréco son amoureuse parisienne, Herbie Hancock, Quincy Jones, et Carlos Santana notamment évoquent ce trompettiste hors du commun.
Un document extraordinaire qui illustre admirablement toutes les facettes de cet amoureux des belles voitures (Ferrari, Maserati..) dont plusieurs ont connu des grosses mésaventures avec l’homme de « So what » au volant. Les années 50-60, c’était encore l’époque où les noirs aux Etats-Unis étaient victimes de la ségrégation avec notamment des pancartes « Interdits aux noirs et aux chiens » , mais la France aussi pouvait être odieuse avec son racisme dit ordinaire. Ainsi, Juliette Gréco alors qu’elle était avec Miles Davies, a voulu aller souper un soir après le spectacle dans un très grand restaurant du bas des Champs-Elysées où elle était bien connue. Le serveur a refusé de leur donner une table. Elle a alors salué ce dernier en lui prenant la main… et en crachant dedans ! Tout Gréco ! https://www.netflix.com/fr/title/80227122

J.-P.T

  *** KEITH RICHARD "UNDER THE INFUENCE"

- S’il est bien un film qu’on peut regarder avec infiniment de plaisir en cette période de confinement, c’est bien le documentaire tourné en 2015 par Morgan Neville sur le plus bluesy des Rolling Stones en la personne de Keith Richard.
Celui qu’on dépeint – et il ne s’en cache pas – comme le plus allumé des « Pierres qui roulent » voue une véritable admiration et un profond respect pour les premiers bluesmen à l’image de son idole Muddy Waters, avec qui il a d’ailleurs joué avec les Stones. Un vrai rêve éveillé pour Keith Richard ! On peut ainsi croiser le géant Howlin Wolf avec qui il finit dans une boite de nuit de Chicago, mais ne se rappelle plus du reste…, Sonny Boy Williamson, Buddy Guy et Tom Waits. Que du beau monde pendant 1h et 22mn de balade sur la face B de Keith Richard ; celle du compositeur-interprète plein d’humilité et de gentillesse pour les musiciens qui l’accompagnent sur ce premier CD perso. Un film qui fait du bien pour qui a le blues à l’âme.

J.-P.T

Disponible en VOD sur MYTF1 (location 5,99€) et sur YouTube.

 GREEN BOOK de Peter Farelly (2018).

JPEG On ressort de la projection, ému aux larmes, heureux aussi, et en colère profondément... On revoit les images de ce fameux "green book" ( livre vert de voyage attribué à la communauté noire en déplacement ) comme ont encore les gitans nomades et autres gens du voyage aujourd’hui en France, et on en a la stupéfaction ! Tout comme on a la nausée lorsque le Dr Don Shirley pianiste noir virtuose de musique classique qui se produit dans une soirée privée avec tout le "gratin" blanc du Sud des States est invité à se rendre... dans une cabane au fond du jardin par un domestique (!) alors qu’il souhaiterait se rendre aux WC de la maison... Et qu’on est en 1962 !!
Avec une BO géniale qui réunit le son des sixties aux USA et une jam-session de folie dans un bar, "Green book" outre sa vertu pédagogique et historique qui en embête certains nous rappelle que c’est Elvis Presley qui emmena BB King à la TV américaine ; là où les "blacks" n’étaient pas admis. Et qu’il subjugua tout le monde par sa virtuosité... Encore une fois le blues montre bien qu’il est la musique du quotidien, de toutes les émotions et du cœur. "Green book" est un film d’utilité publique qui en dit long sur la complexité des hommes, de leurs dirigeants, et de leurs contradictions multiples.

J.-P.T

MES DISQUES COLLECTOR (la bibliothèque)

  ISLE OF VIEW des PRETENDERS

(enregistrement live en studio à Londres en 1995).
JPEG Mon CD collector de la semaine, est un monument de délicatesse et d’émotion. Isle of view c’est avant tout la superbe voix de Crissie Hynde fondatrice des Pretenders associée pour une émission TV à Londres, au quatuor Duke en 1995. Et avec la talentueuse Louisa Fuller au violon sur Sens of purpose. On y trouve aussi Private life avec cet incroyable son de guitare acoustique semblant cirer la voix de Crissie Hynde comme pour la transformer en bijou serti d’or. Tout comme I hurt you et Isle of view qui donne son nom àl l’album. Bref, un album incroyable et merveilleux - parmi mes préférés de la nuit des temps - où toutes les chansons sont belles tout simplement et empreintes d’émotion. Car il y a un esthétisme fou dans la voix de Crissie qui nous prend aux tripes comme lorsqu’on est amoureux. Tout est parfait. Génial pour la route, seul , au volant, le soir au couchant….
J.-P.T
PS : Si vous avez l’album en vinyle, il atteint les 200€.

 GWENDAL Mon Joli scooter (1977)

JPEG - Quelle arrivée tonitruante dans le paysage musical français – mais d’abord breton - que celle de Gwendal, groupe nantais de fusion jazz-rock, aux accents celtiques au cœur des années 70. Comme du Pink Floyd qui aurait croisé le barde Glenmor, puis tapé le bœuf avec le violoniste Jean-Luc Ponty pour transformer les vieilles légendes de Cornouailles en musique. D’ailleurs, la magnifique couverture du 33 tours est signée Henki Bibal – pointure mondiale de la BD aujourd’hui - et on y voit tous les mystères de la lande bretonne avec ces vieilles en coiffe se baladant courbées, entre des dolmens et menhirs pris dans le brouillard. C’est cette atmosphère que Bruno Barre (violon), Youenn Leberre (flûtes & bombardes), Jean-Marie Bernard (guitare), Roger Schaub (basse), Ricky Caust (mandoline) et Arnaud Rogers (batterie) restituent dans leur discographie. A découvrir !

J.-P.T

 666 Le magnifique et ébouriffant 666 des Aphrodite’s childs (double 33ts - Vertigo)

JPEG - Nous sommes en juin 1972. Quel choc ai-je eu lors de la sortie de ce double album baptisé 666 relatant l’Apocalypse de Jean, composé par Vangélis Papanathassiou, avec la voix extraordinaire de Demis Roussos portant les paroles de Yannis Tsarouchis (en grec) et de Costas Ferris (en anglais), la batterie de Lucas Sideras, la guitare de Silver Koulouris ; bref les Aphrodite’s childs interprètes du célèbre It’s five a clock qui résonne toujours dans le monde entier. Mais ce sera leur 3ème et dernier disque. On ne retrouvera plus ensemble ces belles voix planantes haut perchées, mélodiques et magnifiques, célestes et provocantes par moment… Mais pour l’occasion de ce disque devenu légendaire, quelques guests de haut niveau avaient été invités à l’image du violoniste-saxophoniste de Zoo Michel Ripoche, et de l’extraordinaire actrice-chanteuse Irène Papas dont le fameux vocal Infinity simulant un orgasme sur fond de percussion ferait toujours rougir aujourd’hui.
666, c’est un mix de morceaux très différents des uns des autres allant du hard rock au psychédélique avec un zeste de référence au diable. Ce qui valut à l’album d’être censuré dans certains pays. Mais bien plus que le diable, c’est la jouissance vocale jubilatoire d’Irène Papas qui aura gêné les bien-pensants… Un disque qui n’a pas pris une ride !!!

Jean-Pierre Tissier

  Crosby, Stills, Nash & Young : 4 A Way street

JPEG - Cet album de légende n’est pas un simple 33 tours d’époque, comme les autres, mais bel et bien deux 33 tours « historiques » enregistrés en public au Fillmore East de New York le 2 juillet 1970, au Chicago auditorium le 5 juillet 1970, et au Forum de Los Angeles le 26 juin 1970.
David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young, malgré des tensions entre eux, et une séparation temporaire du groupe, sont alors à l’apogée de leurs talents vocaux… et politiques.
On retrouve ainsi le merveilleux et éternel morceau magnifique qu’est « Ohio » empreint de gravité et d’émotion, car ce titre écrit par Neil Young, est inspiré de la fusillade de Kent State University où quatre étudiants ont été tués par des policiers lors de la répression d’une manifestation le 4 mai 1970.
Si vous n’avez jamais entendu ce double album, partez à sa découverte, car c’est toute l’histoire des Etats-Unis en 1970 qui s’y déroule, comme un prolongement de mai 68 en France, et trouve encore un prolongement navrant et triste aujourd’hui, avec l’assassinat de George Floyd par un policier à Minnéapolis.
Ce double 33 tours « A Way Street » est incontestablement celui que je prendrais avec moi sur une ile déserte, s’il n’en fallait qu’un !

Jean-Pierre Tissier

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 LÉO FERRÉ & ZOO « LA SOLITUDE » (1971).

JPEG En janvier 1970, à l’Olympia à Paris, (c’était mon premier reportage photo pour Télé Magazine) Léo Ferré était venu voir les Moody Blues dans le cadre du festival 333 réunissant de nombreux participants du festival de Woodstock dont Richie Heavens, Rory Gallagher & Taste, Renaissance, Family, Yes… et les Moody Blues, alors N°1 des ventes avec Nights in white satin. Après bien des incidents techniques, il était 1 heure du matin quand ces derniers sont montés sur scène, devant un Léo fatigué comme tout le public, mais qui avait une idée derrière la tête… Et il l’évoque d’ailleurs dans son titre C’est Extra avec la laconique phrase « Les Moody blues qui s’en balancent… ». Incontestablement, l’éventuel projet avec les auteurs du légendaire « Nights in white satin » ne verrait jamais le jour et c’est avec le formidable groupe français Zoo - sans leur chanteur habituel Joël Daydé – que Léo Ferré se lancera dans la pop-music en 1971 pour un 33 tours qui n’a pas séduit les puristes de l’époque. Mais moi, amateur de fusion des genres, OUI ! Car il y avait, outre les textes magnifiques de Léo Ferré, des musiciens de très haut niveau dans ce Zoo là avec Michel Hervé (basse), André Hervé (orgue, guitare électrique et piano), Christian Devaux (batterie), Daniel Carlet (saxs, flûte et violon électrique), et le très éclectique violoniste Michel Ripoche qui avait la particularité incroyable d’avoir été sélectionné en équipe de France de football lorsqu’il était junior et évoluait au FC Nantes. Il avait le choix entre passer pro ou devenir musicien pro ! Et il a choisi la musique. D’où le début d’une courte amitié avant qu’il ne parte au Brésil rejoindre pour un temps Clayton Thomas fantastique chanteur de Blood, sweat & tears pour y marier futbol et musique. Et pour avoir eu le plaisir de voir Ferré à la Mutualité à Paris pour le concert de la fédération anarchiste, et Zoo en concert sous d’autres cieux plus rock, permettez-moi d’écrire : quelle belle époque !

J.-P.T

 The Beatles llive at the BBC 1962-1965.

Sorti en 2013. Les Fabulous four de Liverpool ont participé à de nombreux shows à la BBC de mars 1962 à juin 1965. Ce double CD propose pas moins de 63 titres sur les 88 qu’ils ont proposées aux auditeurs de la plus célèbre radio du monde. Celle qui a propulsé les Kinks, les Who,les Stones.. mais aussi les Monty Phyton. On retrouve, outre leur répertoire, les voix de John, Paul, George et Ringo entre les morceaux. Un vrai document !

J.-P.T

 Johnny Rivers et son légendaire titre de 15 minutes John Lee Hooker enregistré en 1965 en public au Whisky a gogo à Los Angelès (USA).

JPEG - Sûr que là, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… C’était pile-poil le mien, quand ce disque de Johnny Rivers a mis le feu et le frisson chaque soir dans les boites bretonnes pendant l’été 1969 dès que les premières notes d’égrenaient sur la platine. Un rythme de blues lent qui petit à petit grandissait avec de faux-airs du Baby please don’t go de Van Morisson et des Them, et du Satisfaction des Stones, à la façon d’un titre précurseur du Rock’collection de Laurent Voulzy… 30 ans plus tard ! Car Johnny Rivers était parfaitement inconnu en France, hormis du ceux qui avaient eu la chance de le découvrir en 1965 à l’Olympia à Paris, en première partie des Kinks. Mais c’est le Ricain véritable juxe-box des tubes rock, blues, et rythm’n’blues de l’époque qui avait supplanté Ray Davies et ses succès comme All day and all the night ou You really got me… On a dansé comme des fous là-dessus, le temps d’un été, car un titre de 15 minutes sur une radio française, ça ne passe jamais. Mais de temps à autre, un DJ inspiré ou un beau-frère lors d’une soirée festive ressort le 33 tours collector… et ça marche toujours !

J.-P.T

 Nine below zero Live at the Marquee club

JPEG JPEG Né en 1979 en prenant pour nom de scène celui d’un titre de Sonny Boy Williamson, Nine below zero est alors composé de Dennis Greaves (guitare), Peter Clark (basse), Mickey Stix Burkley (batterie) et de l’extraordinaire harmoniciste-chanteur Mark Feltham. Ils écument alors pubs et clubs en Angleterre en électrifiant ce blues qu’ils apprécient tant. Le disque enregistré en public au mythique Marquee club est un étendard de la musique anglo-saxonne des années 80. Mélangeant punk, rock et blues. Dans la lignée de Doctor Feelgood, avec en plus la virtuosité animale de Mark Feltham à l’harmonica ; champion du monde du genre Toutes catégories pour moi. Mon idole, quoi ! 40 ans plus tard, ils sont toujours là. En version acoustique ou électrique, c’est toujours un très grand moment. Pour avoir pu les écouter il y a une quinzaine d’années à la cave de Font-Robert à Château-Arnoux, et les interviewer ensuite aux côtés des musiciens locaux de Dirty Water qui avaient assisté à leur concert au Paradisio à Amsterdam dans les années 80, je peux vous assurer qu’il y a eu de l’émotion et de la fraternité musicale en coulisses. C’est ça le rock quand il rejoint le blues.

J.-P.T


- Michel Petrucciani Both worlds (1997). JPEG Véritable météore du piano jazz, Michel Petrucciani est mort à New York le 6 janvier 1999, à l’âge de 36 ans. Il souffrait depuis sa naissance de la « maladie des os de verre ». Sa carrière musicale et discographique n’aura duré que 19 ans, mais dix-sept albums enregistrés en studio et sept en « live » témoignent de son énergie incroyable, du plaisir qu’il avait sur scène, et de ce toucher délicat sur ce clavier qu’on pensait toujours bien trop grand pour lui, mais qu’il parcourait en s’y allongeant presque parfois, comme pour faire corps avec les notes.. Cet album Both worlds sorti en septembre 1997, et dont je ne me lasse jamais est un événement dans sa carrière car pour la première fois, c’est un groupe dans toute son entité qui est sur scène. Même s’il en est le leader, il ne joue pas les leaders, et se mêle dans l’ensemble comme Blood, sweat and tears dans les années 70. Il est donc entouré de Steve Gadd (batterie), Anthony Jackson (guitare), Bob Brookmeyer (trombone), Flavio Boltro trompette) et Stefano Di Battista (saxophone). Et c’est cette joyeuse troupe que l’on a pu voir au festival Jazz à Manosque d’Ollivier Gérard à cette époque, et quelques années auparavant à Château-Arnoux au Festi-Jazz de Robert Pasquier. Both worlds nous entraine dans un tas d’émotions très différentes comme un voyage musical dans le monde entier avec notamment Petite Louise et le savoureux Guadaloupe. Le képi de Manosque... Mais Michel Petrucciani, c’est aussi pour moi un souvenir extraordinaire vécu lors de sa venue à Manosque, alors que nous dînions avec ses musiciens tardivement après le concert sur la Place des marchands. La Police est passée pour faire une observation, à la dizaine de personnes présentes – dont votre serviteur JPT - car quelques riverains avaient émis auprès du commissariat une certaine gêne due au bruit des conversations qui en toute honnêteté ne devaient nullement dépasser la norme. C’était encore l‘époque où les policiers avaient un rigide képi. Et Michel Petrucciani du haut de ses 91 centimètres a expliqué, droit dans les yeux, au policier venu demander de baisser d’un ton « qu’il faisait la collection des chapeaux et qu’il lui manquait un vrai képi de la Police Nationale ». Stupeur et silence du groupe qui s’est demandé s’il y avait là de l’ironie provocante ou de la sincérité derrière tout ça… Le policier manosquin ne connaissant pas Michel Petrucciani, je suis allé lui expliquer qui était ce grand pianiste…. Et un quart d’heure plus tard, à ma grande surprise, le policier est revenu sur la Place des marchands pour offrir à Michel Petrucciani le képi de ses débuts dans la Police Nationale. Un instant très fort ! La photo a été immortalisée aussitôt et est parue dans Le Provençal le lendemain. Un immense souvenir !
J.-P.T

  Roy Buchanan live stock

JPEG Enregistré en public au Town hall de New York, le 27 novembre 1974. - Bluesman blanc et guitariste virtuose mort bien trop jeune à l’âge de 49 ans en 1988, Roy Buchanan a été un référence du blues teinté de rock dans les années 70. Son jeu de guitare tonitruant et délicat à la fois, fait penser aux accents toniques ou lyriques que pouvaient avoir Alvin Lee de Ten years after, Rory Gallagher de Taste ou Johnny Winter. JPEG Ce disque enregistré en public résume parfaitement bien l’émotion qu’il dégageait. Un CD collector empreint d’âme, de spleen et de rêve. Bien dans l’air du temps actuel où la musique fait parmi de nos remèdes au confinement.

J.-P.T

Le concert de Dr Feelgood avec Lee Brillaux et Wilko Jonson au Southend Kursaal à Canvey island en novembre 1975. JPEG C’est sur cette île de 18,5 km2 au nord de la Tamise qu’est né le nouveau rock anglais. C’est là que Dr Feelgood, mais aussi Gary Brooker et Procol Harum, ont amené ce nouveau son (le Pub rock) qui a remué bien des foules. Ce DVD auquel je suis très attaché retrace un concert de 1975 de Dr Feelgood, avec les historiques fondateurs du groupe que sont Wilko Johnson et le regretté Lee Brilleaux qu’on avait pu voir au festival Jazz à Manosque en 1993, sur le parking de la Villette, un an avant sa mort, avec – excusez du peu - Paul personne et les Blues Brothers le même soir ! Une programmation de l’ami Olivier Gérard à l’époque. Les temps ont bien changé depuis… Au sein de Dr Feelgood, Robert Kane a remplacé Lee Brilleaux au chant et à l’harmonica à la mort de ce dernier, et Steve Walwin en a fait de même peu après pour Wilko Johnson. Depuis plus de 25 ans, avec Phil Mitchel (basse) et Kevin Morris (batterie), le groupe compte donc la même force et pour les avoir vus et interviewés pour Le Provençal à Avignon, Marseille, Gap, Arles… il y a toujours la même énergie sur scène. Un groupe sympa, attachant dont le guitariste Steve Walwing effectue chaque année un tour de l’Angleterre à vélo afin de récolter des fonds pour les enfants handicapés. Il avait d’ailleurs été très étonné que je connaisse cet aspect privé de son personnage, lors d’un après-concert autour d’une bière à Gap. Et cela m’avait valu un très beau moment de journalisme loin des questions habituelles sur le riffs de guitare dont il a le secret sur Down by the jetty. Un DVD empreint de souvenirs et d’humanité.
J.-P.T

 La musique du film de Louis Malle Ascenseur pour l’échafaud par Miles Davis. Enregistrement édité par Fontana.

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« Ce CD a été enregistré en décembre 1957 à Paris dans l’amphithéâtre de la Sorbonne, comme me l’a raconté au dans les années 70, le comédien Maurice Ronet, partenaire de Jeanne Moreau dans le film, lors d’une séance photo à son domicile parisien pour Télé magazine. Le film était projeté sur grand écran dans l’amphithéâtre et Milles Davis accompagné par Barney Wilen (sax), René Urtreger (piano), Pierre Michelot (basse) et Kenny Clarke (batterie) jouait en improvisant sur les scènes qui défilaient devant lui, en noir et blanc.
C’était la nuit, et l’ambiance était très détendue. Jeanne Moreau était là. A un moment, Miles Davis - lors de la séquence « Diner au motel « - a perdu un petit morceau de peau de sa lèvre supérieure. Et ce bout de peau s’est coincé dans l’embouchure de sa trompette. Néanmoins, il a continué à jouer avec ce vibrato inattendu… Il a même demandé à Louis Malle s’il voulait qu’on recommence pour que ce soit plus propre, mais ce coup du sort s’est transformé en coup de génie. On est resté sur cette prise. » Un disque toujours aussi magique à écouter.

Il existe aussi – toujours chez Fontana – un vynile 33 tours consacré au Jazz sur l’écran sur lequel on trouve face A Ascenceur pour l’échafaud avec dix morceaux choisis parmi les 26 séquences musicales du film. Et sur la face B, des extraits de bandes originales de deux films d’Edouard Molinaro : Des femmes disparaissent enregistré par Art Blakey et les Jazz Messengers et Un témoin dans la ville avec une BO composée par Barney Wilen.
JPEG L’ambiance y est autant blues que jazz, et j’ai eu le grand plaisir de pouvoir me faire dédicacer ce disque par Art Blakey lui-même sur un coin de table de La Bonne Etape, le beau restaurant étoilé de la famillle Gleize à Château-Arnoux, lors d’un déjeuner fantastique en tout petit comité aux côtés de mon « modèle », le regretté André Francis, mythique journaliste créateur de « Pour ceux qui aiment le jazz » sur Paris Inter. C’était quelques heures avant le concert d’Art Blakey à FestiJazz, le très grand festival imaginé dans les années 80 à la Ferme de Font-Robert par Robert Pasquier et sa bande.

Jean-Pierre Tissier

 "Blue & Lonesome" ou l’ADN des Stones de Willie Dixon à Howlin wolf

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- Ce n’est certes pas le plus connu de leurs albums, mais c’est peut-être celui dont ils rêvaient juste pour eux seuls, comme une brioche qu’on s’enfile au petit matin entre potes parce qu’on en a envie tout simplement, et les férus de blues, dont nous faisons partie. « Le blues est notre ADN affirment depuis longtemps Keith Richard et Mick Jagger, et avant eux, le regretté Brian Jones qui tape le bœuf depuis longtemps assis sur un nuage avec Robert Jonson, BB King, John Lee Hooker, Willie Dixon, Muddy Waters, et tant d’autres. Tous ceux qui sont - avec les voix de Bessie Smith, Sarah Vaughan, ou Billie Holiday – aux racines du blues et de la condition des noirs aux USA. Et il suffit de revoir le très beau film qu’est Greenbook pour comprendre tout ce que cette musique à de chair de poule et de frisson dans son sang. Au travers de ce CD réalisé en trois jours à la mi-décembre 2015, les Stones - car Ron Wood et Charlie Watts étaient là-aussi - n’auront pas occupé la tête des charts, mais se sont souvenus qu’en 1962 à leurs débuts, ils jouaient du Chicago blues. Et que cette musique- là n’a pas besoin des grands stades ras de public jusqu’à la gueule pour exister. Une cave, des grattes, quelques bonnes bières, une voix plutôt dirty , quelques harmonicas (Eh oui, ça change parfois de tonalité pour les diatoniques !) et des potes ; c’est ça le blues ! Entre espoir et mélancolie, entre amour et tristesse. La vie quoi !

J.-P.T

  Blues & Polar rime avec Gallimard chez Bue Note

JPEG Avec le temps libre dont on dispose actuellement, contraint et forcé, via notre confinement, il suffit parfois de soulever quelques piles de livres ou de vieux CD pour dénicher une perle. Ainsi cette édition spéciale du label Blue Note alliant Blues & Polar (avec l’esperluette) qui a inspiré notre logo il y a 18 ans. Cette initiative géniale est née de l’esprit jazzy du journaliste-écrivain-épicurien ancien de Nice-Matin et amateur de bon vin, Patrick Raynal, directeur de la Série noire chez Gallimard de 1991 à 2004. Pour ce CD compilation célébrant les 60 ans du label Blues Note fondé en 1939 par Alfred Lion - émigré allemand fuyant l’Allemagne nazie et passionné de jazz – on retrouve Miles Davis et Cannonball Adderley dans « Les feuilles mortes » enregistré en mars 1958, T-Bone Walker et son « Stormy Monday » (version originale de 1947), Memphis Slim, Muddy Waters, John Lee Hooker, Herbie Hancock, Dexter Gordon, Art Blakey, John Coltrane dans « Blue train » enregistré en 1957, et aussi Jimmy Rogers pour un « That’s allright » qui nous met tous d’accord. 72 mn et 34 s de bonheur absolu entre joie et mélancolie ; mais surtout espoir !

J.-P.T

 CINÉMA : ON A VU ET ON A AIMÉ

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"Les Faussaires de Manhattan" de Marielle Heller

- Mélancolie profonde en toile de fond ; le blues de la vie, en fait ! Ancienne auteure à succès, Lee Israël remarquablement interprétée par Melissa Mac Marthy est aujourd’hui sans le sou, mais son caractère plutôt bien trempé (dans le whisky surtout !) ne lui permet pas de s’intégrer aux simples boulots du quotidien. Son petit appartement en désordre atteste d’un côté dépressif frôlant la zone rouge, et seul son vieux chat parvient à la faire sourire. Loin des gratte-ciel et du clinquant, criblée de dettes, plutôt attirée par les femmes, malgré un physique ingrat, elle s’imagine par hasard une vocation de faussaire, via des courriers épistolaires de personnalités du cinéma ou de la littérature aperçus chez un marchand de livres anciens, et dont le prix équivaut à un coup de crayon sur ses dettes. Arrive Jack, ami gay en perdition, fauché lui-aussi malgré ses allures d’éternel gentleman. Le parcours des deux amis en cohabitation urbaine sera très chaotique, mais l’art d’imiter à la perfection, voire plus, le style des grands auteurs met plus que du beurre dans les épinards de Lee…. jusqu’au jour où la supercherie sera découverte par le FBI. Les Faussaires de Manhattan est une histoire vraie superbement portée à l’écran par Marielle Heller, sans clichés ni grosses ficelles sur les gays et lesbiennes. Tout est dans la pudeur, la délicatesse et les sentiments. A voir absolument !

Jean-Pierre Tissier

 Green book : sur les routes du sud... de Peter Farelly

JPEG On ressort de la projection, ému aux larmes, heureux aussi, et en colère profondément...
On revoit les images de ce fameux "green book" (livre vert de voyage attribué à la communauté noire en déplacement ) comme on encore les gitans nomades et autres gens du voyage aujourd’hui en France, et on en a la stupéfaction !
Tout comme on a la nausée lorsque le Dr Don Shirley pianiste noir virtuose de musique classique qui se produit dans une soirée privée avec tout le "gratin" blanc du Sud des States est invité à se rendre... dans les cabane au fond du jardin par un domestique (!) alors qu’il souhaite se rendre aux WC de la maison... Et qu’on est en 1962 !!
Avec une BO géniale qui réunit le son des sixties aux USA et une jam-session de folie dans un bar, "Green book" outre sa vertu pédagogique et historique qui en embête certains nous rappelle que c’est Elvis Presley qui emmena BB King à la TV américaine ; là où les "blacks" n’étaient pas admis. Et qu’il subjugua tout le monde par sa virtuosité...
Encore une fois le blues montre bien qu’il est la musique du quotidien, de toutes les émotions et du cœur. "Green book" est un film d’utilité publique qui en dit long sur la complexité des hommes, de leurs dirigeants, et de leurs contradictions multiples.

J.-P.T

 L’homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam

Fantasmagorique et abracadabrantesque !
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- On l’attendait depuis vingt-cinq ans, après des affres, des vicissitudes, des drames, des morts même sur ce tournage tourmenté - encore en démélé avec la justice - où le regretté Jean Rochefort devait tenir le premier rôle à l’époque.
"L’Homme qui tua Don Quichotte" signé Terry Gilliam tient d’un mariage réussi entre les Monty Phyton, Dario Fo et la comédia del arte... avec une pincée de Fellini pour la fantasmagorie étonnante et merveilleuse qui se déroule à la fin du film, de nuit dans un château en Espagne. On n’y rit pas à gorge déployée mais avec une intériorité profonde qu’on savoure comme un verre de Château Margaux...dans lequel surnagerait un piment oiseau.
Bref, allez voir cette fresque étonnante aux formes de frasques nageant entre rêve et réalité. Et cela fait du bien !

J-P.T

"Everybody knows d’Asghar Faradi

Suspense garanti !
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- Réalisé avec pour premiers rôles, le superbe couple (à la vie comme à l’écran) Pénélope Cruz et Javier Bardem, "Everybody knows" a été le film d’ouverture (ovationné) du festival de Cannes 2018. Un thriller plein de suspense, de questionnement, sans police, ni gendarmerie (ou si peu...) et sans violence,vu avec bonheur au cinéma Le Lido à Manosque qui vit ses derniers mois d’existence en attendant le futur complexe à 8 salles de la place de la Villette.
Tout est dans la finesse du cinéaste iranien Asghar Faradi qui filme avec beauté une joyeuse noce andalouse - d’où le suspense naît - comme une scène de théâtre digne de "La Noce chez les petits bourgeois" de Berthold Brecht, puis nous entraîne dans le vignoble espagnol et ses secrets de famille.
Un drame psychologique avec une fin ouverte où chacun peut imaginer ce qu’il veut. Superbe !

J.-P.T

"La Villa " de Robert Guedigian pour revenir sur terre et aux vrais sentiments

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- Après le choc de « La Mise à mort du cerf sacré », authentique film de cinéma réunissant Nicole Kidmann et Collin Farell, mais si terrifiant et cruel au final, il était important, en cette période avançant vers Noël de retrouver du cœur, de l’âme et du sens avec un film de Robert Guédiguian.
Son tout dernier, dénommé « La Villa », et qui se déroule justement, sur la Côte bleue, presque à huis-clos dans une grande maison aux murs blancs surplombant la fascinante calanque de Méjean, près d’Ensues-la-Redonne.
Là où le décor magique de la mer et des pins y prenant racines, a le don de vous transporter aussi loin qu’en Grèce en un simple regard, malgré la période automnale choisie.
Là où les silences signés Serge Valetti – homme de polar et de théâtre – ont une valeur de dialogues et de paroles explicites ; et Guédiguian les exploite tout naturellement avec sa famille du 7e Art habituelle : Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Daroussin auxquels s’ajoutent Robin son Stévenin et Anaïs Demoustier.
Rien d’inutile devant la caméra ; comme une parcimonie d’images destinées à nous faire pénétrer ces retrouvailles familiales autour d’un patriarche touché par un AVC… La vie, la fin de vie, l’amour, la famille, les drames, l’ancien monde ouvrier aujourd’hui quasiment disparu….
Autant de sujets récurrents que Robert Guédiguian aborde comme toujours avec pudeur et délicatesse, via des comédiens taiseux aux antipodes des pagnolades marseillaises. Mais l’essentiel est dit ! Tout comme cet ajout inattendu d’actualité, où des enfants de migrants fuyant les zones de conflit de l‘autre côté de la Méditerranée, sont retrouvés tapis dans la colline d’Ensues.
« Des gens qui ont donné de l’eau à des migrants sont aujourd’hui condamnés par la justice commentait avec colère Robert Guédiguian venu en début de semaine présenter son film sur France Inter. Alors que ce sont ceux qui n’ont pas donné d’eau qui devraient être condamnés… »

Une phrase qui résonne comme les cris de liberté poussés avec joie par la bande à Guédiguian sous le viaduc de la Redonne.. Ca, Guédiguian ne pouvait pas s’en empêcher !

J.-P.T

"Au -revoir là-haut " ’Albert Dupontel. Plus qu’un film ; une oeuvre d’art !

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- Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaître récompensé par le Prix Goncourt en 2013, "Au-revoir là-haut", le film de l’humoriste Albert Dupontel est un véritable coup de poing, en forme de coup de foudre et de coup de cœur, comme rarement vu sur grand écran depuis "Éléphant man". La guerre effroyable des tranchées de 14-18 y est filmée avec une vérité crue qui nous scotche à notre siège pendant quelques petites minutes - une éternité pourtant ! - tant on se sent aspiré sous terre, par les tirs d’obus, les explosions, et l’enfer de feu venu de la mitraille.
Mais c’est la poésie émanant de cette "Gueule cassée" magnifiée par des masques réparateurs qu’auraient pu signer Jean Cocteau qui porte ce chef d’oeuvre au point qu’on a l’impression de marcher sur un fil de sentiments divers et inattendus au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. L’escroquerie de la vente de monuments aux morts (fait réel) aux municipalités se transforme petit à petit en polar, avec de l’amour, du fric à gogo... mais le destin (on vous laisse découvrir ça) sera au bout du chemin.
On retrouve un Niels Arestrup, magnifique lion de scène, et une distribution où les comédiens de la Comédie française théâtre Laurent Lafitte et Michel Vuillermoz sont tout simplement superbes de vérité.
Un très grand film dont on ressort ébloui avec des étoiles plein la tête...

J.-P.T



UN LIEU À DÉCOUVRIR

 LA MAISON DU BLUES À CHATRES-SUR-CHER

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- Jack Garcia génial créateur de la Maison du Blues - unique concept du genre en France, au cœur du Berry à Châtres-sur-Cher - nous a reçus avec une grande fraternité, dans son fief, pour le concert du Jersey Julie Blues band.
Une formation biterroise, mais néanmoins très internationale avec une chanteuse-saxophoniste américaine hors du commun, non sans rappeler Janis Joplin par le charisme, la voix et l’allure, mais avec un jeu de sax aux réminiscences du glorieux Jr Walker dans les années 70.
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Ce blues chaud venu du bayou en a scotché plus d’un, à commencer par votre serviteur totalement sous le charme de ce quartet drivé par un épatant Jimmy à la batterie, un excellent clavier, et un guitariste-chanteur dont le timbre fleurant bon l’Occitanie donne aux paroles ricaines, la couleur de la Louisiane et du bayou avec beaucoup de naturel.
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- Si d’aventure vous êtes dans le secteur de Tours, Orléans, Blois, Châteauroux, Vierzon, Bourges ou Romorantin, allez découvrir ce véritable Café associatif tenu par Jack Garcia, son équipe, et toute une bande de joyeux bénévoles évoluant dans l’esprit de Blues & Polar eux-aussi. Merci de l’accueil Jack.
* La nouvelle vidéo réalisée par Jack Garcia sur la Maison du Blues à Chatre-sur-Cher fait découvrir la belle ambiance de ce club si fraternel… Pour ouvrir la vidéo, cliquer sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=c5aFBtMfDks

- Ce lieu intimiste de concert que Blues & Polar (voir ci-dessus) a découvert récemment est une réussite inespérée avec 456 adhérents (en 4 mois) et une fréquentation régulière pour l’ensemble des concerts (19 concerts avec 45 personnes en moyenne) avec un public majoritairement local (350 adhérents de la région).
Des musiciens français et étrangers ont déjà fait don de tenues de scènes, de guitares, Bottleneck ou harmonicas dédicacés… Récemment Sandra Hall a fait don d’une tenue de scène. Ce Musée témoignera de cette incroyable histoire en pleine ségrégation et de ses évolutions".
* L’’ouverture du Musée a eu lieu le samedi 6 avril 2019, avec la participation de Bobby Rush et son Band à la Pyramide de Romorantin.

J.-P.T

* La Maison du Blues, 42 rue du 11 novembre 1918 à Châtres-sur-Cher (Loir-et-Cher) est ouverte le vendredi de 17 h 30 à 23 heures. Le samedi de 20 heures à minuit avec un concert à 21 heures (10 €). Courriel : lamaisondublues@gmail.com
Tel 06 66 42 70 24. Réservations 06 24 77 71 58.



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